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Facteurs de stabilité de la Finance Islamique

10 Mar

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A cause de sa stabilité inhérente la finance islamique a attiré l’attention des banques des principaux centres financiers. Les sources d’instabilité financière du système conventionnel, c’est-à-dire le taux d’intérêt, le crédit sans contrepartie, l’abondance de liquidités, la spéculation et la fixation du taux d’intérêt par la banque centrale sont pour l’essentiel absents dans un système de finance islamique, assurant ainsi la stabilité intrinsèque de ce système.

Deux principes fondamentaux sous-tendent la finance islamique : le premier est qu’un système financier islamique est basé sur le commerce et la production et non sur l’intérêt, qui est banni ; le deuxième est qu’un système financier islamique basé sur le commerce sera immunisé contre l’instabilité, alors qu’un système basé sur l’intérêt est en soi instable sujet à des pertes et à des crises répétitives. Un système financier islamique est défini comme un système où il n’y a pas d’actifs sans risque et où toutes les transactions sont basées sur le partage du risque et par conséquent du profit ou de la perte. De ce fait tous les actifs financiers sont des créances courantes et il n’y a pas d’instruments de dette avec un taux d’intérêt fixe ou variable. De ce fait le taux de rendement des actifs financiers est en premier lieu déterminé par le rendement du secteur réel. Dans une économie en croissance les banques islamiques obtiennent toujours des rendements nets positifs.

L’intermédiation financière islamique est différente de celle d’un système financier conventionnel. La banque dans un système islamique est génériquement différente de la banque dans un système conventionnel. Les banques n’accordent pas de crédits générateurs d’intérêts et ne créent pas et ne détruisent pas la monnaie. Elles participent directement dans les opérations de production et de commerce sur une base de partage du profit ou de la perte. Les banques n’agissent pas comme de simples prêteurs, elles doivent s’impliquer directement dans les opérations de commerce et d’investissement et exercer la propriété directe des actifs réels. Les dépôts auprès d’une institution financière islamique peuvent être considérés comme des actions ou des parts sociales et sont soumis à risque. Ils peuvent générer un profit ou subir une perte.

Il ne peut pas y avoir de création de crédit ex nihilo en finance islamique. En finance conventionnelle les dépôts auprès d’une banque peuvent être instantanément transformés en prêts ou être utilisés pour acheter des actifs financiers et devenir des réserves ou une base pour un nouveau prêt chez une autre banque, contribuant ainsi à une création de pouvoir d’achat et à une inflation au niveau des prix des biens et des actifs. Une telle situation n’existe pas en finance islamique. Les dépôts doivent être réinvestis directement par la banque dans des activités de production et de commerce et créer des flux de biens et de services. De nouveaux flux monétaires sont générés par la vente des biens et services. La monnaie n’est donc pas créée indépendamment de la production de biens et services. L’investissement est égal à l’épargne et l’offre globale de biens et services est toujours égale à la demande globale.

Le passif de l’institution financière est couvert par des actifs réels tangibles qui sont possédés directement par l’institution. Ils ne sont pas couverts par des actifs financiers. Les risques des institutions financières islamiques sont mitigés puisqu’ils sont principalement liés au rendement des opérations d’investissement et non au capital de ces institutions.

Dans un tel système seule la banque centrale a le monopole de la création monétaire. Le taux d’intérêt ne peut être utilisé comme instrument de politique monétaire. La banque centrale ne refinance pas les banques, comme c’est le cas en finance conventionnelle. Elle n’achète pas et ne vend pas d’instruments financiers aux banques. La banque centrale doit appliquer des plafonds quantitatifs aux agrégats monétaires. Une telle politique a été efficace pour le maintien de la stabilité financière et l’exclusion des booms spéculatifs et de l’inflation même pour un système financier conventionnel. L’injection de liquidités se fait lorsque la banque centrale procède à l’achat de devises, de l’or, ou de la dette de l’Etat non basée sur l’intérêt, mais indexée sur l’or, ou sur un panier de produits de base, ou sur un portefeuille d’actifs réels créés par l’Etat.

En finance islamique le crédit doit être basé sur l’épargne réelle. Les flux monétaires sont générés par les ventes de biens et services et transitent par le système bancaire pour les besoins des paiements ou des investissements. Les banques ne se concurrencent que pour les opportunités d’investissement réel, leurs ressources sont réinvesties dans des activités réelles. De ce fait la croissance économique est durable et ne comporte d’impact négatif sur la justice sociale puisque l’inflation ne peut pas être utilisée pour appauvrir les créanciers et les salariés et enrichir les débiteurs et les spéculateurs.

Par Noureddine Krichene et Ezzeddine Saidane

Extrait d’un article intitulé « Résilience et stabilité de la Finance Islamique » paru sur webmanagercenter.com 06/03/2009

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Publié par le mars 10, 2009 dans International

 

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