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La Malaisie ambitionne de devenir le hub mondial en matière de finance islamique

01 Sep

Les règles du jeu ont été fixées il y a environ 1 500 ans, mais ce n’est qu’aujourd’hui que la tendance commence à faire rage : le FMI estime que la croissance du secteur de la finance islamique a été en moyenne de 10 % sur les dix dernières années. « C’est dû en partie à une forte demande, dans les pays arabes, de la part d’une jeune génération qui désire adapter son mode de vie aux principes de l’islam », estime Abdulkader Thomas, président de Shape, une entreprise de consultants sur le secteur basé à Dubaï. « Mais on ne peut pas non plus sous-estimer l’importance des pétrodollars qui arrivent en masse sur le marché financier. »

Les principes islamiques se déclinent sur toute la palette des services financiers des banques traditionnelles, des services aux particuliers à l’émission de titres boursiers. Ils sont basés sur les préceptes du Coran et de la Sunna : interdiction de l’usure ou riba, assimilée à l’intérêt pratiqué par les banques ; partage des profits et des pertes entre l’entrepreneur qui emprunte et son prêteur ; prohibition de financement d’activités taboues telles que le jeu… « C’est juste une manière différente d’aborder le métier : plutôt que de vous prêter de l’argent pour que vous achetiez une voiture, je peux vous louer une voiture que j’aurais acheté », simplifie Abdulkader Thomas.

« L’année dernière, quelque 70 % des 50 milliards de dollars de bonds islamiques échangés dans le monde l’ont été en Malaisie », se félicite le vice-ministre des Finances, Awang Adek. Atout clé du pays : le volontarisme gouvernemental. Les politiques en faveur de la finance islamique ont été lancées il y a plus de 40 ans, et le pays surfe sur la vague actuelle, surtout depuis la crise asiatique de 1997, qui lui a appris la nécessité de diversifier son offre en matière financière.

« Branche d’avenir »

Aujourd’hui, les fonds islamiques constituent 12 % de la totalité des fonds bancaires dans le pays. « La Malaisie est le seul pays au monde qui a établi un cadre légal clair concernant la finance islamique. Tout établissement basé ici jouit donc d’une crédibilité inégalée ailleurs dans le monde », soutient Badlisyah Abdul Ghani, président de la branche islamique de la banque malaisienne CIMB.

Dernière innovation : l’ouverture, il y a moins d’un an, d’une école délivrant un diplôme de finance religieuse. Ici, le costume-cravate a détrôné la calotte musulmane, d’autant plus que tous les étudiants ne sont pas musulmans. « Vu à quel point notre gouvernement met l’accent sur ce secteur, c’est la branche d’avenir en Malaisie », résume Kee Wah Soong, un financier quadragénaire d’origine chinoise qui y suit des cours. Pour ce bouddhiste dévoué, cela n’a rien d’un engagement de foi. Simple question de business.

Le Figaro – 1 septembre 2007

 
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Publié par le septembre 1, 2007 dans Asia, International, Malaysia

 

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