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Jeunes Entrepreneurs de France : des énergies pour entreprendre

23 Jan

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Abdellah Aboulharjan et Aziz Senni, fondateurs de Jeunes Entrepreneurs de France

Des cités sensibles… à l’esprit d’entreprise

Pour l’association des Jeunes Entrepreneurs de France, les sept cents cités “à problèmes” de l’Hexagone sont autant de mines d’or qui ne demandent qu’à être valorisées.

Brahim Branki a quitté son Algérie natale pour aller étudier l’urbanisme à Paris. Après y avoir obtenu sa licence et occupé de nombreux emplois tant en Algérie qu’en France, il s’est retrouvé au chômage. Il a alors décidé de réaliser son rêve : démarrer une affaire de traiteur, en réaction à la mauvaise restauration rapide qu’il a vu fleurir en France. M. Branki a ouvert en février 2007 Océane, un restaurant lumineux, meublé avec simplicité, au cœur de l’une des villes les plus difficiles de France : Mantes-la-Jolie, à l’ouest de Paris. “C’était une idée militante, une protestation contre les repas mauvais pour la santé”, explique-t-il. Voilà presque deux ans que l’établissement a ouvert ses portes et le succès est manifestement au rendez-vous. Branki est radieux et, derrière la caisse, son épouse, une Allemande, sourit. Assis à l’une des tables se trouve Abdellah Aboulharjan, l’homme en partie responsable de la création du restaurant, que Branki a rencontré par l’intermédiaire d’un ami entrepreneur, Aziz Senni, un autre homme d’affaires issu de l’immigration. Aboulharjan a fondé Jeunes Entrepreneurs de France en 2002 avec Senni afin de donner un coup de pouce aux jeunes immigrés entreprenants. “Comme vous pouvez le voir”, souligne-t-il en parlant d’Océane qui ne désemplit pas, “le travail, c’est bon pour la confiance. Vous vous faites respecter. La création d’entreprise est un bon moyen de construire sa vie.” Branki approuve. “Maintenant, on me traite avec respect, se félicite-t-il. Dans le quartier, les gens s’arrêtent pour bavarder avec moi.”

Avec Jeunes Entrepreneurs, Aboulharjan – à qui un mince collier de barbe et des lunettes à fine monture donnent un petit air d’intellectuel – s’efforce d’offrir aux jeunes un moyen de canaliser leur énergie en favorisant l’esprit d’entreprise et le développement économique dans les 700 quartiers sensibles* officiellement recensés.

En sept ans, les deux hommes ont examiné des centaines de projets. Cinquante d’entre eux se sont concrétisés : boutiques, entreprises de confection, étals de marché, garages, services de livraison à domicile, restaurants, location de voitures, entre autres. La procédure à suivre est simple. Les immigrés se rendent dans l’une des antennes de Jeunes Entrepreneurs de France, à Mantes-la-Jolie, Paris, Gennevilliers et Trappes, armés d’une bonne idée, ou même sans idée du tout. Dans tous les cas, ils se voient poser de nombreuses questions destinées à déterminer leurs points forts et leurs besoins. S’ils possèdent les qualités nécessaires, un plan d’entreprise et une stratégie sont élaborés pour leur permettre d’atteindre leurs objectifs.

Ces entrepreneurs en herbe – dont beaucoup ont moins de 40 ans – sont parrainés par des personnes qui sont souvent elles-mêmes d’origine étrangère et possèdent leur propre entreprise. Les avocats et les comptables de Jeunes Entrepreneurs proposent gracieusement leurs services. Les jeunes chefs d’entreprise ne paient qu’une fois leur affaire devenue rentable. Les projets couronnés de succès se traduisent par des emplois, et pas seulement pour leurs auteurs. Certains ont permis de donner du travail à trente personnes. Pour Abdellah Aboulharjan, il est important d’aider les jeunes des quartiers difficiles à trouver quelque chose de sérieux à faire, à s’épanouir, à développer l’estime de soi. L’entreprenariat fait s’exprimer le meilleur de nous-mêmes, en particulier la volonté de réussir, de maîtriser son destin, de diriger sa vie.”

Deux fois plus nombreux qu’ailleurs à vouloir entreprendre

Et il va porter la bonne parole dans les écoles. Selon plusieurs études, les jeunes des quartiers sensibles sont deux fois plus nombreux que la moyenne nationale à vouloir créer une entreprise. Les maires supplient régulièrement Jeunes Entrepreneurs d’ouvrir un bureau dans leurs banlieues. En province, les autorités sont prêtes à se porter garantes de prêts bancaires. Des millionnaires ont fait d’énormes dons. Des bureaux sont déjà installés ou prévus dans des villes comme Lyon, Bordeaux, Lille et Marseille. Abdellah Aboulharjan a calculé qu’avec 40 antennes locales, il couvrirait la totalité des 700 quartiers sensibles de France. Parallèlement, il est devenu le directeur des Business Angels des Cités (BAC), un fonds d’investissement dédié aux cités, créé par Aziz Senni et quelques grandes entreprises françaises.

Les investisseurs doivent apporter au minimum 70 000 euros, et les capitaux vont uniquement aux entreprises prometteuses qui acceptent un mentor. BAC veut également investir dans Océane pour favoriser la croissance de l’entreprise avec l’ouverture de franchises, voire d’un magasin de produits diététiques. Mais, pour l’heure, cela n’intéresse pas Branki. “Je veux me concentrer sur ce que nous avons déjà.” Il estime avoir assez de poissons à pêcher dans sa petite mer Océane. Et, pour Abdellah Aboulharjan, il reste beaucoup d’autres entrepreneurs à aider.

Source : Courrier International

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Publié par le janvier 23, 2009 dans Capital Risque

 

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