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La finance islamique : un outil de développement équitable, éthique et solidaire.

18 Déc

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 « Tout ce que vous donnerez à usure pour augmenter vos biens aux dépens des biens d’autrui ne les accroît pas auprès d’Allah, mais ce que vous donnez comme Zakat (aumône obligatoire), tout en cherchant la Satisfaction d’Allah, voilà ce qui les multipliera. » Coran 30;39 

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Bancarisation des populations musulmanes et attraction des capitaux Sharia Compliant

Dans les pays musulmans le retour aux principes de l’économie islamique permet d’améliorer le taux de bancarisation des populations qui refusent de recourir aux outils financiers basés sur l’intérêt. De même, la création de structures financières qui opèrent conformément à la Charia permet à ces pays d’attirer les capitaux des pays pétroliers du Golfe dont les opérateurs sont soucieux d’investir dans un cadre licite. La volonté d’attirer les capitaux islamiques est également derrière la décision des autorités britanniques, japonaises et autres de se doter d’outils financiers respectueux de l’Islam.

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En Europe la finance islamique peut être un formidable outil d’intégration des populations émigrées musulmanes

La création de banques conformes à la Charia en Europe – notamment en France, en Belgique et en Hollande pays où réside une importante population immigrée d’origine maghrébine – permettra de développer la  création de projets par la communauté musulmane en Europe et son accession à la propriété de logements. La finance islamique améliorera l’intégration de la communauté musulmane au sein des pays d’accueil en tant que composante productive et non en tant que population inactive vivant des allocations de chômage supportées par le reste de la population. Cette dynamique réduira en partie le déficit des fonds sociaux et atténuera considérablement le sentiment d’exclusion qui se manifeste périodiquement par des accès de violence au niveau des banlieues sur fond d’islamophobie.

Le rapport Arthuis sur le boom des fonds islamiques  présenté au Sénat français en octobre 2007 constate qu’il s’agit d’un marché à très fort potentiel de développement, en croissance de 15 % par an vis-à-vis duquel la City dispose déjà de plusieurs longueurs d’avance : « Il y a là, à l’évidence, matière à réflexion, pour les acteurs européens continentaux et notamment français, la City disposant déjà de plusieurs années d’expérience. En effet, depuis 2004, le Royaume Uni est le seul pays occidental dans lequel la finance islamique est significativement implantée, le gouvernement ayant modifié sa législation [Suppression du double droit de timbre des prêts immobiliers, la banque islamique achetant le bien puis le revendant au client à échéance du prêt] afin de développer ce secteur et de faire de Londres « le portail occidental et le centre mondial de la finance islamique”.

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Pour une finance islamique accessible au grand public et aux PME

« Aujourd’hui, ce qu’on appelle la banque ou la finance islamique représente un marché global de plus d’US $ 500 milliards. Les raisons de cet intérêt nouveau sont multiples. Parmi ces raisons, il y a un facteur que nous ne pouvons ignorer. Après le 11 septembre 2001, les pétrodollars ne sont plus en sécurité dans les banques américaines. Avec l’accroissement des revenus des pétromonarchies, l’émergence de nouvelles puissances financières en Asie et l’enrichissement des populations musulmanes en Occident, il y a un déplacement de capitaux hors des États-Unis. Toutefois, à l’heure de la mondialisation de l’économie libérale, ces fonds se retrouvent vite réinjectés dans le système dominant. D’où la garantie de profits que donnent certaines banques islamiques, comme d’autres assurent des taux d’intérêts. 

L’interdiction de l’usure, y compris les intérêts bancaires, a pour fondement en islam le fait que la richesse ne peut générer de la richesse sans travail et sans risque. Les pauvres ne deviennent pas plus pauvres parce qu’ils sont pauvres. Aujourd’hui, le service de la dette étouffe les pays les plus endettés, comme à l’échelle microéconomique, le remboursement des dettes tue les pauvres. Le résultat est que pendant la deuxième moitié du siècle dernier, le fossé entre les 20% plus riches et les 20% plus pauvres de la planète a plus que doublé. Et il continue de plus belle de grandir !  Comment faire fructifier les fonds islamiques, allant de la zakat aux revenus commerciaux clairement licites, sans compromettre les principes fondamentaux de l’islam, et l’essence même de la responsabilité musulmane vis-à-vis des pauvres ? » (Source : Abu Abdallah, Blog Zarabes)

tariq_ramadan3.jpg Tariq Ramadan

«L’islamologue Tariq Ramadan plaide pour une finance éthique accessible au grand public, et réfute l’approche mercantiliste :  » Cette industrie crée des produits financiers pour les investisseurs musulmans respectueux de la charia, mais ses promoteurs ne font en réalité que remplacer le langage financier classique par une terminologie spécifique » déplore l’islamologue : en gros, on change les noms, mais on fait la même chose ». Ainsi, la finance islamique a réussi, au gré d’une savante ingénierie financière, à trouver des substituts conformes à l’islam à tous les instruments de placement, des plus sûrs aux plus spéculatifs. La forte technicité qui s’est emparée de ce domaine ne doit pas éclipser les vrais enjeux, avertit Tariq Ramadan : « La finance islamique est aujourd’hui un marché lucratif qui utilise ces techniques pour viser à réaliser le même rendement que la finance traditionnelle. Elitiste, cette industrie cible avant tout les fortunes des pétromonarchies, poursuit Tariq Ramadan, tandis que les classes moyennes et les PME musulmanes peinent à trouver des services bancaires respectant leur éthique.

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La banque islamique n’est pas destinée qu’aux musulmans…

« Les services d’une institution islamique ne sont pas destinés qu’aux seuls musulmans. En cela, la banque islamique s’inscrit dans la nouvelle tendance des fonds d’investissement éthique et des financements socialement responsables. Une banque islamique doit respecter non seulement la loi du pays où elle opère, mais doit aussi se conformer aux règles de la loi islamique, la charia. »

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… de même, la finance islamique a beaucoup à apprendre des banques occidentales

« Les banques islamiques doivent abandonner leurs pratiques qui s’apparente à l’usure et s’inspirer du modèle américain du capital risque qui privilégie le partage de profits et des pertes – comme l’exige l’éthique islamique – au lieu des intérêts bancaires. En ce sens la pratique du capital risque par les institutions financières américaines est plus « islamique » que beaucoup des solutions proposées par des banques islamiques qui maquillent leurs produits pour leur donner un semblant de conformité à l’Islam alors qu’il s’agit en fait d’usure. En acceptant de financer des projets avec un esprit de partenaire et non d’usurier les banques islamiques à l’instar des institutions de capital risque occidentales permettront la concrétisation de projets innovants ou à fort potentiel de développement, et créeront des millions d’emplois. » (Source : Muhammad Saleem, former international banker and the author of Islamic Banking: A $300 billion Deception).

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Pour une finance éthique & solidaire

« Tariq Ramadan parle d’éthique islamique en économie, car pour lui, c’est d’abord d’éthique qu’il s’agit. Et l’approche éthique de l’investissement, qui fait défaut à l’heure actuelle, n’est pas l’apanage d’une religion. Le sens de l’équité, la redistribution des richesses (principe de la « zakat » en islam) et l’enrichissement par le seul capital productif tiré du commerce légitime sont des principes éthiques avant d’être islamiques. Ces valeurs élevées existent dans toutes les traditions religieuses et humanistes, et devraient insuffler une pensée renouvelée dans notre pratique de la finance».

« La finance islamique peut largement contribuer à l’instauration d’un système économique juste, qui respecte l’environnement, ne laisse personne sur le bord de la route et participe au développement social. »

 
1 commentaire

Publié par le décembre 18, 2007 dans A la une, Zakat

 

Une réponse à “La finance islamique : un outil de développement équitable, éthique et solidaire.

  1. Bassirou

    décembre 17, 2007 at 10:40

    Je voulais parler de zakat chez nous en Afrique ; ici il y a des gens qui méritent la zakat :il ya la pauvreté et il y a des gens qui son endettés et qui ne savent pas comment payer leurs dettes. Si vous pouvez faire quelque chose pour ça.

     

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