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L’ONU veut s’inspirer de la finance islamique

29 Mar
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Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie

La commission d’experts de l’ONU sur la réforme du système monétaire et financier international s’intéresse à la finance islamique

Pour qu’il y ait une sortie de crise, il faut que la reprise concerne à la fois les pays développés et en développement. C’est ce qu’a notamment considéré, aujourd’hui, le Président de la Commission d’experts du Président de l’Assemblée générale sur la réforme du système monétaire et financier international, M. Joseph Stiglitz, lors d’une conférence de presse au Siège, à New York.

Le lauréat 2001 du prix Nobel d’économie, qui avait présenté plus tôt les recommandations de la Commission à l’Assemblée générale, a souligné à plusieurs reprises la nature globale de la crise et la nécessité d’en minimiser les répercussions dans les pays en développement grâce à des instruments de régulation « eux-mêmes globaux et adaptés à l’ampleur du défi ».

Il a salué à ce sujet la facilité de crédit instaurée par le Fonds monétaire international (FMI) pour doubler le montant de l’allocation des droits de tirage spéciaux (DST) en direction des pays les plus touchés, lesquels, par ce biais, pourraient recevoir rapidement près de 43 milliards de dollars.

L’autre recommandation de la Commission sur laquelle M. Stiglitz a insisté porte sur la création d’un nouveau système mondial de réserve visant à rendre l’économie « plus stable et plus juste ». Il a précisé qu’un tel système contribuerait à atténuer les risques d’effondrement des valeurs dus aux fluctuations brutales du dollar, qui ne peut plus être considéré comme une monnaie refuge.

C’est un paradoxe, mais la crise actuelle, par sa gravité même, ouvre des perspectives considérables en matière de refonte systémique, perspectives qui étaient encore inconcevables il y a quelques mois, a noté Joseph Stiglitz. Selon lui, la crise redonne à des principes keynésiens presque centenaires une nouvelle jeunesse, si l’on entend par là la nécessité vitale de revenir expressément aux fondamentaux économiques.

Il est tout de même frappant qu’une crise pareille trouve ses racines dans une succession de phénomènes déclenchés par des erreurs de jugement et des décisions prises en dépit du bon sens, a encore dit M. Stiglitz. Il a cité à ce propos la mauvaise gestion de la crise asiatique de 1997, « où l’épargne accumulée n’avait finalement pu être allouée qu’à des investissements dans des produits financiers qui se sont avérés peu sûrs », ou encore les modes de consommation américains, « par lesquels on est incité à dépenser l’argent que l’on n’a pas ».

Joseph Stiglitz a reconnu l’intérêt que porte la Commission à la finance islamique. Tout d’abord, a-t-il lancé, la Malaisie est le pays d’Asie du Sud-Est qui, à l’époque, a su le mieux gérer, et de façon éthique, la crise économique asiatique.

Il semblerait que la finance islamique ait gardé à l’esprit que pour qu’un système financier puisse fonctionner, il lui faut, à sa base, des liquidités réelles, a plaisanté l’économiste américain.

Le Président de la Commission d’experts s’est ensuite appesanti sur la nécessité d’établir une autorité mondiale de régulation financière qui rendrait compte à un conseil mondial de coordination économique, travaillant sous les auspices de l’ONU. Ces deux nouveaux organes répondraient notamment au souhait du Président de l’Assemblée générale de proposer une alternative plus démocratique à la gouvernance restreinte du G-20, a-t-il dit.

Selon M. Stiglitz, l’autorité en question, d’une portée supérieure à celle de l’actuel Forum de stabilité financière, aurait pour fonctions de superviser la stabilité financière mondiale, d’harmoniser les réglementations et de prévenir le risque d’expansion excessive des multinationales dont le poids menace à terme la concurrence ou en cas de faillite, pose d’énormes problèmes aux États.

Les instruments de la nouvelle architecture financière devront être conçus et administrés de telle sorte, qu’à l’inverse des anciens, ils ne pourront plus être utilisés pour « jouer avec l’argent », a conclu Joseph Stiglitz.

Source : Communiqué de presse ONU du 26/03/2009

Quelques vertus de la finance islamique

Par opposition aux banques traditionnelles, les banques islamiques accordent volontiers aux entreprises des prêts à taux flottants. Le taux d’intérêt flottant est indexé sur le taux de croissance de l’entreprise. De ce fait, le profit que réalise la banque sur le prêt est égal à un certain pourcentage des bénéfices de l’entreprise. Une fois le principal remboursé, l’accord de partage des bénéfices prend fin.

Autre exemple: le financement du capital de départ. L’entrepreneur fournit le travail et la banque le financement, en sorte que tant le profit que le risque sont partagés. Ces montages de participation entre capital et travail correspondent au principe islamique selon lequel l’emprunteur ne doit pas encourir tout le risque ou tout le coût d’un échec. Ce système assure une répartition équilibrée des revenus et empêche le bailleur de fonds de monopoliser l’économie.

Dans un contrat hypothécaire islamique, au lieu de prêter au client la somme nécessaire pour acquérir l’objet, la banque peut acquérir directement le bien et le revendre à l’acheteur, majoré de son bénéfice. L’acquéreur peut à ce moment-là rembourser la banque par paiements échelonnés et sans pénalités pour retards. La banque se prémunit contre un défaut de paiement en exigeant des nantissements solides.

Les services financiers islamiques ne sont pas seulement destinés aux communautés musulmanes. Il existe, dans la finance et la banque islamiques des valeurs communes qui la rendent plus accessible et plus acceptable pour les non-musulmans. Ainsi, la pratique du prêt sans intérêt est respectée par les trois confessions d’Abraham; on en trouve des occurrences dans le Coran (2:275, 278-279), et dans d’autres textes religieux tels que le Nouveau Testament (Luc 6:34-35) et la Torah, Vieux Testament (Exode 22:25).

De surcroît, la finance islamique valorise l’égalité, en acheminant le crédit vers le consommateur par le moyen d’opportunités d’investissement ouvertes et par le partage des profits et des pertes par le débiteur et le créancier.

Sur ces bases, la pratique financière de la banque islamique se rapproche du concept de “nouveau paradigme d’économie monétaire” esquissé par Joseph E. Stiglitz, lauréat du prix Nobel d’économie en 2001. De plus, ces dogmes économiques sont tous conformes aux principes de la démocratie – une économie du peuple et pour le peuple qui est capable d’effacer l’aliénation économique.

Wahyuana, Common Ground – Syndication RIBH

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Publié par le mars 29, 2009 dans International

 

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