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Archives de Tag: finance

Une loi régissant la finance islamique en préparation en Tunisie

M. Slim Besbès, secrétaire d’État, chargé des finances, a déclaré, en marge de la rencontre annuelle des services fiscaux et de la finance publique, tenue le 23 janvier 2012 à Tunis, et consacrée à l’étude des dispositions de la loi de finances de 2012 que «la loi de finances complémentaire va prendre en considération les priorités du développement et le programme économique et social du gouvernement provisoire.»

Durant cette rencontre à laquelle ont pris part  des spécialistes en fiscalité et finances publiques, des experts de la direction générale des études et de la législation fiscale au ministère des Finances, ont expliqué certaines clauses et dispositions de la loi de finances 2012.

Selon les spécialistes, la loi de finances 2012 comporte, trois mesures fiscales importantes à savoir : la prorogation du délai de l’amnistie fiscale jusqu’au 30 juin 2012 au lieu du 31 décembre 2011, la mise en place d’un régime favorable à la finance islamique et l’encouragement des établissements de crédits à soutenir davantage les entreprises endommagées par les derniers événements survenus en Tunisie, moyennant l’institution d’incitations fiscales.

A cette occasion, M. Lotfi Bouaîcha, représentant du ministère des Finances, a indiqué que la loi de finances complémentaire va comporter d’autres mécanismes de la fiscalité islamique, notamment la Moudharaba, la Moucharaka et les sukuk islamiques.

Ces derniers sont des obligations islamiques liées à des actifs tangibles permettant de financer des projets gouvernementaux sans l’intervention de l’État, constituant, de ce fait, un investissement direct étranger, sans effet sur l’endettement de l’État.

Il a ajouté qu’une loi régissant la finance islamique sera publiée prochainement et expliquera les mesures de la  loi de finances 2012, soulignant que l’instauration d’une finance islamique, en Tunisie, exige des solutions aux principales entraves, notamment celle de la dualité des mesures.

RIBH

 
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Publié par le janvier 24, 2012 dans Tunisie

 

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Loi de Finances 2012 : instauration d’un régime fiscal spécifique à la finance islamique en Tunisie

Ministère des Finances

En Tunisie, la loi de finances pour l’année 2012 introduit une série de mesures relatives à la finance islamique.

Définition des concepts

- La Mourabaha : Elle consiste en une transaction en vertu de laquelle le créancier (la banque) achète un actif donné pour le compte d’un client (le débiteur). Par la suite, la banque revend cet actif au débiteur moyennant des paiements échelonnés sur une période donnée à un prix convenu d’avance entre les deux parties.

- Salam (« la vente al-Salam ») : C’est un contrat de vente avec livraison différée et paiement comptant. La banque intervient comme acheteur d’une marchandise qui lui sera livrée à terme pour son client. Cette formule doit faire l’objet de deux contrats indépendants l’un de l’autre : le premier engage l’institution financière à acheter les marchandises auprès du fournisseur en contrepartie d’un paiement au comptant : la nature et la quantité de la marchandise  doivent être déterminées dans le contrat, ainsi que les modalités et les délais de livraison. Le deuxième est un contrat de vente conclu avec l’acheteur soit par un paiement au comptant ou par des versements échelonnés.

- Istisna’a : C’est un contrat financier permettant à l’acheteur de se procurer des biens qu’il se fait livrer à terme. A la différence du salam, dans ce type de contrat, le prix convenu à l’avance est payé graduellement tout au long de la fabrication du bien. Les modalités concrètes du paiement sont déterminées par les termes de l’accord passé entre l’acheteur et le vendeur.

- Ijara : Cette opération s’apparente à une location-vente ou à un crédit-bail. Le créancier (la banque) achète des biens qu’il loue à un client avec, pour celui-ci, une possibilité de rachat au terme du contrat.  

4-2 Régime fiscal institué par la loi de finances pour l’année 2012

4-2-1    Extension du régime fiscal applicable aux opérations de leasing aux opérations de financement « Ijara » réalisées par les établissements de crédit.

Ces mesures consistent dans :

1. La déduction pour la détermination du bénéfice imposable, des amortissements des actifs immobilisés exploités dans le cadre des contrats de « Ijara » sur la base de la durée du contrat. Cette durée ne doit pas être inférieure à la durée minimale fixée par le décret n° 2008-492 du 25 février 2008, fixant les taux maximum des amortissements linéaires et la durée minimale des amortissement des actifs exploités dans le cadre des contrats de leasing et la valeur des actifs immobilisés pouvant faire l’objet d’un amortissement intégral au titre de l’année de leur utilisation ;

2. L’enregistrement au droit fixe de 15 dinars par page des contrats de vente d’immeubles conclus entre les établissements de crédit et le preneur dans le cadre d’opérations de « Ijara », que la vente soit faite au cours de la durée de location ou à son terme ;

3. La détermination de l’assiette soumise à la TVA : à ce titre, la taxe sur la valeur ajoutée est liquidée sur la base de tous les montants dus au titre des opérations de « Ijara » réalisées par les établissements de crédits ;

4. La déduction de la taxe sur la valeur ajoutée due sur les opérations soumises, le montant de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé les achats d’équipements, matériels et immeubles destinés à être exploités dans le cadre des contrats de « Ijara » et ce, nonobstant l’enregistrement comptable de ces achats ;

5. Le bénéfice des mêmes avantages et exonérations accordés en vertu de la législation en vigueur au titre de l’acquisition des équipements, matériels et immeubles dans le cadre des contrats de « Ijara » ;

6. L’exonération de la retenue à la source au taux de 50% au titre la TVA due sur les montants payés par les services de l’Etat, les collectivités locales, les entreprises et établissements publics dans le cadre des contrats de « Ijara » ;

7. L’exonération de la retenue à la source au taux de 1,5% due sur les montants payés dans le cadre des contrats de « Ijara » ;

8. La suspension de la taxe sur la valeur ajoutée au titre des redevances de loyers relatifs aux biens qui bénéficient d’un avantage en matière de TVA et acquis dans le cadre des contrats de « Ijara » ;

9. Le bénéfice des mêmes avantages et exonérations accordés en vertu de la législation en vigueur au titre de l’acquisition des équipements, matériels et immeubles dans le cadre des contrats de « Ijara ».

4-2-2    Extension du régime fiscal applicable aux opérations de financement par crédit bancaire aux opérations de vente « mourabaha », « istisna’a » et « salam » réalisées par les établissements de crédit.

Ces mesures consistent dans :

1. L’exonération de la TVA de la marge bénéficiaire résultante de la différence entre le prix de cession et le prix d’achat dégagée dans le cadre des opérations de vente « mourabaha », « istisna’a » et « salam » réalisées par les établissements de crédit. Il va sans dire que les commissions bancaires demeurent soumises à ladite taxe au taux en vigueur ;

2. La déduction par les clients des établissements de crédit de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé leurs achats nécessaires à l’exploitation auprès desdits établissements réalisés dans le cadre des contrats de ventes « mourabaha », « istisna’a » et « salam » et ce, à condition que le montant de la TVA supportée par l’établissement de crédit soit porté sur la facture ou le contrat de vente ;

3. L’enregistrement au droit fixe de 15 dinars par page des contrats de vente d’immeubles conclus entre les établissements de crédit et le preneur dans le cadre d’opérations de vente « mourabaha », « istisna’a » et « salam » ;

4. L’exonération du droit de 1% au titre de la conservation de la propriété foncière des contrats de ventes « mourabaha » et contrats de vente « istisna’a » portant constitution ou mutation de tout droit réel immobilier de l’établissement de crédit à ses clients ;

5. L’exonération de la retenue à la source au taux de 1,5% due sur les montants payés dans le cadre des contrats de vente « mourabaha », contrats de vente « istisna’a » et des contrats de ventes « salam » ;

6. L’exonération de la retenue à la source au taux de 50% au titre la TVA due sur les montants payés par les services de l’Etat, les collectivités locales, les entreprises et établissements publics dans le cadre des contrats de vente « mourabaha », « istisna’a » et « salam » ;

7. L’Exonération des droits d’enregistrement des contrats de vente « salam » conclus par les établissements de crédit ;

8. Le bénéfice des mêmes avantages et exonérations accordés en vertu de la législation en vigueur au titre de l’acquisition des équipements, matériels et immeubles dans le cadre des contrats de vente «mourabaha» et  «istisna’a».

Source : Leaders

 
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Publié par le janvier 22, 2012 dans Tunisie

 

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L’Association Tunisienne de la Finance Islamique (ATFI) organise une conférence sur l’Ijara

Ijara : concepts et applications, est le thème choisi pour la deuxième Conférence internationale de l’Association tunisienne de la finance islamique (ATFI), qui s’est tenue les 21 et 22 janvier 2012, à Tunis.

M. Ali Tebib, membre et consultant de l’association, précise que le contrat d’Ijara, qui implique la mise à la disposition d’un bien moyennant un loyer, est un produit financier islamique qui se caractérise par sa souplesse par rapport à la Mourabaha. En effet, a-t-il expliqué, contrairement à la Mourabaha, qui consiste en un contrat de vente, au prix de revient majoré d’une marge bénéficiaire connue et convenue entre le vendeur et l’acheteur, le produit Ijara est variable, dans le sens où il peut être modifié, dans le temps, suivant les exigences de la situation économique du locataire ou de l’acheteur.

M.Tebib indique que l’Ijara, selon la Charia (droit musulman), consiste en un contrat de location, accompagné d’une promesse de vente, stipulant que le propriétaire de l’objet est responsable de tout dommage, survenant, ultérieurement, contrairement au système de leasing actuel. A l’inverse, le leasing est basé sur un contrat unique combinant, à la fois, vente et location, par le propriétaire. Ce dernier est vendeur, vu qu’il n’assume aucune responsabilité future, quant à l’objet du contrat, mais, en même temps, il est perçu, comme propriétaire, puisqu’il reçoit la commission de la vente de prestation.

Pour les banques qui envisagent de s’orienter vers la finance islamique, Mme Amri, Présidente du bureau exécutif de l’ATFI propose que celles-ci mettent en place des agences spécialisées dans les transactions islamiques. A ce sujet, Mme. Amri annonce que l’association compte examiner avec "Amen Bank" la question de la bancarisation islamique et les méthodes permettant le passage de la finance classique à celle islamique.

Parmi les thèmes débattus au cours de la deuxième Conférence internationale de l’ATFI, il y a lieu de citer:
•    "L’importance de l’Ijara, dans les transactions financières islamiques".
•    "Ethique et déontologie des transactions financières islamiques".
•    "L’Ijara et son rôle, dans le développement".

Source: Babnet – Rewriting: RIBH.

 
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Publié par le janvier 22, 2012 dans Tunisie

 

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Qatar International Islamic Bank souhaite créer une banque islamique au Maroc

Qatar International Islamic Bank QIIB - Maroc

  • QIIB souhaite créer une banque et une assurance islamique au Maroc

Le premier ministre marocain désigné, Abdelilah Benkirane, a reçu samedi 10 décembre 2011 Khalid bin Thani al-Thani, président de Qatar International Islamic Bank (QIIB) et vice président du patronat qatari, accompagné de Abdulbasit al-Shaibei PDG de QIIB.

Les entretiens ont porté sur la perspective d’établir une banque islamique et une assurance islamique au Maroc, ainsi que sur le renforcement de la coopération entre les deux pays notamment en matière d’investissements Qatari au Maroc.

La délégation qatarie a suggéré l’établissement d’un partenariat (joint venture) pour la création d’une banque islamique et d’une compagnie d’assurance dont le capital serait détenu à hauteur de 51% par des actionnaires marocains et de 49% par des fonds du Qatar. La banque projetée serait dédiée à l’activité de banque d’investissement Charia compatible.

Le président de Qatar International Islamic Bank a indiqué que l’ouverture de banques islamiques au Maroc répondrait à la demande croissante pour les services de finance islamique, de plus en plus de marocains exprimant leur préférence pour ce type de transactions.

Présentant les performances et les réalisation de QIIB, son président a souligné que la banque fournit des services financiers solides aux secteurs public et privé qataris et internationaux. Il a également décrit les diverses réalisations de Qatar International Islamic Bank, ainsi que les services bancaires et financiers fournis par les secteurs public et privé qataris au Qatar et dans le monde, ainsi que les solutions de financement innovantes proposés aux clients.

Souhaitant la bienvenue à la délégation, le premier ministre marocain a exprimé son souhait de renforcer les liens bilatéraux et souligné que la réussite de Qatar International Islamic Bank et de son business modèle pourraient être reproduits au Maroc. Benkirane a affirmé que « le Maroc souhaite bénéficier de l’expertise de QIIB dans le domaine de la finance islamique afin de dynamiser le secteur bancaire marocain et de répondre aux attentes des actionnaires et des clients ».

QIIB a confirmé dans un communiqué que le Maroc est attractif en matière d’investissement en raisons des opportunités et du climat d’affaires dans le pays, ainsi que de la proximité du pays des marchés européen et africain.

 
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Publié par le décembre 12, 2011 dans Maroc, Qatar

 

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Maroc : pour un printemps arabe de la création d’entreprise

Au lendemain de la victoire aux élections législatives marocaines de novembre 2011 du Parti de la Justice et du Développement (PJD) – dont les positions favorables à la finance islamique sont connues – il nous a semblé opportun de republier cet article qui présente un programme d’envergure pour l’accélération de la création d’entreprise au Maroc à travers le financement Moucharaka. En démocratisant la création d’entreprise, le programme « Moucharaka » permettra la création de dizaines de milliers d’emplois.

Révolutionner le financement de la PME pour vaincre le chômage

La question du chômage des jeunes figure parmi les priorités du nouveau gouvernement et l’Etat marocain ne peut absorber l’essentiel des effectifs qui arrivent sur le marché du travail. Les petites et moyennes entreprises (PME) constituent le principal gisement potentiel d’emploi à condition de démocratiser la création d’entreprise.

Le niveau quantitatif et qualitatif de création d’entreprises nécessaire pour répondre au chômage des jeunes, passe par l’adoption d’une approche audacieuse du financement des projets. Les banques marocaines doivent être autorisées et encouragées à développer les financements participatifs, principalement la « Moucharaka », instrument de capital risque issu de la finance islamique et basé sur le principe de partage des pertes et des profits. Le programme « Moucharaka » permettrait de financer la création de dizaines de milliers d’emplois.

Les banques marocaines sont déjà les plus actives de la région MENA (Middle East & North Africa) pour le financement des PME et elles ont développé dans ce domaine un savoir faire précieux. Mobilisée dans le cadre de la finance participative, cette expertise ouvrira pour le Maroc une voie royale pour relancer l’ascenseur social et mobiliser les énergies d’une nouvelle génération d’entrepreneurs.

Un programme national de financement de la création d’entreprise par Moucharaka permettra de dépasser les contraintes classiques d’insuffisance des fonds propres des promoteurs et d’absence de garanties, tout en dynamisant la genèse de projets performants.

Bank Al-Maghrib a précédemment décliné plusieurs demandes d’agrément de banques islamiques étrangères qui souhaitaient s’implanter au Maroc, en invoquant notamment que l’octroi d’une telle autorisation devrait être accompagné d’un projet industriel par la banque requérante. Le programme « Moucharaka » envisagé constitue à cet égard un "projet industriel" d’envergure nationale.

Quatre ans après l’autorisation par Bank Al-Maghrib de la commercialisation des produits « alternatifs » Mourabaha, Ijara et Moucharaka, aucune banque marocaine n’a encore pris l’initiative de proposer le financement par Moucharaka ! Aujourd’hui, alors que la question du chômage des jeunes figure au rang des priorités nationales, il est temps que les banques marocaines engagent tout leur poids dans la bataille nationale pour l’emploi.

Le programme Moucharaka constituera une opportunité majeure pour les banques marocaines de mettre leur expertise au service du financement de la création d’entreprise. D’autant que le financement par Moucharaka est tout aussi rentable que la finance conventionnelle, tout en favorisant la redistribution des richesses et la cohésion sociale.

Définition de la Moucharaka

Selon la directive de Bank Al-Maghrib de 2007, la Moucharaka est un contrat ayant pour objet la prise de participation, par un établissement de crédit, dans le capital d’une société existante ou en création, en vue de réaliser un profit. Les deux parties participent aux pertes à hauteur de leur participation et aux profits selon un prorata prédéterminé. Ce mode de financement est la version halal du capital investissement, basé sur le partage des pertes et profits.

La directive de Bank Al-Maghrib distingue deux formes de Moucharaka. La première, Moucharaka Tabita (fixe) oblige la banque et son client à rester partenaires dans la société, jusqu’à l’expiration du contrat. La Moucharaka Moutanaqissa (dégressive) permet à l’établissement de crédit de se désengager de cette société au fur et à mesure de l’avancement du projet. La banque ne supporte que le risque lié à son apport dans la société commune.

Le contrat de Moucharaka doit mentionner la forme de l’opération Moucharaka (Tabita ou Moutanaqissa). Il prescrit également le montant du capital et le pourcentage détenu par chacune des parties (la banque et son client), ainsi que la nature des apports (numéraire ou en nature). Il mentionne ensuite les modalités de répartition des bénéfices, sur la base d’un prorata convenu.

Le client, assurant seul la gestion du projet, doit inscrire dans le contrat les garanties qu’il apportera pour couvrir les éventuelles pertes liées à sa négligence. Les conditions de dissolution de la Moucharaka doivent également être prescrites dès le départ. «Dans le cas de Moucharaka Moutanaqissa, le contrat doit spécifier en plus les modalités de reprise par l’établissement de crédit de sa participation». Enfin, la directive prévient que le contrat de Moucharaka Tabita ne doit en aucun cas garantir à l’une des parties la récupération de son apport, quel que soit l’aboutissement de l’opération.

La Moucharaka Moutanaqissa permet à la banque de financer entièrement le projet et de se désengager progressivement au profit du promoteur

Le développement à grande échelle de la Moucharaka suppose une révision fondamentale des conditions d’agrément des dossiers de financement : la qualité des projets et la compétence des promoteurs doivent être les critères exclusifs de sélection.

Pour attirer un maximum de talents, aucun apport en capital ne sera demandé aux promoteurs qui fourniront leur compétence, leur énergie et tout leur temps de travail à la réussite du projet financé.

La formule de Moucharaka Moutanaqissa (participation dégressive) permet à la banque de financer entièrement le projet et de se désengager progressivement au profit du promoteur qui assume seul la responsabilité de la gestion de la société créée. Il y a lieu de souligner à cet égard que dans le cadre d’un projet viable, la rentabilité de la Mousharaka est supérieure pour la banque au rendement d’un crédit conventionnel.

Les banques qui investiront directement dans les sociétés financées seront partie prenante à leur réussite et à leur rentabilité. A ce titre, elles devront se doter d’unités constituées de managers qualifiés pour assurer la supervision des projets financés, depuis la validation des business plans jusqu’au contrôle de gestion.

L’Etat sera sollicité pour apporter sa garantie afin d’encourager l’implication des banques. Aucune autre garantie matérielle ou financière ne pourra être exigée des promoteurs, si ce n’est l’engagement de leur responsabilité en cas de négligence grave ou d’infraction à la législation.

Les banques marocaines sont leaders au sein de la région MENA pour le financement des PME. Le développement du financement participatif par « Moucharaka » peut convertir cette expertise en gisement de croissance.

La performance comme unique critère de sélection

Toute restriction sans réelle incidence sur la viabilité du projet financé est superflue : ni l’âge, ni les diplômes, ni même la nationalité du promoteur n’ont d’importance, l’essentiel est que les promoteurs aient le bon profil pour conduire le projet et que celui-ci crée des emplois et contribue au développement du pays.

L’expérience Moukawalati, basée sur la promotion massive de l’auto-emploi, s’est confrontée à la rareté des projets porteurs et des promoteurs qualifiés. Le programme « Moucharaka » adoptera une approche basée sur l’identification de projets moins nombreux, mais plus consistants, appuyée par une démarche rigoureuse de sélection de promoteurs qualifiés.

La priorité sera donnée aux projets qui s’inscrivent dans une vision de développement durable, créant un minimum de 10 emplois stables, notamment les projets à caractère commercial relevant de l’une des catégories suivantes:

  • Projets qui contribuent à la préservation de l’eau ou de l’environnement.
  • Projets « Maroc Vert » : filières agricoles, reboisement, activités en milieu rural…
  • Projets contribuant au développement ou au désenclavement des régions défavorisées.
  • Secteur des énergies renouvelables (solaire, éolien…).
  • Techniques de construction contribuant à l’efficacité énergétique.
  • Projets exportateurs de produits ou de services.
  • Ecotourisme, artisanat et tourisme culturel.
  • Secteur de la formation et de l’enseignement privés.
  • Médecine et activités paramédicales.
  • Tout projet permettant l’intégration des diplômés de l’enseignement supérieur.
  • etc.

Une plateforme Moucharaka pour « industrialiser » la création d’entreprise

Afin de donner au programme Moucharaka l’impulsion nécessaire pour atteindre le niveau souhaitable de création d’entreprises et d’emplois, il faudra en confier le pilotage à une plateforme dédiée qui interviendra comme catalyseur de la création d’entreprise en industrialisant le processus d’identification et de sélection des projets.

Cheville ouvrière du programme « Moucharaka » cette plateforme aura pour mission de multiplier les projets bancables en identifiant et en suscitant les opportunités de création d’entreprises, et en épaulant les promoteurs dans leur démarche d’obtention du financement.

La plateforme Moucharaka procédera à une prospection méthodique des opportunités d’investissement en activant un réseau de veille impliquant les grandes entreprises, les organisations socioprofessionnelles, les banques, les instances régionales, les agences de coopération internationale, les agences gouvernementales, etc. La plateforme Moucharaka oeuvrera parallèlement à la généralisation des filières de création d’entreprise au niveau des instituts supérieurs de formation.

Sous l’impulsion de la plateforme Moucharaka , une assistance technique et managériale sera apportée aux promoteurs par des opérateurs partenaires spécialisés en matière de recrutement, de formation continue, de coaching, de démarche qualité, etc. dans le but d’optimiser les conditions de réussite des entreprises.

Afin de permettre une mobilisation durable à la mesure des enjeux, une large action de communication à l’échelle nationale, en partenariat avec les banques participantes, sensibilisera les promoteurs potentiels à l’opportunité de créer leur entreprise en bénéficiant du financement intégral de leur projet par Moucharaka.

Pour soutenir le programme Moucharaka, il serait judicieux que Bank Al-Maghrib publie une directive qui précise la nature des fonds pouvant être affectés par les banques au programme Moucharaka (dépôts à vue non rémunérés, capitaux propres, etc.), afin de permettre aux banques d’adopter l’appellation «المشاركة، التمويل الشرعي للمقاولات الصغيرة والمتوسطة» plus explicite que celle de financement alternatif «التمويل البديل». Des dispositions réglementaires encourageront les banques à s’impliquer dans le programme Moucharaka et institutionnaliseront les modalités de contrôle de la gestion des PME financées.

Enfin, le programme « Moucharaka » adoptera une approche transversale qui permettra de l’articuler avec les plans de développement sectoriels déjà initiés au niveau national, ainsi qu’avec les instances issues de la régionalisation avancée.

Halsaâ Benzha
Spécialiste en création d’entreprise
Fondateur du Journal de la finance islamique RIBH


 
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Publié par le décembre 11, 2011 dans Maroc

 

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Services bancaires et finance islamique en Afrique du Nord

Dans sa nouvelle publication, Services bancaires et finance islamique en Afrique du Nord, la Banque africaine de développement évalue les activités bancaires islamiques dans la région et explique pourquoi leur utilisation est encore limitée à ce jour. Le rapport analyse le potentiel de la finance islamique, notamment pour les objectifs de développement de l’Afrique du nord, et sa capacité d’accroître la diversification des sources de financement.

Le rapport analyse l’effet des opérations de la finance islamique sur la répartition équitable des risques et des rendements entre fournisseurs et utilisateurs des fonds. Enfin, Services bancaires et finance islamique examine en outre la possibilité pour les contrats de la finance islamique de promouvoir les objectifs de développement des pays nord-africains

Services bancaires et finance islamique en Afrique du Nord

Islamic Banking and Finance in North Africa

In its new publication, Islamic Banking and Finance in North Africa, the African Development Bank assesses the state of Islamic banking in the region and explains why its use has been limited. The report considers the future potential of Islamic finance, including its possible alignment with North Africa’s development goals, particularly its ability to increase the diversification of funding sources.

The report takes into consideration the effect of Islamic banking’s focus on the equitable distribution of risk and returns between suppliers and users of funds. Islamic Banking and Finance in North Africa goes further by exploring whether Islamic-style finance contracts could contribute to the development objectives of North African countries.

Islamic Banking and Finance in North Africa


 
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Publié par le octobre 16, 2011 dans Maghreb, Maroc

 

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Formation des Imams à la Finance Islamique aux Etats Unis

100 leaders religieux ont suivi 2 mois de formation à la Finance Islamique.

Que faut il pour amener 7 millions de Musulmans Américains à la Finance Islamique ? Former 100 imams aux principes et à la pratique de la finance halal est un premier pas vers cet objectif, que les fondateurs de l’American Islamic Finance (AIF) Project ont accompli avec succès en 2011. Fondé conjointement par Ethica Institute of Islamic Finance, Guidance Financial, et Islamic Society of North America, le projet AIF vise à promouvoir la finance conforme aux standards islamiques parmi les communautés musulmanes d’Amérique du Nord.

Le programme de formation a démarré avec un discours inaugural de Mufti Taqi Usmani, président de l’AAOIFI (Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions), principale organisation internationale de normalisation de l’industrie de la finance islamique. Selon le représentant d’Ethica Institute, "les musulmans américains s’adressent à leurs imams pour toute sorte d’informations.  En fournissant à ces imams une formation directe dans l’application pratique de la finance islamique, Ethica Institute les dote d’une compréhension des normes globales de cette industrie."

Le programme de formation des imams proposé par Ethica Institute vise à devenir annuel. Ce programme comporte des sessions de formations en ligne (e-learning), des études de cas, des exercices, des examens, ainsi que des sessions intensives de formation conventionnelle en classes de cours. Les banques ayant moins recours à la formation conventionnelle au profit de la formation en ligne, la formation en finance islamique est désormais plus accessible au niveau international.

RIBH

Read also : More Americans attracted by Islamic home financing

Ethica Institute of Islamic Finance        

With over 20,000 paid users in more than 40 countries in 2011, Ethica is the world’s leading accredited Islamic finance training and certification institute, with more learners than any other Islamic finance organization in the world. Ethica remains the only institute in the world to deliver standardized certification based entirely on the Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions (AAOIFI), the leading standard-setting body in the industry.

Guidance Residential                                                  

Guidance is the leading US provider of Sharia-compliant home financing with over $2 billion in home financings. It is a subsidiary of Guidance Financial Group, an international company dedicated to serving the market for Sharia-compliant financial products and services. Guidance Financial Group offers unique investment products to institutional investors and financial intermediaries worldwide, and provides financial services to its retail customer base in the United States.

Islamic Society of North America

ISNA is an association of Muslim organizations and individuals that provides a common platform for presenting Islam, supporting Muslim communities, developing educational, social and outreach programs and fostering good relations with other religious communities, and civic and service organizations.

 
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Publié par le août 2, 2011 dans America - Canada, USA

 

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