Finance islamique : BNP Paribas avance ses pions au Maghreb

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Futur siège BNP Paribas El Djazaïr à Alger – Bab Ezzouar

Après avoir récemment annoncé que la finance islamique constitue désormais une priorité pour sa filiale marocaine, BNP Paribas se lance dans la finance islamique en Algérie. Créée en 2002, BNP Paribas El Djazaïr est une filiale à 100% du Groupe BNP Paribas, et possède aujourd’hui un réseau de 70 agences en Algérie.

BNP Paribas El Djazaïr se prépare à lancer un leasing conforme à la Charia islamique. « BNP Paribas El Djazaïr lance son offre islamique, avec l’Ijara et le compte El Badil. Nous attendons l’accord du régulateur (Banque d’Algérie, NDLR) pour la mise sur le marché », a annoncé le 30 octobre 20014 à TSA son directeur général, Pascal Fevre. L’Ijara est un « leasing islamique conforme aux préceptes de la Charia », précise Rachid Dahmane, responsable de la business unit des financements alternatifs de la banque.

Le leasing halal de BNP est un contrat par lequel la banque acquiert préalablement un bien pour ensuite le louer à une personne ou à une entreprise. Il permet de répondre aux convictions religieuses de certains clients, selon les responsables de la filiale algérienne du groupe bancaire français. «Dans le leasing classique, le client commence à payer un loyer avant de commencer à jouir du bien. Le produit Ijara lui permet d’abord de prendre possession du bien, de jouir et de payer ensuite », explique M. Fevre. Le leasing permet aux entreprises d’acquérir, via la banque, des biens mobiliers. Le crédit immobilier n’est pas concerné par Ijara, précise M. Fevre.

Offrir un produit dans le respect de la Charia

La décision de BNP Paribas Algérie de se lancer dans ce que les banquiers désignent par le financement alternatif, a été motivée par l’attitude de certains clients, réticents à se tourner vers l’offre de financement classique, selon M. Fevre. Ces offres qui intègrent le paiement de taux d’intérêts à la banque sont considérées comme illicites par la Charia.

BNP Paribas El Djazaïr voulait donc offrir à ses clients un produit dans le respect de la Charia, assure son DG. « Notre banque a pour vocation de servir ses clients. Tous ses clients », assure M. Fevre. « Cela nous permet de mieux répondre à ce que l’on attend de nous en Algérie », soutient-il. Pour se lancer dans le financement alternatif, BNP Paribas El Djazaïr a préalablement constitué son comité Charia dès 2012 pour ensuite se conforter à ses exigences. Ses membres sont Cheikh Abou Abdessalam, les docteurs Fares Mesdour et Mohd Daoud Bakar, précise M. Dahmane.

Comment souscrire à l’Ijara ?

Une fois le produit autorisé par la Banque d’Algérie et commercialisé, les clients intéressés pourront se diriger vers n’importe quelle agence BNP Paribas El Djazaïr pour obtenir la démarche à suivre. « Le principe d’instruction est le même que pour le leasing classique », explique M. Dahmane, sauf que tout se fait au sein de la business unit « financements alternatifs », précise Pascal Fevre. Et le Comité Charia est disponible pour répondre aux questions des clients en cas de besoin, assure le responsable des financements alternatifs.

Fevre précise aussi qu’il n’y a pas de limite de valeur du bien à financer avec l’Ijara. « On peut même avoir de « gros dossiers » en Ijara », souligne-t-il. « On va juste devoir s’assurer que le projet du client est compatible avec ses capacités financières », ajoute le DG, en avouant que de nombreuses opérations n’ont pas pu se financer, par le passé, faute de formules répondant à la demande de certains clients. « Au-delà de l’Ijara, nous resterons à l’écoute de nos clients et on renforcera notre offre alternative si les clients en expriment le besoin », assure M. Fevre.

Un nouveau siège flambant neuf

Outre le leasing halal, BNP Paribas El Djazaïr a lancé sa carte Visa en septembre dernier. « 2 000 cartes visas seront distribuées d’ici la fin de l’année », détaille M. Fevre. Le nouveau siège administratif et social de la filiale algérienne du géant bancaire français en construction, dans le quartier des affaires de Bab Ezzouar à l’est d’Alger, sera livré prochainement, selon le même responsable. « Nous allons nous retrouver à plus de 700 personnes à Bab Ezzouar. Le déménagement est prévu à la fin du premier trimestre 2015 », précise M. Fevre. Le siège représente un investissement de plus de six milliards de dinars (60 millions d’euros).

Massissilia Chafai, TSA-Algérie

Leasing islamique en Tunisie : le mois Ijara de Banque Zitouna

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  • L’Ijara est la location d’un bien mobilier ou immobilier, avec la possibilité d’une option d’achat à terme.
  • Organisé du 1er au 30 mars 2014, le Mois Ijara de Banque Zitouna s’adresse principalement aux sociétés et aux promoteurs.

Pour cet événement la Banque Zitouna a rassemblé des promoteurs immobiliers, des prescripteurs, des vendeurs ainsi que des fournisseurs d’équipements, ainsi que leurs clients potentiels, pour présenter des solutions de financement via le produit Ijara conforme aux règles de la finance islamique.

L’Ijara, comment ça marche ?

L’ijara est une technique utilisée pour le financement des investissements immobiliers ou mobiliers (véhicules utilitaires, voitures de service, équipements professionnels, équipements médicaux, etc.). Le client exprime auprès de la banque islamique le besoin d’acquérir un bien immobilier ou des équipements. La banque accorde une procuration au client pour qu’il choisisse le matériel qui lui convient.

Ce matériel sera acheté par la banque,  et sera loué au client moyennant un contrat de location. Le client ne commencera à payer le loyer qu’à la réception du bien. A la fin du contrat de location, le bien reviendra au client, selon un contrat de cession, signé auparavant par les deux parties.

Le contrat Ijara est un contrat souple

L’Ijara permet, par exemple, de prolonger la période de location sans que cela ne se répercute sur le montant du loyer. Il n’y a pas d’indemnités de retard de paiement, contrairement à ce qui se pratique dans les banques classiques. Par ailleurs, en cas de dommage ou de vol du bien, le client cesse tout paiement.

Le transfert de propriété entre la banque et le client, se fait en contrepartie d’un montant symbolique à la fin du bail. Autre option, le client peut décider de réduire ses mensualités en cours de route, et dans ce cas, le montant de la cession sera recalculé par la banque.

Le financement du bien va jusqu’à 100%, selon les risques du projet, et les garanties présentées par le client.

Le programme Ijara de la Banque Zitouna se décline en 4 produits :

  • Ijara Mouaddet Ennakel est une formule de location qui finance l’acquisition de matériel roulant à usage professionnel – qu’il s’agisse d’un véhicule neuf ou âgé de moins de deux ans – comme les utilitaires, les tracteurs routiers, les camions, bus, voitures de services et autres.
  • Ijara Mouaddet Mehnia propose aux clients entreprises et professionnels une formule de location qui finance l’acquisition des biens d’équipements standards et spécifiques tels que les matériels de production, machines-outils, équipements informatiques, bureautique…
  • Ijara Akkarat finance l’acquisition des biens immobiliers à usage professionnel faisant l’objet d’un titre foncier ou d’une promesse de vente de la part d’un promoteur immobilier agréé (dépôt, usine, bureau, boutique…).
  • Ijara Mouaddet Tebbia, une formule lancée par Banque Zitouna à l’occasion du Mois de l’Ijara, finance l’acquisition des biens d’équipement médicaux destinés principalement aux professionnels de la santé tels que les médecins, les dentistes, les cliniques, les radiologues… L’offre concerne tous les équipement à usage médical : lasers échographes, fauteuils de dentiste et équipements dentaires, scanners, matériels de biologie, radiologie…

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Principe du contrat Ijara

La banque (Mu’jir) achète le bien sollicité par le client (Must’ir) et donne au client le droit de l’utiliser et d’en bénéficier pour une période de temps prédéterminée en contre partie d’un loyer convenu d’avance (Ujrah). Le bien reste la propriété de la banque, seul l’usufruit, c’est-à-dire le droit de l’usage, étant transféré au locataire. A ce titre, c’est la banque qui se charge d’assurer le matériel.

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