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L’islam peut-il aider le système financier occidental ?

26 Mar

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Propositions et idées issues du système financier islamique contre la crise économique de l’Occident – par Loretta Napoleoni*  et Claudia Segre*

Nous devons rappeler que déjà à la fin du XIXe siècle, les défenseurs des principes et les amis du système financier islamique ont exprimé à plusieurs reprises leur insatisfaction à propos de l’arrivée du capitalisme dans les pays musulmans. Différentes expertises (Fatwa) ont été publiées pour confirmer que les activités qui s’appuient sur le système d’intérêts des banques des «colonisateurs» ne sont pas compatibles avec la Charia. Les seules banques dans le monde musulman étaient d’empreinte occidentale. La population musulmane a été contrainte à les utiliser bien qu’il s’agisse de son point de vue d’activités non autorisées et du point de vue de la loi religieuse en vigueur d’activités interdites, qui ont pourtant pénétré l’ensemble de la structure sociale et économique de leurs pays.

A partir du milieu des années 50 jusqu’au milieu des années 70, les scientifiques en matière économique, les financiers, les savants de la Charia et les intellectuels se sont concentrés sur l’abolition possible de l’intérêt et ont essayé de construire des institutions financières alternatives. Celles-ci devaient être «compatibles avec la Charia» et se baser sur les règles islamiques reposant sur l’interdiction de prélever des intérêts, c’est-à-dire l’interdiction de paiements d’intérêts comme récompense au jour échéant. Un nouveau système économique islamique devrait en outre respecter l’engagement des croyants musulmans à donner des aumônes (Zakât) selon leur fortune au lieu d’autres formes de financement des pèlerinages à la Mecque.

Les premières solutions proposées dans le domaine de la pratique de l’économie islamique ont été réalisées dans les années 50 à Kuala Lumpur en Malaisie et dans la partie sud de l’Egypte. L’essai en Malaisie a été soutenu par la direction et par des moyens financiers des pèlerins malaisiens et par le gouvernement. Celui-ci surveillait entre autres les institutions financières lors de placements d’épargne et lors d’investissements correspondants en accord avec la Charia. L’élément le plus fondamental et connu du mode de fonctionnement du système financier isla­mique est le refus d’utiliser des intérêts comme composante lors de crédits ou comme partie intégrante d’autres opérations. C’est ainsi que des modes opératoires alternatifs doivent être trouvés, qui sont capables de garantir les taux de réponse du capital et des investissements en préservant les principes éthiques de l’Islam.

L’économie islamique se fonde, à la différence de l’économie de marché traditionnelle, sur les principes religieux de l’Islam. Les musulmans doivent s’en tenir à la Charia, la loi religieuse qui guide leur vie. Les activistes islamiques, les intellectuels, les producteurs et les dirigeants religieux ont toujours souligné la validité de l’interdiction du prélèvement d’intérêts, l’interdiction des jeux de hasard et de la spéculation, ils ont condamné les intérêts des créanciers et ont accusé le commerce basé sur les valeurs mobilières. Selon ce principe, l’argent ne doit pas être utilisé comme produit pour engendrer encore plus d’argent. La finance islamique évite les opérations qui conduisent à la multiplication artificielle de l’argent. Ce dernier doit être un moyen et un instrument productif. C’est le principe qui est appliqué aux «soukouks», ces obligations islamiques qui sont toujours liées à un investissement réel, par exemple pour payer la construction d’une route ou d’un bâtiment, et n’ont pas de but spéculatif. Ce principe correspondant à la Charia et aux activités interdites par l’Islam et non éthiques (Haram) comme la production et la vente d’armes, le commerce avec le tabac, l’alcool, la pornographie et le jeu de hasard.

Pour l’essentiel, une association extraordinaire est née grâce à la recherche d’une forme éthique fongible et compatible avec la Charia. Des professeurs et des scientifiques aisés qui se sentent engagés envers la Charia, ont commencé à coopérer dans l’intérêt d’un système financier islamique plus fort. Cette communauté d’intérêts inhabituelle est un phénomène unique dans l’économie moderne, mais qui a effectivement posé le fondement d’un nouveau système économique.

Lire l’article complet sur Horizons et Débats

loretta-napoleoniLoretta Napoleoni travaille en tant qu’assistante scientifique dans plusieurs banques et organisations internationales comme les Nations Unies en Europe et aux USA. En outre, elle a été correspondante à l’étranger pour des journaux financiers italiens.


claudia-segreClaudia Segre est analyste financière et chef de rayon d’une banque à Milan. Elle est vice-présidente d’Assiom (Associazione italiana operatori mercati dei capitali).

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Publié par le mars 26, 2009 dans International

 

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