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Algérie : capter l’épargne et diversifier l’économie par la finance islamique

Alger

Par Sofiane MAZARI, Doctorant

L’Algérie, à l’instar des pays dont l’économie dépend fortement des hydrocarbures, passe par une conjoncture économique difficile qui interpelle les pouvoirs publics pour entreprendre des réformes profondes, notamment au niveau du secteur financier désormais appelé à bancariser l’épargne et à adopter de nouveaux instruments pour financer la diversification de l’économie.

Très peu d’études ont été réalisées pour mesurer l’appétence des algériens envers les produits islamiques mais les résultats du sondage publié par l’institut Gallup en 2013 sont assez parlants. L’étude réalisée sur plusieurs pays de la zone MENA, dont l’Algérie, a révélé que seulement 3% des algériens utilisent des produits financiers islamiques et que 35% en ont déjà entendu parler.

Ce qui sous-entend que 2 algériens sur 3 ne connaissent pas les produits financiers islamiques et que seulement 1 sur 33 en consomme. Selon la même étude, 1 algérien sur 2 (49%) accepterait de payer plus cher pour avoir des financements islamiques plutôt que conventionnels.

Les freins

Il faut rappeler qu’en Algérie, deux banques islamiques se partagent 3 à 4% des parts de marché. Ce faible taux de pénétration pourrait s’expliquer par trois facteurs :

  • Absence d’un cadre réglementaire et légal adéquat

La contrainte la plus forte est certainement l’absence d’un cadre réglementaire et légal adéquat. Cette carence freine le développement de ce marché et n’attire pas de nouveaux entrants.

Les banques islamiques ont des spécificités, par rapports aux banques conventionnelles, qui font que la fiscalité en vigueur ne permette pas le développement de produits islamiques et la réglementation prudentielle pénalise ce type d’institutions. Sans parler du problème de refinancement auquel elles font face en l’absence  de mécanismes interbancaires de refinancements appropriés.

  • Un problème d’image

Les diverses parties prenantes ont une mauvaise perception des banques islamiques qu’elles accusent de déguiser les produits conventionnels en produits islamiques.

Cette perception est entretenue par le recours abusif des banques islamiques au benchmark de leurs produits avec les produits conventionnels et par le recours quasi-automatique aux ressources humaines issues des banques conventionnelles.

  • Un problème de confiance

La crise de confiance, qu’a connue le secteur bancaire algérien, suite à la disparition des banques privées à capitaux nationaux (Khalifa, BCIA, ARCO BANK, etc.), fait qu’il y ait une certaine réticence à traiter avec tout ce qui n’est pas étatique.

Les deux banques islamiques actives en Algérie sont des banques privées, même si l’une d’elle a dans son capital une participation minoritaire d’une grande banque publique.

Que faire ?

La Finance Islamique peut être un levier important pour bancariser une frange de la population restée en marge du système bancaire, collecter l’épargne domestique des ménages et des entreprises, financer la diversification de l’économie, et pour lever des fonds en devises à l’international par l’émission de Sukuk.

Sur le plan opérationnel, cette démarche, visant à mettre en place une industrie de la Finance Islamique, nécessiterait les 5 actions suivantes :

  • Engager des réformes légales et réglementaires à même de fournir les instruments nécessaires au développement de la Finance Islamique, notamment celles relatives aux mécanismes de fonctionnement des Sukuk ainsi qu’aux banques islamiques ;
  • Faire développer, dans une première phase, par les banques publiques des filières islamiques en interne (Fenêtres Islamiques) pour tester le marché, puis leur filialisation dans une seconde phase, si la première phase est probante ;
  • Mettre en place un cadre de supervision et de régulation adéquat, tant sur le plan financier qu’éthique, afin de mettre en place la confiance dans cette industrie et d’en assurer la pérennité ;
  • Innover de nouvelles institutions financières comme les compagnies Takaful et Re-takaful ainsi que les sociétés de gestion de fonds et société d’investissement ;
  • Créer, au sein des organismes universitaires ou d’enseignement professionnel, des filières et spécialités en lien avec l’industrie de Finance Islamique.

Le cas des Sukuk

Il faut rappeler que les Sukuk ont permis de lever plus de 760 milliards de dollars, entre 2001 à 2015, au niveau mondial. Sur le plan technique, les Sukuk sont des Certificats d’Investissement (des actions dépourvues de droits de vote) émis par une société ad-hoc (special purpose vehicle ou SPV), créée pour l’occasion à l’initiative d’une entité ayant besoin de financement (État ou Société).

S’il n’est pas complètement impossible d’émettre des Sukuk sur le marché algérien, des réformes réglementaires sont nécessaires au développement de cet instrument, en particulier au niveau du Code de commerce, du Code fiscal et de la réglementation de la COSOB (Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse).

Il faut lever les contraintes liées à la fiscalité en place afin d’assimiler les Sukuk à un placement financier pour rendre l’opération profitable aux investisseurs et aux émetteurs en supprimant les problèmes de double taxation du fait de la multitude de transactions.

Aussi, il est nécessaire de donner un statut juridique aux sociétés ad-hoc (SPV), qui peuvent être des fonds communs de placement, sous forme d’opérations de titrisation dans certains pays, ou revêtir d’autres formes.

Sofiane MAZARI

Source : Le Journal de la Finance Islamique

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver les liens et la signature ci-dessus.

 
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Publié par le janvier 21, 2017 dans Algérie

 

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Banque islamique en Algérie : Al Salam Bank Algeria développe son offre d’épargne et d’investissement

Livret d’épargne Oumniyati

Deuxième banque islamique en Algérie, Al Salam Bank a enregistré en un an une croissance spectaculaire des dépôts de sa clientèle. Le total des dépôts a augmenté de 39% entre septembre 2015 et septembre 2016. Ces résultats remarquables en matière de collecte de l’épargne, sont le fruit d’un travail soutenu de marketing et d’actions ciblées sur le terrain.

Le produit d’épargne Al Salam Istithmar proposé par Al Salam Bank Algeria est basé sur des contrats Moudharaba à travers laquelle des rémunérations trimestrielles sont distribuées pour les dépôts utilisés à des fins d’investissement. Les comptes d’investissement permettent aux particuliers et aux sociétés de placer leur argent pour une durée de 3 à 60 mois et de recevoir un pourcentage des bénéfices des projets financés par la banque.

La même possibilité est accordée aux détenteurs du livret d’épargne Oumniyati, dont la rémunération a atteint un taux moyen de 2,98% au troisième trimestre 2016.

A la faveur du retour du crédit à la consommation autorisé par les autorités, Al Salam Bank Algeria propose l’offre Al Salam Taysir pour l’acquisition de biens produit en Algérie.

Al Salam Bank propose aussi le crédit immobilier “Dar Al Salam” avec plusieurs modes de financement.

Pour accompagner cette croissance, le développement du réseau d’agences se poursuit. Il devrait doubler pour passer de sept (avec celle de Constantine en phase d’ouverture) à 14 fin 2017.

Source : Le Journal de la Finance Islamique

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver les liens et la signature ci-dessus.

Réseau d’agences Al Salam Bank en Algérie (1-2017)

Agences Al Salam Bank Algeria 1-2017

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Publié par le octobre 27, 2016 dans Algérie

 

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Lachemi Siagh : la finance islamique constitue un gisement non négligeable pour l’Algérie

Le sukuk, équivalent islamique du financement obligataire pour les entreprises, reste l’instrument le plus attractif pour collecter l’épargne, selon Lachemi Siagh qui souligne que cet instrument est le meilleur moyen de financer les projets étatiques.

L’expert souligne toutefois que le développement en Algérie de cet instrument de la finance islamique, à mi-chemin entre l’action et l’obligation, nécessite un ancrage juridique et la mise en place d’un cadre réglementaire adapté.

Le Journal de la finance islamique

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Publié par le octobre 7, 2015 dans Algérie

 

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RIBH 1er portail pour la finance islamique depuis 7 ans

classement-sites-finance-islamique-alexa

Classement Alexa des principaux sites francophones de finance islamique

  • RIBH célèbre aujourd’hui sa 7ème année au service de la finance islamique.
  • Le classement Alexa, référence mondiale de la mesure d’audience sur Internet, confirme le leadership de RIBH, le Journal de la finance islamique.
  • Ce classement est basé sur une pondération du nombre de visiteurs et du nombre de pages vues au cours des six derniers mois.

A sa création le 17 juin 2007, RIBH – le Journal de la finance islamique fut le premier portail d’information francophone consacré à la finance se référant à l’éthique musulmane. RIBH a adopté le format blog pour une meilleure interactivité avec ses lecteurs.

Au début, la rareté des articles en français consacrés à la finance islamique nécessita un gros effort de recherche pour dénicher une information pertinente, et la traduction de textes anglais ou arabes était souvent nécessaire. Le monde était alors loin de se douter que l’année 2008 allait connaître une crise financière sans précédent dont la finance islamique allait sortir non seulement indemne, mais renforcée et conquérante. Suite à cette mutation, le foisonnement d’articles, de thèses, de mémoires et de communiqués de presse imposa une révision de l’approche éditoriale pour garder une vision cohérente des objectifs et des moyens.

La crise financière ayant mis sur le devant de la scène internationale une finance Charia compatible dont l’objectif n’est pas de maximiser le profit mais de maximiser la justice des transactions, l’une des principales missions dévolue aux sites d’information fut de contribuer à banaliser des instruments jusque là connus des seuls spécialistes, tels que les Sukuk, la Mourabaha, la Moucharaka et autre Moudharaba.

Le terrain n’était pas totalement vierge puisque des militants de la première heure, auxquels il convient de rendre hommage, avaient déjà contribué à l’instauration d’un cadre de réflexion sur la finance islamique dite « moderne », en s’activant soit dans les domaines du conseil et de l’enseignement universitaire, soit dans le cadre associatif comme au Maroc, dès 1987 au niveau de l’Association Marocaine d’Études et Recherches en Économie Islamique – ASMECI, ou en France, depuis 2004 au sein de l’AIDIMM – Association d’Innovation pour le Développement économique et IMMobilier, groupe de réflexion sur la finance islamique.

Exprimant cet engouement universel pour la finance conforme à la Charia, les sites spécialisés se sont multipliés et aujourd’hui, 7 ans après sa création, RIBH assume son rôle de référence des sites francophones dédiés à la finance islamique et continue d’être le plus consulté au Maghreb, en France et dans le monde.

Merci à tous nos lecteurs.

RIBH

 
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Publié par le juin 17, 2014 dans finance islamique

 

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