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Algérie: Les banquiers réclament la modification de la loi sur la monnaie et le crédit

26 Jan
  • L’article 104 bloque l’élargissement des activités des banques privées
  • L’actuelle ouverture du marché financier algérien ne semble pas «plaire» à certains établissements financiers étrangers établis en Algérie.

Ces derniers ne cesse de remettre en cause l’article 104 de l’ordonnance n° 03-11 du 26 août 2003 relative à la monnaie et au crédit. L’article en question stipule : «Il est interdit à une banque ou un établissement financier de consentir des crédits à ses dirigeants, à ses actionnaires ou aux entreprises du groupe de la banque ou de l’établissement financier.» La mise en application du présent article a mis fin aux financements des banques privées destinés à leurs filiales. C’est le cas de la banque El Baraka dont l’un des projets est mort-né. Rencontré en marge des travaux du 3ème forum économique arabe organisé les 20 et 21 du mois en cours à Alger, le directeur central de marketing et de la communication, M. Saïd Karim, de banque El Baraka, a tenu à souligner que «notre banque a, dans le cadre de l’élargissement de ses activités, créé une compagnie d’assurances « Salama-Assurance ». Pour une première étape, cette initiative a été suivie de la création d’une entreprise immobilière qui a vu ses activités bloquées avant même qu’elle n’entre en exercice. L’entreprise est pénalisée par l’article 104 [qui interdit aux banques de financier leurs filiales] dont on a, à maintes reprises, demandé son abrogation. Notre projet est bloqué depuis presque trois ans». L’adoption de cet article n’a pas laissé les banquiers indifférents, certains d’entre eux estiment que cette mesure pénalise le développement de l’investissement direct en Algérie pour lequel le gouvernement ne cesse d’adapter ses lois et d’assurer un environnement adéquat.

Les professionnels du secteur financier demandent de remplacer cette interdiction par un ratio qui limite cette intervention, et d’exclure les opérations entre institutions financières de cette interdiction. Ils estiment qu’il est temps d’encourager les banques à développer le marché secondaire des valeurs mobilières, d’éviter la spécialisation des banques, et de favoriser l’émergence des banques universelles.

Ces doléances ont été transmises au chef du gouvernement, M. Abdelaziz Belkhadem, lequel, lors d’une rencontre débat avec les opérateurs économiques arabes, a expliqué que l’Algérie «envisage même l’ouverture du capital d’autres banques publiques dès que les conséquences de cette crise seront connues [« subprime », ndlr)».

«Nous estimons que les banques étrangères installées en Algérie puissent travailler dans d’autres secteurs notamment celui de l’immobilier puisque nous avons constaté que les banques privées se penchent généralement plus vers le crédit automobiles et celui de la consommation», avait-il précisé. Un appel franc de la part du chef du gouvernement aux investisseurs intéressés par le secteur financier.

M. Belkhadem n’a pas omis de rappeler à la même occasion que les lenteurs enregistrées en matière d’octroi d’agrément sont dues «aux perturbations des dates des réunions de la commission chargée du dossier». Présente en Algérie depuis presque deux décennies, la banque El Baraka, initiatrice du produit crédit auto, «a, depuis 2001, financé 71 000 crédit.

La banque est leader dans ce domaine pour les trois dernières années avec un cumul de plus de 24 000 crédits auto», nous a expliqué M. Saïd Karim.

Radia Djouzi, La Tribune (Algérie) 26 Janvier 2008

 
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Publié par le janvier 26, 2008 dans Algérie

 

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