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Archives de Catégorie: finance islamique

Le secret du succès des banques islamiques

Les avantages des banques participatives

Pourquoi ouvrir un compte dans une banque islamique ou participative ? L’élément religieux ne suffit pas à expliquer le remarquable succès international de ces banques, même dans des pays non musulmans. La réponse se trouve d’abord dans l’utilité réelle de ces banques qui préfigurent la banque de demain.

Voici quelques uns des principaux avantages des banques participatives :

  • Opérations courantes

La création récente des banques participatives leur permet d’adopter dès leur démarrage l’ensemble des fonctionnalités permises par les systèmes informatiques de nouvelle génération et d’intègrer les dernières nouveautés de la technologie numérique appliquée à la finance (Fintech).

Les banques participatives sont en premier lieu des institutions bancaires. La clientèle y trouve bien entendu l’ensemble des services proposés par les banques classiques : domiciliation de salaire, dépôt, retrait, virement, chéquier, carte bancaire, etc.

A cet égard, même s’ils n’ont pas besoin de crédit, les clients musulmans sont naturellement heureux de savoir que leur salaire domicilié chez la banque participative et leurs dépôts ne sont pas utilisés par la banque pour accorder des prêts à intérêt à d’autres clients. Ils ne se rendent pas ainsi complices du Riba que l’Islam considère comme un péché majeur (Al-Kabaïr).

  • Financement

En cas d’octroi d’un financement par la banque islamique, lorsqu’un client de bonne foi a des difficultés de remboursement, la banque n’a pas le droit de lui imposer des intérêts de retard et doit lui accorder des facilités de paiement.

  • Epargne

Les comptes d’épargne sont proposés par les banques participatives à leurs clients sous forme de dépôts d’investissement. Le client déposant autorise la banque à investir son argent selon la technique de Moudaraba. Dans cette relation, le client déposant a un statut d’investisseur (Rab-al-maal) et son épargne n’est pas rémunérée par un intérêt fixe mais par un bénéfice sur les investissements réalisés par la banque. L’épargne du client finance l’économie réelle, loin de toute spéculation.

En résumé, le succès des banques participatives est lié à la pratique d’une finance éthique où les relations banque-client sont plus équilibrées, ce qui contribue à la stabilité du système financier dans son ensemble et au développement des secteurs productifs.

Source : Le Journal de la Finance Islamique

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver les liens et la signature ci-dessus.

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Publié par le février 20, 2017 dans finance islamique

 

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Histoire de l’Usure, par Marion Sigaut (Vidéo)

Les trois religions monothéistes à savoir le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam, ont condamné l’usure et le taux d’intérêt. L’originalité de la législation islamique en la matière réside essentiellement dans la globalité de l’interdiction et l’ambition déclarée de la finance islamique de mettre en place des solutions alternatives au crédit classique.

La pratique de l’intérêt usuraire est interdite par les Évangiles du christianisme et par la Bible hébraïque, bien que le judaïsme limite l’interdiction du Tabrit (mot hébreux désignant la pratique de l’usure) entre juifs mais pas entre juifs et non juifs. L’ancien testament permet, en effet, aux créanciers juifs de pratiquer un taux usuraire lorsqu’il s’agit d’un prêt accordé aux étrangers de la communauté juive.

Marion Sigaut, est une écrivaine et conférencière française, spécialiste de l’histoire de France, et plus particulièrement de la fin de l’Ancien Régime jusqu’aux débuts de la Révolution française. Elle est titulaire d’un diplôme d’études approfondies (DEA) en histoire, et elle a publié plusieurs ouvrages relatifs à l’époque des Lumières.

Elle expose dans cette vidéo l’évolution de la perception de l’usure en occident où la position a évolué en quelques siècles du rejet total de cette pratique considérée immorale, à une économie entièrement basée sur le crédit et la dette des particuliers, des entreprises et des Etats.

Source : Le Journal de la Finance Islamique

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver les liens et la signature ci-dessus.

 
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Publié par le août 15, 2016 dans finance islamique

 

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La véritable révolution de la finance participative est en marche : Linking Banking 3.0

Linking Banking 3.0

La finance conventionnelle a atteint ses limites et la finance islamique n’a pas encore tenu ses promesses. Partant de ce constat, Mohamed Wail Aaminou, Khalil Labniouri et Moulay Mounir Kadiri ont conçu un business-modèle bancaire désintermédié innovateur qui pourrait bien donner à la finance participative ce que Bill Gates, Steve Jobs et Linus Torvalds ont apporté à l’informatique.

Le travail de recherche collaborative entrepris par ces trois professionnels, qui disposent à la fois d’un background de praticiens et d’académiciens en finances conventionnelle et islamique a donné naissance au Linking Banking 3.0. Une solution de désintermédiation bancaire révolutionnaire qui opère une convergence optimale des principes éthiques et socio-économiques du droit des affaires islamiques avec les nouveaux outils de la FinTech.

Ce changement de paradigme sera porté par un Think Tank international « Ethical Finance 3.0 » en cours de création, véritable laboratoire à idées et centre de promotion des innovations financières éthiques axées sur la désintermédiation et inspirées des nouveaux modèles FinTech connectifs et participatifs à travers le monde.

Les chercheurs ont également instauré une Chaire universitaire « Ethical Finance 3.0 » rassemblant 10 thèses de doctorat, 35 publications scientifiques et 60 mémoires de fin d’études de Master. Les travaux de recherche portés par la chaire concernent tous le Linking Banking, à travers une méthode de recherche foncièrement participative.

Changement de paradigme

Dans un contexte d’évolution aussi bien des tendances bancaires que du comportement client, l’ingénierie d’une solution financière globale s’est appuyée sur un processus de mise à plat systématique de l’ensemble des pratiques financières actuelles, en adoptant une problématique aussi bien d’ordre éthique et développemental que d’ordre marketing.

Dressant un bilan critique de quatre siècles d’intermédiation bancaire conventionnelle et de quatre décennies d’expérience financière islamique, la démarche a aussi évalué l’impact économique et social des business modèles en vigueur en s’interrogeant sur leur stabilité, leur rentabilité et leur pérennité.

Si après plusieurs crises financières, les appels à la moralisation de la finance se sont multipliés pour l’instauration d’un système bancaire éthique et développemental, et même si la finance islamique à travers ses principes participatifs s’est positionnée en tant qu’éventuelle alternative, force est de constater que l’application de ces principes est restée pour le moins utopique.

Il s’est avéré que l’expérience concrète des banques commerciales islamiques est loin d’être participative, et s’est réduite à une quasi-reproduction du business-modèle conventionnel et de l’intermédiation bancaire structurée autour de l’usage des dépôts à vue des clients comme base pour des financements exclusivement basés sur la dette.

En copiant le modèle d’intermédiation bancaire conventionnel, les banques islamiques étaient quasiment obligées d’emprunter à la finance conventionnelle certains outils de gestion de risques et des instruments de trésorerie fortement controversés et en parfait écart par rapport aux finalités et aux principes du droit des affaires islamiques.

Une approche révolutionnaire

Le Linking banking 3.0 s’inspire simultanément des principes de l’éthique financière, notamment le droit des affaires islamique, ainsi que des nouvelles tendances financières participatives et connectives à travers le monde. Le business-modèle capitalise fortement sur les mutations profondes que connaît le marché financier international au niveau technologique, organisationnel, ainsi qu’au niveau des paradigmes régissant la relation entre les agents économiques.

Grâce aux FinTech, la désintermédiation bancaire est aujourd’hui possible et la banque connective Linking Banking présente une prospective de profitabilité élevée. Avec une cartographie des risques qui se caractérise par la quasi-absence des principales classes de risques bancaires standards, notamment les risques de liquidité et de solvabilité, le Linking Banking ne nécessite aucun recours à l’ALM.

Des entretiens qualifiés avec des experts et dirigeants des secteurs bancaires conventionnel et islamique ont pu éprouver la faisabilité du modèle Linking Banking et surtout les possibilités techniques de son déploiement sur le terrain.

En résumé, le Linking Banking 3.0 se présente comme l’invention d’un nouveau business-modèle bancaire foncièrement connectif, totalement désintermédié et parfaitement participatif.

Avec la présente invention du Linking Banking, naît l’espoir d’une nouvelle finance éthique qui profitera non seulement aux opérateurs économiques et financiers mais à l’ensemble de l’humanité.

Schéma business-modèle

Schéma du business-modèle (cliquer pour agrandir)

Bref aperçu du business-modèle

Le Linking Banking se veut universel et couvre l’ensemble des segments : de la micro épargne à la gestion de fortune, et de la micro entreprise à la grande Corporate. Pour ce faire, le modèle se base sur des principes novateurs tels que la collecte digitalisée en crowd equity, les cartes prépayés d’investissement et l’épargne télécom à travers le mobile payment.

Le réseau de distribution est basé sur du Branchless Banking. Il use de la force du système de courtage (Owner’s Managed Branches) ainsi que du portage d’activité bancaire (Third Part Banking), sans oublier les Bornes électroniques bancaires (Nickel).

Basée sur du Peer to Peer equity désintermédié, la banque commerciale collecte en hors bilan les pools d’épargne profilés selon le niveau du risque et de maturité. Des OPCR (Organismes de Placements Collectifs en Capital Risque) sont directement affectés à des pools d’investissements transparents gérés par la banque d’investissement démocratisée. Celle-ci procède en amont à travers ses antennes d’investissement (Sociétés régionales) à la prospection et l’origination de projets intéressants, leur scoring et surtout leur suivi et contrôle opérationnel et financier. Ce qui est fortement inspiré du mode opératoire de la capacitation économique.

A travers l’Open Banking Capital, les clients d’OPCR les plus fidèles auront droit à la souscription dans le capital de la banque ainsi que dans le capital de ses filiales auxquelles elle sous-traite tous ses opérations back-office.

Les besoins classiques du Retail ne sont pas en reste. Pour le financement de l’immobilier, de l’automobile, ainsi que de l’équipement de ménage, le modèle prône le système de Positive Banking desintérmédié. Ce concept est basé sur la distribution au sein du réseau bancaire des produits des fournisseurs partenaires (promoteur immobiliers, concessionnaires, équipementiers et grandes surfaces,…). La banque gère à cette occasion pour le compte de ses fournisseurs leur facilité de paiement (analyse de dossiers, prélèvements d’échéances, recouvrement,…)

Source : Le Journal de la Finance Islamique

pdf Présentation détaillée – Publication – L’invention du Linking Banking

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver les liens et la signature ci-dessus.

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La finance islamique vecteur de justice et de paix

Dominique de Courcelles

Dominique de Courcelles : La finance islamique pourrait contribuer à une réorganisation éthique des flux de capitaux à l’échelle mondiale

Les économistes savent déjà que l’Islam, par son humanisme spirituel, par son économie participative, peut être une énergie créatrice pour les nécessaires changements, pour la justice économique du  21ème siècle. Alors que les diversités culturelles tendent trop souvent à s’affirmer en extrémismes intolérants et meurtriers [NDLR : au pluriel], la finance islamique offre peut-être l’opportunité de reformuler et expliciter une identité éthique, en dehors de tout contexte culturel ou religieux spécifique, qu’il soit européen, occidental, ou oriental, et d’avoir une intelligence novatrice et créatrice des problèmes d’un monde globalisé.

Par Dominique de Courcelles
Directeur de recherche au CNRS. Enseignante à l’École Polytechnique et à l’université Paris Dauphine dans le cadre notamment du Master de Finance Islamique.

L’Islam n’est pas seulement une religion mais aussi un système tout à la fois politique, religieux, militaire, économique, social, juridique, tout autant qu’un mode de vie exprimant la soumission de l’individu à Dieu et au Message révélé par l’intermédiaire du Prophète. Il est une religion, une communauté et une loi générale. Il associe le spirituel et le social. A une communauté – Oumma – solidaire et unie doit correspondre une loi unique et incontestée, la Chari’a, conçue pour l’intérêt général des créatures de Dieu.

Pour l’Islam, selon le Coran dont le texte canonique est établi au 7ème siècle, l’argent est un don de Dieu, car tout appartient à Dieu, et ne saurait donc faire l’objet d’échange en soi. L’homme est lieutenant de Dieu sur terre et responsable devant Dieu des richesses dont il dispose. La propriété individuelle est souhaitable et le profit est légitime. La deuxième sourate du Coran, intitulée “La Génisse” Al-Baqara, qui est la plus longue du Coran avec 286 versets, comporte de très nombreux versets consacrés, de façon souvent très technique, aux questions économiques. N’oublions pas qu’on est déjà au 7ème siècle dans une société marchande bien organisée et que le Prophète lui-même a épousé une riche commerçante et a eu une activité de marchand.

Dans la conception islamique, l’enrichissement est licite, il est la marque de la miséricorde ou bénédiction de Dieu. Un hadith exprime bien cette conviction : Dieu accorde sa miséricorde à l’homme généreux dans ses achats, généreux dans ses ventes et généreux dans ses transactions.

Le gaspillage et l’excès sont interdits et il est important de bien gérer les richesses. La thésaurisation est interdite, parce que l’argent ainsi retiré du circuit économique réduit la croissance des richesses de la communauté. La sourate 104 “Le Calomniateur” Al-Humaza rappelle : « Malheur au calomniateur acerbe qui a amassé une fortune et l’a comptée et recomptée ! Il pense que sa fortune l’a rendu immortel. Qu’il prenne garde ! Il sera précipité dans le Feu d’Allah » (104:1-6).

L’argent doit toujours être utilisé afin de créer de la valeur ajoutée

La logique sociale repose sur une logique participative. Le concept de capitaux à risque est donc vite apparu comme légitime, avec celui de partage équitable des risques et des gains pour la légitimité d’un revenu. L’Islam, comme les deux autres monothéismes, apporte une très grande attention à la solidarité et à la justice sociale.

La sincérité et la confiance sont centrales dans les relations d’affaires et le droit musulman est essentiellement contractuel. Par exemple, le Coran exprime le souci des droits de chaque partie contractuelle et précise que la mise par écrit des actes est essentielle pour la préservation des droits de chacun, avec, si besoin est, remise de gages : « Croyants, lorsque vous contractez un prêt à terme, il doit être consigné par écrit… Si vous êtes en voyage et que vous n’avez pas trouvé de notaire, il faut exiger la remise de gages » (2:282-283).

Un hadith dit encore : « Dieu est le troisième des deux associés tant qu’ils ne se trahissent pas. Si l’un d’eux trahit l’autre, Dieu les quittera ».

En Islam, selon des Fuqahas, sur la base de leur interprétation des sources de la Chari’a, y compris le Coran, l’argent ne produit pas l’argent. L’usure est interdite par Dieu même : « Allah a déclaré licite le troc et déclaré illicite l’usure… » Allah, au Jugement dernier, annulera les profits de l’usure, alors qu’il fera fructifier le mérite des aumônes… » (2:277).

En plus de l’interdiction primordiale du prêt à intérêt est interdit l’enrichissement sans cause, la riba, qui se rapproche de la notion d’intérêt. La riba n’est pas à proprement parler l’usure, elle est un supplément donné en sus du principal. Sont interdits également le maysir, le pari, le jeu de hasard, et le gharar, la spéculation dans l’incertitude. Si la spéculation dans la limite de son propre capital n’est pas forcément condamnable, est condamnable la spéculation à découvert, c’est-à-dire la vente de ce qu’on ne possède pas.

La zakat ou aumône est l’un des cinq piliers de l’Islam, et donc une obligation par laquelle le musulman purifie sa richesse et ses revenus, particulièrement ceux qui proviennent des activités économiques. « Ne choisissez pas ce qui est vil pour le donner en aumône » (2: 267). Elle est un instrument de redistribution et de justice sociale ; elle devient une technique financière.

L’Islam incite également au règlement des dettes à bonne échéance ou au report de la dette pour les débiteurs en difficultés : « Si votre débiteur est dans la gêne, qu’un sursis intervienne jusqu’à ce qu’il soit à l’aise. Toutefois, faire aumône de cette dette est mieux pour vous… » (2 : 280).

Une partie de la richesse accordée par Dieu doit être réservée à des emplois définis par le Coran, c’est-à-dire redistribuée : « Ceux qui dépensent leurs biens dans le chemin d’Allah sont semblables à un grain qui produit sept épis ; et chaque épi contient cent grains. Allah double pour qui il veut » (2:264).

Il est notable que, dans les premiers temps de l’Islam, les mosquées ont servi de cours de justice ; l’idée d’économie islamique dérive donc d’une certaine conception de l’Islam comme fondement d’un système politique, social et économique, juridique, soucieux de partage équitable.

La légitimité religieuse de la finance islamique

L’actuel développement d’une économie islamique de marché et de la finance islamique, en prenant en compte l’interdit fondateur avec toutes ses implications de solidarité et de responsabilité, est relativement récent. La finance islamique contemporaine est née dans les années 1960 comme possibilité de système financier alternatif à l’économie et à la finance traditionnelles et conforme aux préceptes du Coran.

Depuis les années 1980, avec le renouveau religieux et les crises subies par certaines institutions financières, la finance islamique questionne l’économie et la finance traditionnelles, telle qu’elles ont été mises au point dans le cadre des deux autres monothéismes, juif et chrétien, principalement dans les pays anglo-saxons, en leur rappelant sans équivoque et fermement ce qui demeure les valeurs fondamentales des monothéismes.

Les financiers de l’Islam amènent ainsi leurs interlocuteurs des autres cultures, qu’ils soient croyants ou non, à prendre au sérieux l’éthique et l’intelligence des textes sacrés.

Dans le contexte globalisé de l’économie concurrentielle de marché, face à la demande croissante de produits financiers islamiques, les banques islamiques tendent évidemment à s’approprier les produits financiers traditionnels, ce qui estompe les frontières entre la finance islamique et la finance traditionnelle, ce qui exige aussi de leur part une double compétence, à la fois dans le domaine de la finance et dans celui des principes de la Chari’a et de l’interprétation.

Aujourd’hui, on s’accorde à reconnaître qu’un système économique et technique, global, a saisi le monde. Il s’agit d’un système financier, de l’économie concurrentielle de marché. Coupé du politique et de l’éthique, ce système concurrentiel de marché tend à devenir une idéologie, dans la mesure où il est organisé autour d’une logique financière de moyens et de profits. Il n’est pas organisé en termes de fins ni de valeurs.

Mais alors que les diversités culturelles tendent trop souvent à s’affirmer en extrémismes intolérants et meurtriers, la finance islamique offre peut-être l’opportunité de reformuler et expliciter une identité éthique, en dehors de tout contexte culturel ou religieux spécifique, qu’il soit européen, occidental, ou oriental, et d’avoir une intelligence novatrice et créatrice des problèmes d’un monde globalisé. C’est ainsi que la finance islamique désigne pour les experts financiers amenés à travailler ensemble, quels qu’ils soient, l’urgence de replacer la personne humaine au cœur des activités économiques et la nécessité d’avoir une attitude intérieure apte à répondre à cette urgence.

Des cultures différentes pourraient ainsi se réunir avec éthique et intelligence sur un même projet de bancarisation et donc de croissance harmonieuse globale de l’humanité, qui serait à même de prendre en charge efficacement la redistribution des richesses et de réguler les peurs, les ressentiments et les extrémismes. La finance islamique pourrait contribuer à une réorganisation éthique des flux de capitaux à l’échelle mondiale et donc à une meilleure intelligence des conditions de la justice et de la paix dans le monde.

Dominique de Courcelles
Extrait de “La finance islamique : éthique et intelligence de la globalité” Pdf
Collection “Etudes en économie islamique” IRTI
Titre et synthèse : RIBH

Du même auteur : “Je ne suis pas Charlie.”

Source : Le Journal de la Finance Islamique

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver tous les liens et la signature ci-dessus.

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Publié par le novembre 24, 2015 dans finance islamique

 

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La finance islamique nouvelle frontière de la finance

nouvelle frontière

Ses caractéristiques uniques qualifient la finance islamique pour ses ambitions mondiales. Ceci nécessite cependant des entrepreneurs visionnaires qui innovent pour réconcilier cette finance avec sa mission première d’être au service des besoins économiques et sociaux.

La croissance de la banque islamique a dépassé celle de la banque traditionnelle au cours de la dernière décennie et celle-ci représente maintenant plus de 20 % des actifs bancaires dans dix pays. Au total, les actifs de la finance islamique ont crû à des taux à deux chiffres en dix ans, pour répondre à la demande du grand nombre de citoyens musulmans relativement dépourvus de services bancaires qui cherchent à déposer de l’argent ou à investir dans des établissements et instruments financiers acceptables selon la loi islamique. Elle s’explique aussi par la croissance relativement rapide de beaucoup des pays où ces citoyens résident.

S’appliquant parfaitement aux enjeux de la finance islamique, l’expression Nouvelle Frontière (New Frontier en anglais) a été utilisée par le futur président américain démocrate John Fitzgerald Kennedy dans son discours d’investiture à la Convention du parti démocrate, le 15 juillet 1960 : “Mais je vous dis que nous sommes devant une Nouvelle Frontière, que nous le voulions ou non. Au-delà de cette frontière, s’étendent les domaines inexplorés de la science et de l’espace, des problèmes non résolus de paix et de guerre, des poches d’ignorance et de préjugés non encore réduites, et les questions laissées sans réponse de la pauvreté et des surplus.”

Des possibilités bien réelles

Du fait de l’absence de taux d’intérêt fixes et de la nature du crédit, adossé à des actifs, les banques islamiques fonctionnent différemment des établissements traditionnels. En général, leurs fonds proviennent des comptes courants, qui ne sont pas rémunérés, et de comptes de placement à bénéfices partagés, sur lesquels les investisseurs touchent un rendement déterminé par la rentabilité éventuelle de la banque ou du portefeuille d’actifs financé par ces comptes. La banque utilise ces fonds pour acquérir des actifs – par exemple des logements en cas de prêts hypothécaires ou de l’équipement industriel s’il s’agit d’un prêt à une entreprise – que la banque vend ou loue ensuite à l’emprunteur. Le profit financier est lié à la rentabilité ou à la valeur locative de l’actif. La banque participe aussi au financement participatif de projets économiques et partage tant les bénéfices que les risques avec les entrepreneurs.

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Publié par le septembre 13, 2015 dans finance islamique

 

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