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Des chiffres arabes… à la Finance Islamique

20 Fév

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Le mathématicien arabo-musulman Abu Ishaq Al-Zarqali (1029-1087)

La finance islamique apporte des réponses essentielles à la crise financière mondiale. L’adoption des principes économiques prescrits par la Charia rendrait pratiquement impossible une crise financière telle que celle que connaît aujourd’hui le monde.

Si la finance islamique rencontre des résistances qui s’expliquent par l’ignorance, l’islamophobie ou l’arrogance, il faut rappeler que la diffusion des chiffres arabes s’est initialement heurtée à l’obscurantisme avant de finalement remplacer la numérotation romaine qu’elle a surclassé en raison de sa puissance de calcul et de sa simplicité d’utilisation.

Historiquement, le commerce a toujours été intimement lié à l’Islam. C’est à la Mecque, centre commercial millénaire, que le Prophète Mohammed (que la paix soit sur lui) – qui fut lui-même marchand – commença à prêcher l’Islam. C’est également à travers le contact avec les marchands musulmans que beaucoup de peuples d’Afrique et d’Asie embrassèrent l’Islam.

L’Islam régit tous les aspects de la vie du musulman, y compris la sphère économique. Le musulman trouve dans la Charia – droit fondamental édicté par le Coran et les enseignements du Prophète (Hadiths) – les règles de bases qui régissent des thèmes aussi variés que la fiscalité, les dépenses publiques, l’intérêt, la propriété foncière, les ressources naturelles ou encore les salaires.

L’Islam  dans sa vision sociale universelle proscrit les intérêts et l’usure dénommés Riba parce que favorisant la concentration de la richesse entre les mains des nantis. La prospérité de l’individu ne doit pas résulter d’un «enrichissement sans cause» – l’argent générant l’argent – mais elle doit être le résultat d’un effort et d’une activité génératrice de valeur ajoutée. De ce fait, la finance islamique est une finance essentiellement entrepreneuriale qui valorise le travail et l’investissement, et récuse la rente, la spéculation et la consommation excessive.

Après avoir dépassé le dogme de l’inéluctabilité de l’intérêt dans les transactions bancaires, la finance islamique moderne a prouvé sa capacité à exister et à durer, en créant de nouveaux outils financiers faisant prévaloir les concepts de participation, de prise de risque, d’implication dans les opérations de production et de réponse aux exigences globales du métier bancaire.

L’Histoire est un éternel renouvellement et après avoir apporté à la civilisation occidentale les chiffres arabes et les fondements de l’algèbre, l’Islam lui offre aujourd’hui les bases d’une finance éthique qui canalise les excès du capitalisme sauvage et de l’économie dématérialisée.

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Les chiffres arabes sont les dix chiffres (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 0) et le système d’écriture décimale positionnelle qui les accompagne. Ils ont été empruntés par l’Occident médiéval à la civilisation musulmane, qui a impulsé à la science un élan universel sans précédent,  s’appropriant le chiffrage de la civilisation hindoue et l’héritage de la géométrie grecque pour fonder une nouvelle science : l’algèbre. Le mot « algèbre » qui vient de l’arabe al-jabr (الجبر) est l’un des premiers mots du titre en arabe d’un ouvrage du mathématicien d’origine persane Al-Khawarizmi.

Les chiffres arabes ont progressivement remplacé les chiffres romains et se sont graduellement imposés dans le monde entier parce qu’ils permettent une notation très aisée dans le système décimal utilisé en Occident et facilitent les opération simples sur les grands nombres et les opérations complexes.

De même qu’aujourd’hui la finance islamique rencontre des résistances, la diffusion des chiffres arabes s’est d’abord heurtée à l’obscurantisme. À Florence – en Italie – il était interdit aux marchands d’y avoir recours dans les contrats et les documents officiels, puis, en 1299, l’interdiction a été généralisée, y compris dans la comptabilité privée des banquiers et marchands florentins.

Tant que les opérations restaient simples, l’abaque pour le calcul et les chiffres romains pour la représentation graphique suffisaient. À partir de la Renaissance, avec le développement exponentiel du commerce et celui des sciences, en particulier de l’astronomie mais aussi de la balistique, la nécessité d’un système de calcul puissant et rapide s’est imposée : les chiffres arabes ont définitivement remplacé leurs prédécesseurs romains dès le XVe siècle.

En France, il faudra attendre la fin du XVIIIe siècle et la Révolution pour que le système de numérotation décimal arabe soit définitivement adopté et que son utilisation dans les calculs devienne obligatoire dans les écoles et les administrations.

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Publié par le février 20, 2009 dans International

 

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