RSS

Conférences Alternativa : “Finance Participative au Maroc : quel apport pour la PME”

Conférence Alternativa Fineopolis - Maroc PME

Dans le cadre du cycle de Conférences Alternativa, Finéopolis Consulting organise le 27 Mai 2016 à Rabat un Workshop sur le thème « Finance Participative au Maroc : quel apport pour la PME ».

Dédiée à la problématique du financement des PME par la finance participative, cette matinée organisée en atelier fermé a pour objectif de fédérer l’ensemble des parties prenantes de cette nouvelle finance autour d’une réflexion collective et ambitionne d’initier ainsi dans une approche collaborative des actions à forte valeur ajoutée notamment sur le volet du financement des PME.

Cette matinée sera aussi marquée par la présentation du rapport Finéopolis « Finance Participative et PME » et permettra aux participants de débattre sur ses résultats.

La PME marocaine représente plus de 98% de l’ensemble du tissu entrepreneurial, crée plus de 40% d’emploi et contribue à plus de 51% du PIB. C’est dire que la PME est un véritable moteur de croissance inclusive et de développement socio-économique du pays. Cependant, leur développement reste tributaire de certaines contraintes notamment, le poids de l’informel dans l’économie nationale, le manque de compétitivité et la problématique majeure de l’accès au financement.

L’avènement des nouvelles banques participatives dans le paysage financier Marocain, laisse présager un élargissement de l’offre de financement bancaire existante destinée à la PME. Afin de mieux comprendre comment ces nouveaux acteurs vont répondre aux besoins des PME et contribuer et améliorer leur accès au financement, cette conférence organisée en partenariat avec Maroc PME ambitionne d’apporter à l’ensemble des parties prenantes, un premier éclairage sur l’apport réel de cette nouvelle offre et le rôle à jouer par ces nouvelles banques dans l’accompagnement des PME.

Principaux thèmes à l’ordre du jour :
• Quelle place de la PME dans la stratégie des nouvelles banques participatives
• Principales contraintes dans le développement d’une offre PME pour les banques participatives
• Partage d’expériences Quels produits d’accompagnement pour l’offre PME
• Le rôle des institutions publiques et agences de développement pour améliorer l’inclusion financière PME par le biais de la finance participative

Source : Le Journal de la Finance Islamique

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver les liens et la signature ci-dessus.

 
Poster un commentaire

Publié par le mai 24, 2016 dans Maroc

 

Mots-clés : , , ,

L’écosystème de la banque participative et son impact sur son développement

L'écosysteme de la banque participative

La croissance des  banques participatives est basée  principalement sur  une demande clientèle dynamique, un régime réglementaire favorable, une offre diversifiée et une innovation continue. Le niveau de développement et le volume du marché sont le résultat de la combinaison entre une demande client assez importante (Market Push) et un cadre réglementaire assez favorable (Government Pull). 

L’analyse de l’écosystème des banques participatives permet de déceler les principaux paramètres ayant un impact direct sur leur activité. L’analyse PESTEL (Politiques, Economiques, Socioculturelles, Technologiques, Ecologique, Légale) permet notamment de catégoriser les facteurs de l’environnement de la banque participative et d’évaluer leur impact sur celle-ci.

En termes d’offre de produits et services, les banques participatives doivent faire face à un système conventionnel très développé avec une image de marque bien ancrée, une économie d’échelle compétitive, une expérience confirmée dans la conception des produits financiers et des normes comptables réglementées.

Dans une première phase de lancement, le principal stimulus de la demande est le facteur socioculturel dont principalement la fibre religieuse, mais avec le développement de l’industrie, les stimuli commerciaux (Produit, Prix, Distribution, Communication) vont prendre leur place normale dans le processus de décision d’achat du client. Se limiter à la fibre religieuse pour démarcher de nouveaux clients pourrait être un handicap pour le développement des banques participatives.

La sensibilité de la demande au prix dans la première phase de lancement est généralement faible à moyen. Cependant, avec l’intensité concurrentielle de la part des compétiteurs directs, les clients deviendront de plus en plus exigeants et sensibles au rapport qualité/ prix.

Au-delà de l’argument religieux

La banque participative doit à terme être en mesure de satisfaire l’ensemble des besoins en prestations bancaires classiques (opérations, épargne, trésorerie, financement, gestion de patrimoine, conseil et assistance) pour assurer une continuité de l’activité et la création de la valeur ajoutée pour les opérateurs financiers comme pour les clients.

La banque participative doit tenir compte de l’existence de motivations psychologiques (recherche de sécurité, anonymat, rentabilité…) qui influent sur le choix d’un produit ou/et un service bancaire. A cet égard, la banque participative doit offrir à ses clients en plus de la satisfaction religieuse, la satisfaction des facteurs psychologiques précités. Les aspects socioculturels et le niveau culturel du client ont aussi un impact sur la capacité de la banque à pénétrer chaque segment.

La banque participative, comme les autres types de banques, a une position doublement orientée vers deux marchés différents : d’un côté, le marché des ressources de capitaux et de l’autre, celui des emplois au niveau des particuliers et des entreprises. La stratégie retenue pour gérer la demande de financements devrait être cohérente avec la stratégie de collecte des ressources.

L’environnement d’une banque participative est conditionné par des normes et des valeurs à respecter ainsi que par des interdits. Ces éléments pèsent sur le développement de son business et l’exigence de la conformité aux principes de la Sharia aura une influence sur la structure et les choix stratégiques.

Les dirigeants d’une banque participative doivent faire l’équilibre entre la conformité aux principes de Sharia et la réalisation de la performance, en plus de la création de valeur pour ses parties prenantes. La forte réglementation met de la pression sur l’offre de la banque. Dans certains cas, la banque ne dispose pas d’une grande marge de manœuvre pour la structuration de son offre et la définition de ses prix.

En plus de la particularité de l’industrie bancaire, la banque participative devrait aussi faire face aux contraintes générées par sa spécificité, son mode organisationnel et son fonctionnement. Ainsi, la banque doit être en mesure d’évaluer l’impact de chaque facteur de l’environnement sur son business.

El Mahdi YASSINE – Secrétaire Général AMFP, Association Marocaine de la Finance Participative info@amfp.ma           

 
Poster un commentaire

Publié par le mai 16, 2016 dans International

 

Mots-clés : ,

Finance participative : conférence de presse du Salon SIFEP 2016 à Casablanca

Conférence de presse SIFEP

La 1ère édition du Salon International de la Finance Ethique et Participative SIFEP 2016 se tiendra du 20 au 22 octobre 2016 au Parc d’Expositions de l’Office des Changes à Casablanca.

Dans le cadre de la préparation de cet évènement majeur pour le développement de la finance islamique au Maroc, une conférence de presse consacrée à la présentation du Salon SIFEP 2016 sera organisée le mardi 17 Mai 2016 à 17h à l’hôtel Goden Tulip Farah – Casablanca.

La conférence de presse sera l’occasion de revenir sur le contexte du démarrage des institutions de finance participative et de l’émergence de la finance islamique au Maroc.

M. Reda EL HADDAJ, Directeur Général du SIFEP et M. Abderrahmane LAHLOU, Commissaire Général du SIFEP, effectueront une présentation du SIFEP 2016 et du Forum du SIFEP organisé en marge du Salon.

Source : Le Journal de la Finance Islamique

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver les liens et la signature ci-dessus.

 

 
Poster un commentaire

Publié par le mai 2, 2016 dans Maroc

 

Mots-clés : , , , , , ,

Finance islamique, un livre remarquable sur le métier de Scholar : “Shariah Minds”

 Shariah Minds - Dr. Mohd Daud Bakar

“Shariah Minds” est un livre visionnaire qui reflète la réalité de l’industrie de la finance islamique et de ses enjeux stratégiques. Dr. Mohd Daud Bakar, l’auteur du livre, est un Scholar d’envergure internationale. Puisant dans son vécu de praticien du métier au plus haut niveau durant vingt ans, il présente un tableau riche et complexe de la genèse de la finance islamique moderne et des lignes de force de son devenir.

Au cours des dernières décennies, les Scholars ont joué un rôle pionnier essentiel qui a permis à la finance islamique d’enregistrer des taux de croissance spectaculaires et d’atteindre son niveau de développement actuel.

Le livre met en relief les missions dévolues aux Scholars, le mode opératoire qui caractérise leur intervention, ainsi que leur emploi du temps type. Il analyse et met en perspective les attentes des opérateurs, du public et des autres parties prenantes de la finance islamique à leur égard.

Le livre examine les principales difficultés axquelles sont confrontés les Scholars dans l’exercice de leurs fonctions. Il aborde des sujets polémiques, tels que le conflit d’intérêt résultant de la participation des mêmes Scholars à de multiples Shariah Boards, leur mode de rémunération lucratif, le monopole de la fonction par les Scholars les plus connus, l’émergence d’une nouvelle génération de jeunes Scholars, le conflit perceptible entre les Scholars basés en Malaisie et ceux du Golfe, la recherche d’avis religieux accomodants pour l’émission de fatwas de convenance au profit des institutions financières (fatwa shopping), ainsi que de nombreux autres travers parfois antagonistes attribués aux Scholars.

L’auteur insiste sur la nécessité de poursuivre l’effort d’innovation en ingénierie financière, de continuer à améliorer les standards de gouvernance des institutions et souligne le rôle décisif que doivent assumer les Scholars pour modeler le futur de l’industrie de la finance islamique.

Le livre sera notamment commercialisé en ligne sur Amazon.

A propos de l’auteur

Dr. Mohd Daud Bakar, préside le Shariah Advisory Council des principales institutions financières étatiques en Malaisie, dont la Banque Centrale de Malaisie, Securities Commission Malaysia, Labuan Financial Services Authority, ainsi que l’International Islamic Liquidity Management Corporation (IILM).

Il siège au niveau des Shariah Boards de nombreuses institutions financières réparties sur tous les continents, parmi lesquelles National Bank of Oman (Oman), Noor Islamic Bank (Dubai), Amundi Asset Management (France), Morgan Stanley (Dubai), Bank of London and Middle East (Londres), BNP Paribas (Bahrain), Bank Al Khair (Bahrain), Islamic Bank of Asia (Singapour), Dow Jones Islamic Market Index (New York), Financial Guidance (USA), ainsi que beaucoup d’autres.

Dr. Mohd Daud Bakar a par ailleurs été l’adjoint du doyen de l’International Islamic University of Malaysia, avant de fonder sa société de conseil en finance islamique Amanie Advisors.

Shariah Minds Table des matière et extraits (en anglais)

Article lié : Finance islamique : Aisse Amanie, un pont entre le Maroc et la Malaisie

Source : Le Journal de la Finance Islamique

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver les liens et la signature ci-dessus.

 
Poster un commentaire

Publié par le avril 19, 2016 dans Scholars

 

Mots-clés : , , , , , , ,

Finance islamique : IIFM Sukuk Report, l’étude complète du marché mondial des Sukuk

IIFM Sukuk Report

Le rapport IIFM Sukuk Report analyse la croissance et le développement des émissions de Sukuk au niveau international et domestique durant les dernières années. L’étude apporte un éclairage sur les structures de Sukuk les plus utilisées par plusieurs pays émetteurs. L’objectif recherché est de mieux comprendre le mécanisme du plus populaire des instruments de la finance islamique sur le marché des capitaux et sur le marché monétaire.

La cinquième édition de l’IIFM Sukuk Report constate un ralentissement de la croissance du marché des Sukuk en 2015. Ce ralentissement concerne en particulier les Sukuk à court terme à usage domestique, en liaison avec la décision de la banque centrale de Malaisie (Bank Negara Malaysia) d’arrêter l’émission de Sukuk d’investissement à court terme. Les tendances générales du marché restent cependant encourageantes. L’arrivée sur le marché de nouveaux pays émetteurs, conjuguée au développement de l’émission de Sukuk par des pays traditionnelement émetteurs, indiquent que le marché des Sukuk conservera son attrait et sa courbe croissance malgré un environnement financier global contraignant.

Le rapport fournit une information précieuse sur les perspectives et les tendances générales du marché global des Sukuk et des données sur les principales émissions au niveau mondial. Le rapport analyse également les principales structures de Sukuk au niveau mondial et au niveau domestique.

Le rapport peut servir de benchmark aux parties prenantes de l’industrie financière islamique et aux décideurs, aussi bien au niveau des nouvelles juridictions émettrices que pour les régions qui enregistrent déjà une forte concentration d’émissions tels que les pays du golfe et les pays asiatiques.

Rapport Sukuk Télécharger le rapport (Anglais) 12 Mo

Source : Le Journal de la Finance Islamique

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver les liens et la signature ci-dessus.

 
Poster un commentaire

Publié par le avril 14, 2016 dans Sukuks

 

Mots-clés : , ,

Pour une meilleure gouvernance des banques participatives au Maroc

Schéma Banques Participatives

Par Abderrafi EL MAATAOUI – Expert Comptable diplômé. Certifié CSAA (Certified Sharia Adviser and Auditor) par l’AAOIFI. CIMA UK CDIF.

Considérée comme un moteur de développement économique, la gouvernance d’entreprise a été au centre du débat public dans les pays développés depuis les années 90. Son importance cruciale pour le bon fonctionnement des marchés financiers a été mise en avant. L’idée sous-jacente est qu’une entreprise cotée gérée en bonne gouvernance attirerait les capitaux financiers plus facilement et dans les meilleures conditions (prime de risque moins élevée).

Au fil des vingt dernières années, les moteurs de promotion de la gouvernance d’entreprise ont été divers et variés dans les pays développés : le Rapport Cadbury, les rapports de l’OCDE , les travaux du comité de Bâle, l’adoption de la loi Sarbanes-Oxley (ou SOX) en 2002 au Etats Unis, les travaux de la « Responsabilité sociale des Entreprises »…

Capitalisant sur l’expérience cumulée des pays développés, la gouvernance des banques islamiques (GBS) essaie de se frayer un chemin vers les bonnes pratiques internationales, notamment grâce aux nomes AAOIFI et IFSB. Sous forme d’une approche triangulée conciliatrice, cette gouvernance intégre, en plus des considérations occidentales actionnariales (shareholders’ governance), et partenariales (stakeholders’ governance), des objectifs éthiques de conformité à la Sharia. Elle vise une meilleure transparence de l’information et une répartition équitable des droits et des obligations entre les actionnaires, les dirigeants, et les parties prenantes, notamment les titulaires des comptes d’investissement participatif

Schéma d’introduction des banques participatives au Maroc

L’introduction des banques participatives au Maroc est encore en gestation. Sur le plan de la gouvernance des banques participatives, en cette phase pré-réglementaire, le projet marocain va dans le sens d’une configuration hybride. Cette configuration prévoit, d’une part, la mise en place un Comité Sharia de la Finance Participative, sorte de Sharia Board national central, géré au sein du Conseil supérieur des Oulémas. Et d’autre part, la mise en place, au sein de chaque banque participative, de fonctions internes de conformité.

I – Un cadre légal et réglementaire protecteur et centralisé

Avec l’appui du comité Sharia et du comité des établissements de crédit, la banque centrale conserve des droits étendus de réglementation et de contrôle. Ainsi, la banque centrale détient deux prérogatives majeures, outre les pouvoirs généraux applicables à toutes les banques :

La banque centrale dispose – après avis conforme du Conseil supérieur des Ouléma et après avis du comité des établissements de crédit, du pouvoir exclusif d’agrément des banques participatives.

La banque centrale dispose du pouvoir de délivrance de l’accord préalable de commercialisation des produits participatifs par les banques conventionnelles, les établissements de paiement, les associations de micro-crédit, les banques offshore, la Caisse Centrale de Garantie, et la Caisse de Dépôt et de Gestion.

II – Un Comité Sharia central

L’instauration d’un comité Charia central, issu du Conseil supérieur des Oulémas, pour toutes les banques dénote également d’un souci de cohérence législative et réglementaire. Ce comité aura des prérogatives en matière de :

Délivrance des avis conformes des produits et des activités des banques participatives.

Délivrance des avis conformes des circulaires de Bank Al-Maghrib relatives aux conditions et modalités de collecte et de placement des dépôts d’investissement des clients des banques participatives.

Délivrance des avis conformes des circulaires de Bank Al-Maghrib relatives aux caractéristiques techniques des quatre produits de financement (Murabaha, Moucharaka, Ijara, et Moudaraba) ainsi que les modalités de leur présentation à la clientèle.

• Délivrance des avis conformes des circulaires de Bank Al-Maghrib relatives aux caractéristiques techniques de tout autre produit de financement non prévu par la loi bancaire.

• Réception à la fin de chaque exercice d’un rapport émis par les banques participatives relatif à l’évaluation sur la conformité de leurs opérations et activités

III – Des fonctions de conformité internes pour chaque banque

Les banques participatives seront tenues de mettre en place des fonctions de conformité internes chargées des tâches suivantes :

• identifier et prévenir les risques de non-conformité de leurs opérations et activités aux avis conformes du Conseil supérieur des Ouléma ;

• assurer le suivi de l’application des avis conformes du Conseil supérieur des Ouléma précité et d’en contrôler le respect ;

• veiller à l’établissement des manuels et des procédures à respecter ;

• adopter les mesures requises en cas de non respect avéré des conditions imposées pour la présentation au public d’un produit au sujet duquel un avis conforme du Conseil supérieur des Ouléma précité a été émis.

Les divers protagonistes et parties prenantes de la gouvernance des banques participatives au Maroc sont récapitulés ci-après :

Parties prenantes

Recommandations et « Best Practices»

A ce stade, et dans l’attente des circulaires d’application qui seront émises par la banque centrale, les principaux points névralgiques qui nous paraissent devoir faire l’objet d’une réglementation pointue inspirée des bonnes pratiques internationales, sont résumés comme suit :

1 – Rôle et fonctionnement du « Sharia Board » national à étendre

La loi relative aux banques participatives au Maroc accorde un rôle central au Conseil Supérieur des Oulémas, qui se voit attribuer le rôle de Sharia Board national. Ce rôle déterminera de façon significative la réussite ou non de l’expérience des banques participatives dans le pays. Cet organe ne devrait pas être une simple « boîte à lettre » fonctionnant à distance, par l’émission d’avis conformes sur les produits participatifs, et la réception des rapports d’évaluation annuels adressés par les banques participatives.

Ses attributions devraient aller au-delà de ces deux aspects, certes importants mais insuffisants. A notre sens, cet organe devrait être investi d’une mission plus étendue, et disposer des pouvoirs d’investigation et d’audit « sur place » au sein même des banques participatives.

La bonne gouvernance préconisant une séparation nette entre les fonctions de fatwa et de contrôle (pour ne pas reprendre l’expérience mitigée des pays du golfe), le contrôle des banques participatives devrait être assumé par un organe indépendant, soit au sein du CSO, soit par création d’une structure ad hoc. Le contrôle étant une activité très technique, cette structure devrait être dotée des potentialités humaines hybrides nécessaires : oulémas spécialisés en « Fiqh Al Mouaamalat » et experts financiers (auditeurs, experts comptables, experts en système d’information, juristes…).

2 – Usage des rapports de conformité annuels à préciser

Il faudrait que le devenir du rapport annuel, préparé par les banques participatives et adressé au Conseil supérieur des Ouléma, soit minutieusement réglementé.

A notre sens, pour remplir son rôle d’information et de contrôle, ce rapport devrait :

• avoir un contenu standardisé comprenant les points clés relatifs à la transparence des relations avec les clients et les déposants.

• faire l’objet d’un rapport d’audit externe par des auditeurs spécialisés et formés dans ce sens.

• faire l’objet d’une publication obligatoire périodique résumée auprès du public.

3 – Constitution des fonctions de conformité

La loi ne précise aucunement si le Conseil Supérieur des oulémas aura un mot à dire par rapport à la constitution des fonctions de conformités des banques participatives. Or, il nous semble fondamental que des verrouillages doivent être instaurés à ce sujet pour garantir que ces instances jouent un rôle préventif et de détection, en matière de contrôle interne, d’audit, et de gouvernance.

Les règles minimales à assurer dans ce sens sont les suivantes :

• Nomination des membres: formation initiale et continue, double compétence en matière « chariatique » et bancaire.

• Positionnement dans la hiérarchie des banques participatives.

• Procédures de travail: chartes, pouvoirs, missions, plans annuels, rapports.

• Modalités relationnelles avec le conseil supérieur des Ouléma.

Modalités relationnelles avec les commissaires aux comptes.

Cet objectif devrait être recherché soit en impliquant le Conseil Supérieur des oulémas dans la validation de la constitution des fonctions de conformités des banques participatives, soit en balisant la constitution de ces fonctions par une directive de Bank Al-Maghrib.

4 – Points spécifiques à réglementer

Les points névralgiques ci-dessous conditionneront de façon significative la réussite ou non du modèle marocain de banque participative et devraient faire l’objet d’une réglementation minutieuse :

Verrouillage des activités des fenêtres islamiques (étanchéité opérationnelle et comptable). Si les islamic windows offrent l’avantage indéniable de la simplicité et de la commodité, ils permettent également aux banques conventionnelles de compléter leurs gammes commerciales, d’ériger des barrières à l’entrée, et de protéger le marché « retail ». Par contre, les islamic windows présentent l’inconvénient d’une perception négative du public. Cette solution, par essence intérimaire, pourrait être permise dans un premier temps en période de lancement. A terme, dans un horizon de trois à cinq ans, la fermeture totale de ces islamic windows et l’externalisation de leurs activités nous paraît inéluctable.

Le partage des pertes et des profits des comptes d’investissement, gérés en Moudaraba, entre les banques participatives et les déposants. La collecte des dépôts à des coûts raisonnables et leur fidélisation est un gage de bonne gestion des risques spécifiques des banques islamiques, notamment le risque commercial déplacé, le risque de liquidité, et le risque réputationnel. A ce titre, les comptes d’investissement occuperont une place centrale dans la structure de financement des banques participatives. Leur gestion par les banques et la rémunération des investisseurs devront être verrouillés sur le plan réglementaire.

Les provisions de lissage « Profit Equalisation Reserve » et « Investment Risk Reserve ». Le recours à ces deux provisions s’est imposé sur le plan international. Elles visent à minimiser le risque de retrait massif des fonds des comptes participatifs à cause d’une rémunération insuffisante ou irrégulière dans le temps. La constitution et la gestion de ces réserves devrait être attendue à des niveaux de réglementation élevés. Il en est de même des aspects relatifs à la communication et à la publication.

Le traitement des pénalités de retard des impayés des clients des banques participatives et leur reversement à des œuvres caritatives externes. Un dispositif de contrôle de l’exhaustivité et de la véracité du reversement des pénalités de retard à des œuvres caritatives préalablement listées devrait être mis en place.

Les règles de déclassement et provisionnement des impayés. L’application de la circulaire 19 de Bank Al-Maghrib serait à moduler pour l’activité des banques participatives pour tenir compte de la bonne ou mauvaise foi des clients retardataires, et offrir une marge de manœuvre aux banques pour le provisionnement ou non.

Attributions additionnelles des commissaires aux comptes. La loi 103-12 n’accorde aucun rôle additionnel aux commissaires aux comptes des banques participatives. Sur le plan international, les auditeurs externes sont des alliés de taille au Sharia Board. Les relations entre ces deux organes sont étroites et leurs apports sont très complémentaires. Les auditeurs externes des banques participatives – après agrément par la banque centrale – devront être investis de diligences spécifiques pour s’assurer notamment de la purification des revenus illicites générés par les banques participatives, et des méthodes de calcul et de distribution des revenus des comptes d’investissement participatifs.

Les normes comptables. Dès l’entrée en vigueur du fonctionnement des banques participatives, un plan comptable sectoriel spécifique, tenant compte des exigences de la Sharia, devrait être mis en place par le Conseil National de Comptabilité. Une simple adaptation du PCEC ne serait pas une solution durable et efficace.

Le cadre fiscal. Le cadre fiscal des produits participatifs devrait consacrer leur spécificité conformément aux finalités de la Sharia. L’assimilation au cadre fiscal des produits conventionnels n’est pas adéquate (Mourabaha vs crédit conventionnel, Ijara vs crédit bail, Sukuks vs obligations). Par ailleurs, les produits non encore traités fiscalement tels que la Moudaraba, la Mousharaka, le Salam, et l’Istisnaa, constitueront des freins au développement des banques islamiques.

Conclusion

Le cadre bancaire légal dans la majorité des pays musulmans demeure dominé par le cadre légal et réglementaire du paysage bancaire conventionnel reconnu à l’échelle internationale. Néanmoins, la gouvernance et la surveillance des banques dites participatives devraient être attendues à des niveaux d’exigence élevés en termes d’éthique et de déontologie, conformément aux préceptes de la Charia. Le caractère spécifique de ces banques devrait être consacré pleinement dans tout dispositif légal et institutionnel.

En effet, le contrôle des banques dites participatives au Maroc devrait aller au-delà du contrôle des banques classiques – fruits de la réglementation du comité de Bâle – en tenant compte des profils de risques particuliers induits par le principe de partage des profits et des pertes (3P), et en différenciant nettement entre les activités de détail, les activités d’investissement, et les activités de marché (gestion Actif / Passif).

Le choix du Maroc d’opter pour un modèle central pourrait s’avérer judicieux dans un premier temps en attendant un retour d’expérience graduel, et une certaine maturité des banques participatives. Dans une phase ultérieure, les risques spécifiques liés aux banques participatives appelleront certainement une modulation plus adéquate des règles prudentielles et comptables, et des mesures protectrices.

Abderrafi EL MAATAOUI – www.finaliance-conseil.com

Source : Le Journal de la Finance Islamique

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver les liens et la signature ci-dessus.

 
Poster un commentaire

Publié par le avril 7, 2016 dans Maroc

 

Mots-clés : , , , ,