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Les Sukuks, une nouvelle alternative de financement pour le Maroc

06 Fév
Sukuks_2012

Croissance remarquable des émissions de Sukuk dans le monde

Mohamed Najib Boulif, Ministre délégué auprès du Chef du gouvernement Chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, a confié au groupe Al-Khawarizmi la réalisation d’un rapport sur les Sukuks et le bénéfice potentiel que peut en tirer le Maroc.

A ce jour, les Sukuks sont les instruments de la finance islamique qui connaissent le plus grand succès aussi bien sur les marchés domestiques que sur le marché international. En matière de cotation, la bourse luxembourgeoise accueille les Sukuks depuis 2002. Le London Stock Exchange a listé, quant à lui, son premier Sukuk en 2006. En termes d’émissions, les Sukuks restent concentrés en Malaisie et dans les pays du Conseil de Coopération du Golf (CCG).

L’émission de Sukuks au Maroc est, désormais, possible au prix de quelques aménagements juridiques. Cependant, afin de favoriser le positionnement des acteurs marocains sur ce marché, plus que des réformes réglementaires, il paraît nécessaire que les autorités publiques envoient des signaux clairs vers les émetteurs et investisseurs potentiels. Une émission de Sukuks de la part de l’État pourrait avoir, dans ce domaine, une forte valeur symbolique, de même que la création d’un segment dédié à l’émission et à la cotation de Sukuks au sein de la bourse de Casablanca.

Il est aussi possible d’encourager des initiatives de certaines collectivités locales d’une part et secteur privé d’autre part dans ce domaine. D’autres axes peuvent être envisagés comme la mise en place d’un indice d’actions islamiques au sein de la bourse de Casablanca.

Dans un contexte économique très tendu, les corporates et les PME au Maroc ont grandement besoin d’élargir leurs bases d’investisseurs. Les Sukuks pourront apporter des solutions et des alternatives fort intéressantes pouvant répondre aux besoins de différents agents économiques, que ce soit l’Etat pour ses besoins de financement ou d’investissement, mais aussi les PME, les grandes entreprises cotées ou non, ainsi que les banques et les assureurs.

Selon une étude menée par le CDVM (Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières) auprès d’un échantillon de banques et d’entreprises marocaines, 90% des entreprises sondées pourraient envisager d’émettre un Sukuk si le cadre légal et réglementaire au Maroc le permettait.

Les Sukuks peuvent rapporter, entre autres, aux investisseurs une diversification d’actifs, et aux émetteurs une diversification de classes d’investisseurs. Ces derniers retrouveraient via ces instruments des solutions alternatives aux financements bancaires classiques. Les Sukuks répondent d’une part au besoin de liquidité des agents et d’une autre à la problématique de diversification des investisseurs soucieux de trouver des produits financiers conformes à leurs exigences éthiques.

Le Maroc est noté BBB-, dernière note de la catégorie Investment Grade. Les obligations conventionnelles des sociétés marocaines sont généralement, par conséquence, dans la catégorie spéculative. Un choix de Sukuks d’investissements de type Asset-Backed pourrait s’avérer de ce fait une solution intéressante pour les sociétés, en vue d’optimiser leurs coûts de financement. Ceci ne peut se concrétiser qu’avec la promulgation de la loi de la titrisation introduisant les Sukuks et la mise en place d’un cadre réglementaire sécurisé et surtout un dispositif fiscal approprié.

Nous recommandons aussi un aménagement législatif et des incitations fiscales au profit des Sukuks Al-Mudharaba et Al-Musharaka. Ces instruments répondent aux besoins de financement de l’économie réelle en apportant des fonds propres à des petites et moyennes entreprises. Ils offriront aussi aux épargnants une solution intéressante d’investissement participatif en accord avec l’éthique musulmane qui encourage le partage des profits et des risques.

Le marché des Sukuks est considéré comme le thermomètre de l’industrie bancaire islamique. Plusieurs facteurs expliquent ce statut, notamment, son accessibilité à des intervenants et des investisseurs très divers, à des grandes institutions bancaires internationales, aux plus grands cabinets d’avocats, en passant par des acteurs sur le plan régional.

Comme le montre l’étude de Thomson Reuters sur les perspectives en 2013, le Maroc doit cibler en priorité des investisseurs du CCG et les banques islamiques, qui ont une préférence claire pour le dollar (77.8%) et pour les Sukuks Asset-Backed (69.4%), un profil de maturité autour de 3-5 ans (52.5%) et une structuration type Ijarah (63.3%). Cependant, une émission en Euro placera directement le Maroc comme précurseur dans les émissions souveraines : il attirera divers acteurs sur le plan international, notamment en Europe. Ceci pourrait répondre autant aux attentes des investisseurs MRE, mais aussi à une bonne partie de la clientèle musulmane d’Europe, sensible aux valeurs de la finance islamique.

De par ses atouts, le Maroc a la possibilité de créer de la valeur et d’apporter une réelle expertise à long terme dans le domaine, en mobilisant ses ressources en capital humain et en investissant dans la formation et la recherche. Ces éléments clés étant indispensables pour construire une industrie concurrentielle, capable d’innover et d’apporter des solutions durables, permettront au Maroc de s’élever au rang de référence dans le domaine des produits alternatifs.

A propos d’Al-Khawarizmi Group www.al-khawarizmi-group.com

Al-Khawarizmi Group est un groupe de réflexion spécialisé dans la Finance Islamique. Al-Khawarizmi Group a été créé en 2011 par des personnes convaincues du potentiel de la finance islamique qui se veut une finance éthique et participative. Il est constitué d’ingénieurs de grandes écoles ayant acquis de l’expérience dans les plus grandes entreprises françaises, en particulier, dans les établissements bancaires et financiers. Ces compétences apportent au groupe, des expertises multiples, variées et complémentaires lui permettant d’effectuer des missions destinées à  aider les institutions intéressées à développer leurs activités dans ce domaine.

pdfIcon Télécharger le Rapport intégral :
« Les Sukuks, Une nouvelle alternative de financement pour le Maroc »

Voir aussi :
Thomson Reuters Announces Findings of its Annual Sukuk Perceptions and Forecast Study

 
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Publié par le février 6, 2013 dans Maroc, Sukuks

 

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