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Christine Lagarde, directrice du FMI : libérez la Finance Islamique et réalisez ses promesses

11 Nov

Christine Lagarde

Intervenant en ouverture de la World Islamic Financing Conference organisée le 11 novembre 2015 au Koweit, la directrice du FMI, Christine Lagarde, a réaffirmé l’engagement du FMI à contribuer au développement durable de la finance islamique. Elle a invité à ce titre les Etats et les décideurs financiers à se mobiliser pour permettre à cette industrie de réaliser pleinement son potentiel.

Avant de se pencher sur les défis à relever pour permettre à la finance islamique de réaliser ses promesses, Christine Lagarde a tenu tout d’abord à rappeler quelles sont ces promesses.

La première de ces promesses est l’inclusion financière. La finance islamique est en mesure de contribuer au développement économique en améliorant l’accès aux services financiers des populations dans les pays musulmans où un quart seulement des adultes dispose d’un compte bancaire.

Christine Lagarde a souligné que le principe de partage des risques enraciné dans la finance islamique, et le fort lien qu’elle établi entre le crédit et l’actif sous-jacent, font que cette finance est bien placée pour le financement des PME et des startups. Au même titre, la finance islamique a démontré ses atouts pour le financement des infrastructures, contribuant à améliorer la productivité et catalysant une croissance à forte valeur ajoutée.

La deuxième promesse de la finance islamique est la stabilité. Le principe de partage des risques restreint le recours à l’effet de levier et réduit le risque de contagion en cas de crise du secteur bancaire. L’adossement des financements à un actif sous-jacent assure en outre une meilleure couverture des risques. La structure des capitaux de la finance islamique fait qu’elle est plus en mesure d’absorber les risques de perte, ce qui constitue l’un des objectifs de la nouvelle réforme réglementaire globale.

La directrice du FMI a précisé que les principes fondateurs de la finance islamique – participation, justice, droit de propriété et éthique – constituent en vérité des valeurs universelles.

Les chantiers prioritaires

Concernant les chantiers prioritaires auxquels les décideurs doivent s’atteler pour libérer le potentiel de la finance islamique, Christine Lagarde a évoqué premièrement la nécessité d’assurer aux institutions financières islamiques un environnement règlementaire et fiscal qui tienne compte de leurs spécificités pour ne pas les désavantager par rapport aux banques conventionnelles.

La directrice du FMI a insisté sur la nécessité de renforcer l’application des standards développés par les organismes de normalisation – IFSB et AAOIFI – et leur convergence avec les normes conventionnelles pour une meilleure stabilité financière globale.

Christine Lagarde a estimé que le développement de l’industrie de la finance islamique peut renforcer le développement du tissu de PME, appelant à mettre en place un système de gestion des risques et de mesure de la solvabilité adéquat.

Le développement de la finance islamique nécessite par ailleurs un effort coordonné des institutions financières et des institutions publiques pour le renforcement des capacités humaines du secteur et la vulgarisation de la culture financière islamique auprès des populations.

Parallèlement au renforcement de l’industrie de la finance islamique, de nombreux pays pourraient développer davantage leurs marchés de capitaux islamiques, notamment à travers l’émission plus régulière de Sukuk portant diverses maturités pour établir des benchmarks et animer un marché secondaire. De nombreux pays doivent encore développer un marché interbancaire pour les instruments financiers Shari’ah compliant pour une meilleure gestion des liquidités.

La directrice du FMI a recommandé que les institutions financière islamiques ne soient ni sous-réglementées ni sur-réglementées, et à ce que les standards prennent en compte la spécificité des produits de la finance islamique.

En conclusion, la directrice du FMI a appelé à une mobilisation des parties concernées pour promouvoir une version moderne de la finance islamique à même de tenir toutes ses promesses d’inclusion financière, de stabilité, de réponse aux besoins de populations sous-desservies, de renforcement de la croissance, et de création de meilleures opportunités pour tous.

Discours original intégral en Anglais. Synthèse et traduction : RIBH.

Source : Le Journal de la Finance Islamique

© RIBH. Reproduction de l’article autorisée sous réserve de conserver tous les liens et la signature ci-dessus.

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Publié par le novembre 11, 2015 dans International

 

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