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Archives de Tag: Takaful

Séminaire “Structuration des compagnies Takaful et stratégie de développement de l’offre produits”

Takaful, structuration companies et developpement produits

FINANCITÉ INSTITUTE organise le 24 Novembre 2016 à Casablanca un séminaire workshop “Structuration des compagnies Takaful et stratégie de développement de l’offre produits”.

Ce séminaire de perfectionnement est l’occasion pour les opérateurs de l’assurance de s’approprier les stratégies de développement de l’offre de produits Takaful et de connaître les processus et les méthodologies de développement et de structuration de ces produits Sharia compliant.

Pour animer cette formation, FINANCITÉ a mobilisé un expert international des problématiques liées au Takaful et à la bancassurance, M. Mohamed SEGHIR, Vice Président chez Swiss Re à Zurich, en charge des affaires conventionnelles et Takaful pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Séminaire Workshop Jeudi 24 Novembre 2016

Programme indicatif

Première partie : Structure des compagnies Takaful

  • Présentation et spécificités du Takaful et du Re-Takaful
  • Historique du développement du Takaful
  • Différents modèles des compagnies Takaful
  • Vue d’ensemble du Takaful et présentation critiques des différentes expériences Takaful au niveau international
  • Les spécificités de la structuration des compagnies Takaful comparativement à la structuration des compagnies d’assurance conventionnelle et mutuelles.
  • Perspectives du Takaful et évolutions
  • Vue sur l’expérience marocaine : analyse critique du projet de loi.

Deuxième partie : Stratégie de développement d’une offre de produits Takaful

  • Montage d’une offre Takaful dans un environnement compétitif hybride
  • Techniques de développement de Produits Takaful : Volets technique et opérationnel du développement
  • Bonnes pratiques de développement des réseaux de distribution de produits Takaful
  • Méthodologie de structuration d’une offre BancaTakaful
  • Ateliers et cas pratiques : développement d’un produit Takaful
  • Conclusion et Recommandations.

A propos de FINANCITÉ INSTITUTE

FINANCITÉ INSTITUTE est un Institut de Formation en Haute Finance leader dans le domaine des prestations de formation financière destinées aux dirigeants et cadres supérieurs. Les participants de différents niveaux de responsabilités peuvent y trouver une réponse à leur besoin de maîtrise, de perfectionnement et d’expertise dans une large gamme de métiers de la finance.

Renseignements et inscriptions

 
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Publié par le novembre 9, 2016 dans Formations, Maroc, Takaful

 

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Quelle norme comptable pour l’assurance Takaful ?

Norme comptable Takaful

Par Driss Tissoudal, Consultant

Dans cet article je m’intéresse à la norme comptable applicable à l’assurance islamique Takaful, en particulier dans le cadre du modèle choisi par le Maroc au niveau de la loi 59.13 qui est, si j’ai bien compris, le modèle « Wakala modifié » où l’opérateur est rémunéré par des commissions up-front mais aussi par une partie de l’excédent technique. Ce modèle est celui appliqué en Arabie Saoudite et en Malaisie qui s’accaparent respectivement 50% et 25% du marché mondial du Takaful.

Question est ce que IFRS 4 et la nouvelle norme IFRS 17 s’appliqueront à ce modèle ?

  1. Reconnaître et comptabiliser un contrat ;
  2. Evaluer un contrat à l’origine ;
  3. Réévaluer ce contrat lors des périodes suivantes ;
  4. Présenter les résultats dans les états financiers.

Pour répondre à ces interrogations il faut se demander si le contrat takaful est bien un contrat d’assurance et y a-t-il un transfert du risque ?

La norme IFRS 4 qui traite des contrats d’assurances définit le contrat d’assurance comme étant : « Un contrat selon lequel une partie (l’assureur) accepte un risque d’assurance significatif d’une autre partie (le titulaire de la police) en convenant d’indemniser le titulaire de la police si un événement futur incertain spécifié (l’événement assuré) affecte de façon défavorable le titulaire de la police ».

Les deux définitions prévues par le Plan Comptable Marocain et le Financial Accounting Standard Board (FASB) soulèvent la question de savoir si oui ou non un contrat Takaful est considéré comme un contrat d’assurance.

Les normalisateurs comptables de référentiel islamique, AAOIFI et IFSB, définissent le contrat d’assurance islamique comme suit :

«L’assurance islamique est un processus d’accord entre un groupe de personnes pour gérer les préjudices résultant de risques spécifiques auxquels tous sont vulnérables. Un processus implique le paiement des contributions sous forme de dons, et… la mise en place d’un fond d’assurance qui jouit d’une entité juridique… les ressources de ce fond sont utilisés pour indemniser tout participant qui subi un préjudice».

«Dans le Takaful… un groupe de participants se mettent d’accord entre eux pour se soutenir les uns les autres conjointement pour faire face aux pertes découlant de risques spécifiés… Les participants contribuent selon le principe du Tabarru’ par le moyen d’une somme d’argent dans un fond commun, lequel sera utilisé pour l’assistance mutuelle des membres contre les pertes ou dommages spécifiés ».

Analyse des définitions

Il y’a deux éléments clés à considérer dans IFRS 4 afin de se prononcer sur le fait qu’elles soient applicables ou non à l’assurance islamique Takaful à savoir : l’acceptation de l’assureur d’un risque significatif d’assurance et l’engagement d’indemnisation de l’assuré en cas de survenance d’un événement futur incertain spécifié.

Dans l’assurance conventionnelle, l’assureur est la partie qui accepte les risques sur les assurés lesquels lui ont été transférés par le moyen d’un contrat d’assurance.

Dans le Takaful, le participant paye une contribution à un fond commun de participation qui va être utilisé pour se couvrir mutuellement. Ce sont les participants en tant que collectifs et non l’opérateur Takaful qui acceptent le risque d’assurance des participants pris individuellement. Ainsi, on peut dire que l’assurance islamique Takaful est caractérisée par le partage du risque et non par son transfert.

Certains praticiens estiment que le transfert du risque est complètement différent de son partage et donc un contrat d’assurance Takaful ne pourrait pas entrer dans le champ d’application de la norme IFRS 4.

D’autres n’ont exprimé aucune objection à inclure le fond des participants dans le champ d’application de la norme IFRS 4 puisque l’acceptation du risque significatif s’est faite en réalité entre ce fond et les participants pris individuellement.

Nous pensons qu’un fond des participants ayant accepté le transfert du risque d’assurance des participants pris individuellement au collectif des participants entre dans le champ d’application de l’IFRS 4 et notamment des normes comptables marocaines relatives à l’assurance.

Ceux qui désapprouvent l’application de l’IFRS 4 aux opérateurs Takaful mettent en avant le fait que ces derniers agissent uniquement en tant que gestionnaires du fond des participants. Tous paiement effectué par l’opérateur Takaful est fait au nom du fond Takaful et est recouvré auprès de ce fond.

Le paragraphe B19 de l’IFRS 4 donne des exemples de contrats qui ne sont pas considérés comme contrat d’assurance. Si le contrat transfère le risque de l’assurance aux assurés, il est considéré comme hors du champ d’application de la norme.

« Les exemples suivants sont des exemples d’éléments qui ne sont pas des contrats d’assurance: … Contrats qui ont la forme juridique de l’assurance, mais qui rétrocèdent tout le risque d’assurance significatif au titulaire de la police par le biais de mécanismes exécutoires non résiliables et qui ajustent les paiements futurs à effectuer par le titulaire de la police directement en fonction des pertes assurées ».

A la première lecture de ce paragraphe, il peut apparaître qu’un opérateur Takaful est exclu du champ d’application de la norme IFRS 4. En effet, un des principes directeurs de l’assurance islamique Takaful étant le partage du risque d’assurance parmi les participants ce qui peut être interprété comme si l’opérateur a transféré tous les risques significatifs d’assurance aux participants.

Cependant, en examinant d’une façon critique la description énoncée par le paragraphe B19

(b), il en ressort que l’assurance Takaful est sensiblement différente de ce qui est décrit.

Le contrat Takaful est généralement un contrat résiliable puisque le participant se réserve le droit de mettre fin à son contrat (tout en respectant les clauses de résiliation prévues par ledit contrat). Ainsi, s’il y’a un déficit du fond des participants, il est difficile de contraindre le participant à augmenter sa contribution.

Ceci nous amène à la deuxième différence entre le contrat Takaful et le contrat décrit dans le paragraphe B19 (b). L’opérateur ne dispose pas de mécanismes exécutoires afin de lui permettre d’obtenir des paiements supplémentaires des participants.

Ceux qui pensent que l’opérateur Takaful fait partie du champ d’application de l’IFRS 4 citent le paragraphe B17 qui stipule qu’un assureur peut accepter un risque d’assurance significatif en provenance du titulaire de la police seulement si l’assureur est une entité séparée du titulaire de la police. Dans le cas d’un assureur mutualiste, la mutuelle accepte le risque de chaque sociétaire et procède à la mise en commun de ce risque. Bien qu’en leur qualité d’adhérents à la mutuelle, les sociétaires supportent collectivement ce risque mis en commun, la mutuelle a quand même accepté le risque qui est l’essence d’un contrat d’assurance.

La lecture du paragraphe B17 révèle que la définition du risque d’assurance inclut la mise en commun du risque. Ainsi, d’après la description fournie, il peut sembler que la mise en commun des risques dans les mutuelles d’assurances est similaire à celle du Takaful. Le rôle de l’opérateur Takaful ne peut se limiter à la gestion du fond des participants. En effet, dans de nombreuses juridictions telles que la Malaisie ou le Pakistan, l’opérateur est contraint à prêter une assistance financière au fond des participants déficitaire.

Présentation des états financiers

Actuellement, une grande partie des assureurs à travers le monde utilise les normes internationales d’information financière (IFRS). Conformément à ces normes, les entreprises d’assurance islamique Takaful doivent publier leurs comptes d’une manière combinée, c’est à dire, en combinant le Fond des Participants (Policyholder Fund) et le Fond des Actionnaires (Shareholder Fund).

Récemment, le Financial Services Authority (FSA) au Royaume-Uni a annoncé que les compagnies d’assurance islamique Takaful seront réglementées comme les compagnies d’assurance mutuelles, c’est à dire à un niveau combiné du Fond des Participants et du Fond des Actionnaires, et n’envisage pas de modifier les règles comptables pour les opérations relatives au Takaful dans un avenir proche.

Au Maroc, à l’heure actuelle, aucune règlementation comptable spécifique à l’assurance islamique Takaful n’existe pour traiter des aspects comptables qui lui sont propres, ce qui amène les compagnies à faire des choix difficiles quant à la présentation des états financiers, notamment la présentation combinée.

Cela conduit à des questions de transparence et de comparabilité. Comment les actionnaires potentiels seront-ils en mesure d’évaluer les résultats de la compagnie si les comptes combinent les résultats du fond des participants et du fond des actionnaires?

A l’inverse, si les comptes font apparaître le fond des participants et le fond des actionnaires séparément, la comparaison de la performance des compagnies d’assurance conventionnelles avec des entreprises d’assurance islamiques Takaful, exigerait que les résultats soient combinés.

Conclusion

Nous supportons l’idée d’appliquer les normes IFRS tout en traitant directement les questions où la nature du Takaful est différente de l’assurance conventionnelle. Ceci pourra permettre aux compagnies d’assurance islamique d’être épargnées des difficultés de reporting sous différents référentiels et éliminerait les arbitrages dans les traitements comptables.

Driss Tissoudal

Lire aussi :

Source : Le Journal de la Finance Islamique

 
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Publié par le novembre 3, 2016 dans Maroc, Takaful

 

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Finance islamique en France : Noorassur recrute

Noorassur recrute

Noorassur offre la possibilité aux jeunes motivés, travailleurs et rigoureux de devenir Conseiller Financier pour commercialiser sa gamme de solutions Epargne & Assurance Islamique.

Le choix de Noorassur est de donner la chance à toutes et à tous, sans distinction aucune, ni d’origine, ni de parcours professionnel, ni origine sociale.

Sans exclure personne, l’offre s’adresse en particulier aux jeunes issus d’une double culture qui leur permet d’appréhender un marché de la finance islamique de plusieurs milliards d’Euros que ni les banques ni les institutionnels du secteur ne sont dans la capacité de capter.

Le métier de Conseiller Financier étant réglementé, Noorassur assurera aux candidats recrutés une formation gratuite de plus de 300 heures.

Si vous êtes entrepreneur dans l’âme, avez la fibre commerciale, et que le bon conseil vous importe. Si vous souhaitez apprendre un nouveau métier réglementé : Conseiller Financier, et travailler dans un cadre éthique, distribuer des solutions éthiques…

Pour postuler : candidature@noorassur.com

www.noorassur.com

 
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Publié par le mars 24, 2016 dans France, recrutement

 

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Finance islamique au Maroc : “Enrichissez-vous !”

Bourse de Casablanca

La bourse est le véritable enjeu des banques participatives et du Takaful

Editorial

Le mot d’ordre de la finance islamique n’est pas “Endettez-vous !” mais “Enrichissez-vous !”. Les banques partîcipatives marocaines seraient bien avisées d’intégrer cette consigne dans leur stratégie de développement pour devenir des centres de création de richesses au profit des entreprises et des particuliers, non des machines à fabriquer de la dette comme leurs homologues conventionnelles.

L’Islam encourage à être productif, financièrement indépendant et à participer au développement de la communauté. Il déconseille l’endettement sauf en cas de grande nécessité et invite à vivre selon ses moyens.

“Mourabaha : non, merci !”

Le Maroc s’est doté d’un cadre législatif et réglementaire solide à même d’assurer un développement harmonieux de la finance participative islamique. Il reste à craindre cependant que le premier réflexe des nouvelles institutions financières participatives ne soit de répliquer les produits basés sur l’intérêt, répétant ainsi les erreurs déjà commises ici et ailleurs, avec les résultats décevants que l’on connaît.

La solution de facilité pour des cadres issus des rangs de la finance classique consiste à «islamiser» les produits conventionnels avec lesquels ils sont familiers, à travers des montages compliqués, coûteux et rigides, qui comportent au final de nombreuses lacunes.

A titre d’exemple, dans le cas d’un financement immobilier par Mourabaha, si l’acquéreur décide pour une raison ou une autre de procéder à un remboursement anticipé du financement, il devra payer le même prix que s’il continuait à payer ses traites jusqu’à l’échéance initialement prévue. Au-delà du caractère halal ou pas, ceci constitue évidemment un handicap par rapport au crédit immobilier à intérêt.

La bourse est le véritable enjeu des banques participatives et du Takaful

Les opérateurs financiers sont invités à saisir les vraies opportunités que permet la grande diversité des instruments de la finance islamique et de sa capacité d’adaptation dans le nouveau cadre réglementaire de la finance participative.

La force de la finance islamique réside dans sa capacité à financer l’économie réelle et à générer un profit équitable pour tous les intervenants. La bourse et le marché des capitaux devraient constituer à ce titre un terrain privilégié d’intervention pour les institutions financières participatives.

Le projet de loi n° 19-14 relative à la bourse des valeurs, aux sociétés de bourse et aux conseillers en investissements financiers, actuellement dans le circuit législatif, constitue la dernière initiative en date pour dynamiser la bourse de Casablanca. Celle-ci ne s’est jamais vraiment remise de l’explosion de la bulle spéculative des valeurs Internet de la «nouvelle économie» au début des années 2000.

La réforme de la bourse prévoit la mise en place d’un nouveau cadre réglementaire et l’instauration d’un marché secondaire pour les PME. Mais c’est surtout l’article 124 de la loi n° 19-14, ouvrant la porte à la cotation des Sukuk, qui est en mesure de relancer le marché boursier dont le véritable essor nécessite un afflux massif des investisseurs particuliers.

Des produits financiers grand public d’épargne et de placement

Déçus par les crashs précédents ou tout simplement peu informés du fonctionnement des instruments boursiers, les investisseurs particuliers ne se mobiliseront que pour des produits de placement plus performants que le livret d’épargne et plus stables que les actions de startups.

Des Sukuk adossés à des projets immobiliers ou industriels de qualité peuvent très bien remplir ce rôle pour devenir la locomotive de la bourse. L’Etat peut également contribuer à la dynamisation de la Bourse de Casablanca en émettant des Sukuk pour financer des projets d’infrastructure phares.

Ces Sukuk serviraient de support à des produits financiers d’épargne et de placement. Ces produits grand public seraient distribués dans l’environnement sécurisant et familier d’une agence bancaire, en intégrant toutes les fonctionnalités du mobile banking et en adoptant un message affinitaire mobilisateur.

Une stratégie dynamique d’émission de Sukuk adossés à plusieurs classes d’actifs et portant diverses maturités permettra de :

  • développer l’épargne productive ;
  • dynamiser le marché boursier ;
  • financer l’économie réelle ;
  • alléger l’endettement de l’Etat ;
  • donner aux banques participatives les produits de placement, les quasi-fonds propres et les instruments de liquidité dont elles ont besoin ;
  • constituer des portefeuilles d’actifs pour les assurances Takaful ;
  • animer le marché interbancaire participatif.

La bourse constitue bel et bien la clé du marché de la finance participative au Maroc. Réciproquement, la finance participative est le point de passage obligé pour un véritable essor de la Bourse de Casablanca.

Source : Le Journal de la Finance Islamique

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver les liens et la signature ci-dessus.

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Publié par le février 28, 2016 dans Bourse, Maroc

 

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Finance islamique : quel modèle économique pour l’assurance Takaful au Maroc ?

Takaful au Maroc

Article mis à jour le 4 octobre 2016

La loi n° 59-13 modifiant et complétant la loi n° 17-99 portant Code des assurances et instaurant les assurances Takaful au Maroc a été définitivement adoptée par le parlement, sans amendements significatifs, et vient d’être publiée au bulletin officiel n°6501 du 19 Septembre 2016.

La loi 59-13 n’a pas fixé, d’une manière explicite, le modèle économique qui sera adopté. Toutefois, l’article 248-1 précise que « l’administration peut, sur proposition de l’Autorité et après avis conforme du Conseil supérieur des Ouléma, fixer les modes de rémunération de l’entreprise d’assurances et de réassurance au titre de la gestion du compte d’assurance Takaful ainsi que les critères de détermination de cette rémunération ».

L’ACAPS, Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale, peut donc, si elle le juge nécessaire, surtout au démarrage de cette activité, favoriser et imposer un modèle économique aux opérateurs Takaful et Re-Takaful.

L’article 10-3, traitant de l’excédent technique, précise quant à lui qu’en assurance Takaful, «les excédents techniques et financiers réalisés sont répartis entièrement entre les participants après déduction, le cas échéant, des avances Takaful ». A première lecture de cet article, le modèle économique qui se dégage est celui de la « Wakala ».

Un modèle économique perfectible

Ce modèle consiste à rémunérer l’opérateur Takaful sur sa gestion du fonds Takaful, uniquement par des commissions déduites, à la source, des contributions (primes). Ces commissions viennent charger le produit du fond Takaful. Les résultats technique et financier sont répartis exclusivement entre les participants.

Il s’agit du plus rigide et du plus contraignant des modèles économiques Takaful. Restreindre la rémunération de l’opérateur aux commissions up-front fera que ces dernières seront beaucoup plus élevées par rapport à l’Assurance conventionnelles car dans cette dernière la rémunération principale de la compagnie d’assurance est plutôt l’excédent technique. Les primes des produits Takaful seront donc sans doute beaucoup plus importantes que celles des produits conventionnels, ce qui constitue un handicap concurrentiel majeur dans un environnement hybride (Conventionnel – Charia compliant) et dans un marché de prix comme le marché marocain.

Aussi, ne pas intéresser l’opérateur sur les excédents n’encourage pas ce dernier à optimiser sa gestion technique (Acceptation des risques, indemnisation des sinistrés, réassurance, …) et financière (Placements) des fonds. Le risque est que l’opérateur Takaful néglige cet aspect important de sa mission (Optimisation) et se contente de la gestion administrative.

Le modèle le plus approprié à notre contexte, surtout au démarrage, est le modèle « Wakala modifié », où l’opérateur est rémunéré par des commissions up-front mais aussi par une partie de l’excédent technique. Ce modèle est celui appliqué en Arabie Saoudite et en Malaisie qui s’accaparent respectivement 50% et 25% du marché mondial du Takaful.

Sur le volet chariatique, l’intéressement de l’opérateur sur l’excédent technique peut être justifié et encadré de 2 façons :

  • Considérer cet intéressement comme une « Jou’ala » : Dans « Fikh Al Mou’amalat », la jurisprudence islamique des affaires, cette notion consiste à intéresser un « Ajir », prestataire, en liant une partie de sa rémunération à la qualité du travail accomplit. C’est une sorte de commission de performance. On peut donc fixer un seuil de l’excédent technique, au-delà duquel, l’opérateur percevra une partie de celui-ci comme prime de performance.
  • Considérer la contribution du participant entièrement ou partiellement comme un « Tabar’u » ou « Don » au fond Takaful : Dans ce cas la partie de la prime considérée comme un don et ses revenus technique et financier ne lui appartiennent plus et peuvent donc être répartis, selon une clé de partage définie dans le contrat Takaful, entre l’opérateur et la communauté des participants.La part qui revient aux participants ou une partie d’elle, comme il s’agit là d’un don, peut leur être distribuée comme revenus comme elle peut être utilisée pour baisser les primes des années futures ou encore pour des œuvres de charité.

Les futurs opérateurs Takaful ont donc tout intêret à défendre cette thèse auprès du régulateur, qui peut, dans le cadre de l’élaboration des circulaires d’application de cette nouvelle loi, intégrer ce principe d’intéressement dans la rémunération de l’opérateur, surtout au niveau de la circulaire qui sera consacrée au calcul de l’excédent technique.

Par Mohamed Bellali, Praticien en Finance Islamique et Assurances Takaful

ACAPS

A propos de l’ACAPS

L’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale – ACAPS est une autorité de régulation indépendante pour le marché marocain des assurances créée par la loi n° 64-12. L’ACAPS est un établissement public qui remplace l’ancienne Direction des assurances et de la prévoyance sociale (DAPS) du ministère des finances.

L’ACAPS contrôle l’activité des institutions qui exercent ou gèrent des opérations d’assurance ou de réassurance régies par le Code des Assurances, ainsi que les opérations de retraite, par répartition ou par capitalisation, l’assurance maladie obligatoire et les mutuelles.

L’ACAPS dispose de plusieurs commissions, dont celle de la régulation, qui est paritaire et qui remplace le comité consultatif des assurances. Elle donne un avis consultatif au président de l’autorité sur les textes réglementaires et les questions qui retiennent l’intérêt du président de l’Autorité. La commission de régulation est présidée par le secrétaire général de l’Autorité et non par le président de cette dernière, le rôle de la commission étant de donner un avis au président.

A ce titre, l’ACAPS est investie de la mise en oeuvre du dispositif légal relatif à l’assurance Takaful au Maroc.

Sur le même sujet :

Source : Le Journal de la Finance Islamique

 
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Publié par le février 14, 2016 dans Maroc, Takaful

 

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Finance islamique : formation d’assurance Takaful au Maroc

Formation Assurance Takaful ITQ

Prochaine session : 24-25 février 2017 à Casablanca

“Islamic Takaful Qualification Program” ITQ® est une formation dédiée aux principes et pratiques de l’assurance islamique. Cette formation-certification en assurance Takaful est proposée en langue française par Al Maali Institute, leader de la formation en finance islamique au Maroc.

Objectifs de la certification

A l’issue du programme, les participants vont pouvoir :

• Prendre connaissance des soubassements Chariatiques de l’assurance Takaful
• Maîtriser les concepts de base de l’assurance Takaful (contrats, modèles…)
• Assimiler les aspects stratégiques et opérationnels de l’Assurance Takaful.

Public Cible

La certification est destinée aux professionnels de la finance et de l’assurance ou exerçant une activité en lien avec le secteur assurantiel : banques et institutions financières, sociétés d’assurance, organismes non gouvernementaux, organismes de régulation, conseillers financiers, courtiers, avocats, juristes, académiciens, consultants et cadres associatifs.

Modalités de la formation

Riche tant par le niveau de son contenu que par les outils pédagogiques utilisés, la formation est dispensée en français sous le mode de workshop interactif précédée par des lectures et suivie par un examen sous forme de QCM, ainsi qu’une étude de cas concrets.

Le caractère intensif de la formation est adapté aussi bien pour les étudiants que pour les professionnels de la finance qui disposent d’un temps limité et souhaitent être rapidement opérationnels.

  • Prochaine session : 24-25 février 2017 à Casablanca
  • Prix total de la qualification : 10.000 Dhs H.T.

Renseignements et inscriptions

 
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Publié par le janvier 5, 2016 dans Formations, Maroc, Takaful

 

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