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Un nouveau cadre juridique est nécessaire pour développer les Sukuk en Algérie

19 Avr
Lachemi Siagh

Lachemi Siagh

Un nouveau cadrage juridique est exigé pour le développement du système financier islamique en Algérie. Lors d’un séminaire organisé le 17 avril 2008 à l’Institut des hautes études financières d’Alger sur le thème des Sukuk – l’un des instruments de ce système financier – des experts ont estimé que le développement du marché des obligations financières islamiques (sukuk) en Algérie nécessite la mise en place par les pouvoirs publics de nouveaux textes régissant ce modèle de financement.

En nette progression à travers le monde, le système financier islamique est connu surtout par son rejet du taux d’intérêt. Autrement dit, le système financier islamique est bâti sur le principe de partage des profits et de risque mutuel au lieu de reposer sur le taux d’intérêt et le risque unilatéral.

Lors du séminaire, Lachemi Siagh, directeur général du bureau de conseil Strategica Finance, a considéré que le développement du système financier islamique en Algérie est conditionné par des modifications « indispensables » sur certains articles du code du commerce et sur la réglementation fiscale.

« Ces modifications doivent permettre à ce produit, conforme aux principes islamiques qui interdisent l’intérêt, de se développer en Algérie », a expliqué à la presse Lachemi Siagh en marge du séminaire sur les « sukuk » organisé à l’Institut des hautes études financières d’Alger.

Les « sukuk » sont des titres d’investissement adossés à des actifs réels (biens et services) représentant une quote-part indivisible de propriétés sur les actifs générateurs de flux financiers. Ils sont structurés de telle sorte que leurs détenteurs courent un risque de crédit et reçoivent une part de profit et non un intérêt fixe et connu à l’avance comme dans un ABS (Asset Backed Securities).

Les produits sous-jacents des sukuk peuvent être représentés par des contrats tels l’ijara, la musharaka ou la mudharaba. Lachemi Siagh a expliqué aussi que les « sukuk » sont différents des obligations ordinaires, car les taux de profits ne sont pas connus d’avance et le détenteur de ces titres participe à ces profits comme il assume les pertes.

Dans la foulée, le directeur général du bureau de conseil Strategica finance a précisé que ce produit n’est pas destiné à substituer les modes de financements classiques en Algérie, mais représente une disponibilité de financement supplémentaire.

D’après lui, les « sukuk » ont atteint à travers le monde un volume d’émission de près de 100 milliards de dollars, dont plus de 32 milliards pour la seule année 2007. Les prévisions sont encore énormes. Le volume pourrait atteindre 1000 milliards à l’horizon 2010, et ce, après seulement une dizaine d’années d’existence, car ces obligations n’existaient pas en 2000.

Elles émanent notamment des pays du Golfe, de Malaisie et du Pakistan et sont réparties sur les secteurs financier, immobilier et énergétique. Plusieurs pays et banques non musulmans sont intéressés par cet instrument financier à l’instar du Japon, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. C’est un marché en pleine évolution.

Certes, il est encore majoritairement entre les mains des banques islamiques, avec une proportion d’un peu plus de 50%, mais de nouveaux émetteurs (les corporate) ont fait apparition ces dernières années. De même, il y a 5 ans, les investisseurs étaient principalement musulmans, des pays du Golfe et du Sud-Est asiatique.

Aujourd’hui, entre 50 et 60% des « sukuk » sont souscrits par des investisseurs non musulmans et hors zone musulmane.

Ali Titouche, El Watan (Algérie) 19 avril 2008

 
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Publié par le avril 19, 2008 dans Algérie

 

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