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Transferts pas chers…

17 Mai

Transférer de l’argent au-delà des frontières plus vite et à moindre coût, tel est l’un des objectifs de Visa et de Mastercard. Les deux grands réseaux mondiaux de cartes de paiement, qui ont récemment mis au point un service automatisé pour les transferts internationaux par carte bancaire. Les banques françaises devraient proposer ce nouveau service – qui est déjà exploité par les clients de la banque britannique Royal Bank of Scotland ou de l’italienne Cartasi – dès la fin de l’année. Le principe est simple. Il consiste à envoyer de l’argent d’un compte bancaire à un autre à partir d’un numéro de carte de paiement électronique. En pratique, la personne souhaitant transférer des fonds à l’étranger devra s’identifier sur le site Internet de sa banque via son ordinateur ou son téléphone portable. Pour s’assurer du bon déroulement et de la légalité de la transaction, la banque réclame également le numéro de carte du bénéficiaire. La traçabilité de l’opération est donc complète. Ce qui empêcherait le blanchiment d’argent sale.

La méthode offre deux avantages de taille. Outre des délais de transfert de fonds records, les coûts de traitement bancaire sont limités, car les procédures sont entièrement automatisées. Ce qui permet de réduire les frais pour le particulier. Un transfert d’argent par carte ne coûte que quelques euros (moins de 5 euros), quel que soit le montant envoyé. De quoi menacer les systèmes de transfert de fonds traditionnels, comme Western Union et MoneyGram. À titre comparatif, la commission prélevée par Western Union pour un envoi de 1 000 euros est d’environ 50 euros, soit 5 % du montant transféré. Un coût sensiblement équivalent au service de MoneyGram, proposé en France par le Crédit du Maroc et les bureaux de change Travelex. Même la Poste ne peut rivaliser avec Visa et Mastercard. Il en coûte environ 15 euros pour un mandat postal de 1 000 euros, ce qui représente 1,5 % de la somme transférée. Les transferts d’argent classiques de banque à banque sont-ils eux aussi menacés par les deux réseaux ? Toujours est-il que les virements bancaires internationaux restent chers, même s’ils sont moins coûteux que les services traditionnels. De fait, un transfert bancaire de 1 000 euros hors d’Europe coûte environ 20 euros au particulier. La rapidité des transferts est l’autre avantage des services de Visa et de Mastercard. Au lieu d’un délai de deux jours (virement bancaire) à trois semaines (mandat postal) propre aux services classiques, la transaction par carte bancaire est instantanée. Une rapidité équivalente à celle des sociétés spécialisées dans les transferts, mais dont les tarifs sont souvent dissuasifs.

Seul bémol, et il est de taille, les deux solutions de transfert par carte nécessitent la détention d’un compte bancaire par les deux parties. Une condition que ne remplissent pas toujours les destinataires localisés dans des zones géographiques peu bancarisées comme l’Afrique. Dans ce cas, le recours aux services traditionnels, qui couvrent la plupart des pays africains, devient le seul possible. Un particulier peut, via Western Union par exemple, recevoir ses fonds au guichet d’une poste alors que son expéditeur aura effectué le transfert depuis le comptoir d’une banque et inversement. Autre incertitude : le succès de ces solutions par carte dépendra de l’adhésion des utilisateurs aux échanges électroniques, envers lesquels ils manifestent encore certaines réserves. Mais les deux réseaux affichent leur confiance. Selon Mastercard, le marché du transfert d’argent de particulier à particulier sur Internet totalisait 42 millions de transactions en 2000 dans le monde. Il devrait atteindre au moins 4 milliards d’opérations en 2005.

En tout état de cause, les deux réseaux ont bien compris l’intérêt d’investir ce marché à fort potentiel. Clientèle touristique, population étudiante, travailleur expatrié, monde des affaires… L’ouverture des marchés et l’évolution des phénomènes migratoires entraînent une augmentation des transactions internationales. Selon Mastercard, les transferts d’argent de France vont en priorité vers le Portugal (40 %), vers l’Algérie (32 %), le Maroc (16 %), la Turquie (6 %) et la Tunisie (5 %).

Malika Benlatreche, JeuneAfrique.com 17 mai 2004

 
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Publié par le mai 17, 2004 dans International

 

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