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L’écosystème de la banque participative et son impact sur son développement

16 Mai

L'écosysteme de la banque participative

La croissance des  banques participatives est basée  principalement sur  une demande clientèle dynamique, un régime réglementaire favorable, une offre diversifiée et une innovation continue. Le niveau de développement et le volume du marché sont le résultat de la combinaison entre une demande client assez importante (Market Push) et un cadre réglementaire assez favorable (Government Pull). 

L’analyse de l’écosystème des banques participatives permet de déceler les principaux paramètres ayant un impact direct sur leur activité. L’analyse PESTEL (Politiques, Economiques, Socioculturelles, Technologiques, Ecologique, Légale) permet notamment de catégoriser les facteurs de l’environnement de la banque participative et d’évaluer leur impact sur celle-ci.

En termes d’offre de produits et services, les banques participatives doivent faire face à un système conventionnel très développé avec une image de marque bien ancrée, une économie d’échelle compétitive, une expérience confirmée dans la conception des produits financiers et des normes comptables réglementées.

Dans une première phase de lancement, le principal stimulus de la demande est le facteur socioculturel dont principalement la fibre religieuse, mais avec le développement de l’industrie, les stimuli commerciaux (Produit, Prix, Distribution, Communication) vont prendre leur place normale dans le processus de décision d’achat du client. Se limiter à la fibre religieuse pour démarcher de nouveaux clients pourrait être un handicap pour le développement des banques participatives.

La sensibilité de la demande au prix dans la première phase de lancement est généralement faible à moyen. Cependant, avec l’intensité concurrentielle de la part des compétiteurs directs, les clients deviendront de plus en plus exigeants et sensibles au rapport qualité/ prix.

Au-delà de l’argument religieux

La banque participative doit à terme être en mesure de satisfaire l’ensemble des besoins en prestations bancaires classiques (opérations, épargne, trésorerie, financement, gestion de patrimoine, conseil et assistance) pour assurer une continuité de l’activité et la création de la valeur ajoutée pour les opérateurs financiers comme pour les clients.

La banque participative doit tenir compte de l’existence de motivations psychologiques (recherche de sécurité, anonymat, rentabilité…) qui influent sur le choix d’un produit ou/et un service bancaire. A cet égard, la banque participative doit offrir à ses clients en plus de la satisfaction religieuse, la satisfaction des facteurs psychologiques précités. Les aspects socioculturels et le niveau culturel du client ont aussi un impact sur la capacité de la banque à pénétrer chaque segment.

La banque participative, comme les autres types de banques, a une position doublement orientée vers deux marchés différents : d’un côté, le marché des ressources de capitaux et de l’autre, celui des emplois au niveau des particuliers et des entreprises. La stratégie retenue pour gérer la demande de financements devrait être cohérente avec la stratégie de collecte des ressources.

L’environnement d’une banque participative est conditionné par des normes et des valeurs à respecter ainsi que par des interdits. Ces éléments pèsent sur le développement de son business et l’exigence de la conformité aux principes de la Sharia aura une influence sur la structure et les choix stratégiques.

Les dirigeants d’une banque participative doivent faire l’équilibre entre la conformité aux principes de Sharia et la réalisation de la performance, en plus de la création de valeur pour ses parties prenantes. La forte réglementation met de la pression sur l’offre de la banque. Dans certains cas, la banque ne dispose pas d’une grande marge de manœuvre pour la structuration de son offre et la définition de ses prix.

En plus de la particularité de l’industrie bancaire, la banque participative devrait aussi faire face aux contraintes générées par sa spécificité, son mode organisationnel et son fonctionnement. Ainsi, la banque doit être en mesure d’évaluer l’impact de chaque facteur de l’environnement sur son business.

El Mahdi YASSINE – Secrétaire Général AMFP, Association Marocaine de la Finance Participative info@amfp.ma           

 
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Publié par le mai 16, 2016 dans International

 

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