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Un outil de sélection des entrepreneurs ouvre de nouvelles perspectives pour la finance islamique

15 Juil

EFL – le Laboratoire de Finance Entrepreneuriale de l’Université d’Harvard, a conçu des tests permettant de mesurer directement la capacité managériale et l’honnêteté de l’entrepreneur candidat au financement.

Même si la finance islamique a connu un développement rapide au cours des dernières années, elle doit encore relever plusieurs défis. Les données montrent qu’ils subsiste une demande considérable non satisfaite pour des services financiers halal, notamment parmi les micro, petites et moyennes entreprises (MPME). De plus, le risque induit par une concentration excessive de cette finance sur des secteurs comme l’immobilier, a clairement été mis en évidence par la récente crise financière. Enfin, l’offre actuelle de financements islamiques proposée aux MPME repose principalement sur des contrats de leasing et de revente de biens (Mourabaha), avec un usage très limité des contrats basés sur un partage légitime des pertes et des profits (PPP).

Une expansion réussie de la finance islamique sur le marché des MPME, s’appuyant en particulier sur l’utilisation de contrats PPP, nécessite de résoudre le problème de l’identification des bons entrepreneurs (asymétrie de l’information) et de la responsabilisation de l’entrepreneur (aléa moral). Dans le cadre d’un contrat PPP, l’entrepreneur peut être tenté de dissimuler ses profits ou s’engager dans des activités non déclarées exposant l’institution financière islamique à des risques accrus de pertes. L’utilisation des nouvelles technologies est particulièrement adaptée aux caractéristiques du marché des MPME, puisqu’elle présente un faible coût de transaction, peut s’accommoder de la rareté des données préliminaires, et appliquée à grande échelle permet de rentabiliser un grand portefeuille d’opérations de montants relativement faibles.

Le Laboratoire de Finance Entrepreneuriale du Harvard Center for International Development a conçu et déployé de nouveaux outils de sélection des entrepreneurs qui permettent de résoudre ces problèmes, et qui constituent le complément idéal de contrats fondés sur le partage des pertes et des profits (PPP). L’adoption et la mise en œuvre de ces outils offre une opportunité de gains significatifs aux institutions de Finance Islamique ainsi qu’un moyen d’accélérer la création d’entreprise et le développement économique dans les pays où elles interviennent.

Des solutions innovantes pour libérer le financement de l’entreprenariat

La difficulté d’identifier les bons emprunteurs (asymétrie de l’information) et de les gérer de manière efficiente (aléa moral) n’est pas spécifique à la finance islamique : elle est présente pratiquement dans tous les contrats financiers, et en particulier dans le financement d’entreprises. Dans le cas du capital risque et des crédits commerciaux aux grandes sociétés, ces problèmes sont traités à travers des techniques intensives d’évaluation et de supervision. Les investisseurs et les prêteurs consacrent beaucoup de temps à l’évaluation des investissements potentiels et des emprunteurs, y compris à travers des entretiens personnels, l’analyse des états financiers, des projections financières sophistiquées, et même la participation directe aux organes de gestion de l’entreprise financée.

Mais dans le cas des MPME, le montant limité du financement rend le coût de transaction de ces approches prohibitif : des entretiens approfondis et une diligence raisonnable ne sont pas économiquement viables pour de petits financements. De plus, l’asymétrie de l’information est aggravée parce que les états financiers ne sont pas aussi répandus, détaillés et audités comme c’est le cas pour les grandes sociétés. Ceci contraint l’institution financière à se rabattre sur des contrats financiers simplifiés assortis de la garantie personnelle de l’emprunteur et de l’examen de l’historique financier du client.

Un nombre croissant d’indicateurs confirme pourtant que le marché des MPME recèle un gisement inexploité, offrant des taux de rendement largement supérieurs à nombre d’autres marchés et une diversification intéressante des risques pour les institutions financières. Ce marché constitue clairement une opportunité pour les institutions de finance islamique, mais nécessite l’adoption de nouvelles solutions.

EFLRI : une solution pour ouvrir le marché des MPME aux financement

Développée au sein de l’Université de Harvard, l’Entrepreneurial Finance Lab Research Initiative (EFLRI), a été conçue pour développer et tester de nouveaux outils qui permettent de dépasser le problème de l’asymétrie de l’information et de l’aléa moral afin de libérer l’accès des MPME au financement.

Prenant en considération la double contrainte d’un faible coût de transaction et d’une quantité limitée de données disponibles, ELFRI a conçu une batterie de tests psychométriques permettant de mesurer directement la capacité managériale et l’honnêteté de l’entrepreneur candidat au financement. La première catégorie de tests permet d’identifier les entrepreneurs disposant des aptitudes requises pour gérer le projet. La deuxième catégorie de tests révèle les entrepreneurs qui sont intrinsèquement moins enclins à frauder/dissimuler des profits, et qui chercheront spontanément à rembourser leurs financements, nécessitant moins de pression pour s’acquitter de leur passif. Ces outils utilisent des outils d’évaluation bien rodés issus de l’industrie du recrutement et de la recherche académique pour évaluer le profil de l’entrepreneur, ses capacités cognitives, son intelligence, son honnêteté et son ardeur au travail. Les tests mis au point par ELFRI imitent la démarche d’évaluation de la capacité managériale et du caractère de l’entrepreneur – qui constitue un élément essentiel de la diligence raisonnable du métier du capital risque – mais sous une forme objective automatisée et à bas coût, accessible au marché du financement des MPME.

En permettant l’identification des entrepreneurs les plus qualifiés et les plus honnêtes, ces outils d’évaluation rendent l’application à grande échelle de contrats de partage des profits et des pertes (PPP) non seulement faisable mais éminemment profitable pour les institutions financières islamiques. Ces outils ouvrent la voie à des perspectives prometteuses pour les marchés financiers et la promotion de la création d’entreprise, plaçant la finance islamique à l’avant garde de l’innovation financière et de l’utilité sociale.

RIBH

 
1 commentaire

Publié par le juillet 15, 2012 dans Capital Risque

 

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Une réponse à “Un outil de sélection des entrepreneurs ouvre de nouvelles perspectives pour la finance islamique

  1. Entreprenheure

    avril 12, 2013 at 9:42

    A reblogué ceci sur Entrepreneuriat -Tunisie and commented:
    Tres Interessant pour les banques islamiques et conventionnelles

     

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