Un besoin urgent de former les banquiers à la finance islamique

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Avec la montée en puissance de la finance islamique à l’échelle internationale, il y a un besoin urgent de former les banquiers aux techniques et aux produits de la finance islamique affirme Omar Azmi, directeur général de l’IRTI – Islamic Research and Training Institute, membre du groupe Banque Islamique de Développement.

Ceci est du à un manque de connaissance général de la finance islamique qui n’est pas un sujet du tronc commun des cursus universitaires et à un manque de ressources humaines qualifiées pour la gestion des institutions de finance islamique. Il en résulte une incapacité pour beaucoup de banquiers à bien comprendre les différences qui existent entre les produits islamiques et les produits conventionnels.

En dehors des universités, les banquiers peuvent recevoir des formations adaptées dans les centres de formation privés. « Quand je parle de banquiers, j’inclus aussi les régulateurs parce que les régulateurs doivent comprendre la finance islamique avant de pouvoir réguler une banque islamique. »

Le manque de formation et l’insuffisance de ressources humaines qualifiées sont étroitement liés, et concernent des sujets importants comme la gestion des liquidités par les banques islamiques et leur capacité à financer leurs investissements.

Parmi les autres questions importantes, on peut citer l’utilisation des sukuk, aussi bien pour le financement de projets à long terme que dans le cadre du développement de l’industrie du Takaful, ainsi que la nécessité pour chaque pays de s’inspirer des expériences réussies au niveau d’autres pays.

Dans le cas des banques commerciales qui ont choisi d’offrir des produits de finance islamique, dans la mesure où elles respectent les normes développées par l’IFSB – Islamic Financial Services Board et l’AAOIFI – Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions, ces institutions ne devraient pas être confrontées à des difficultés en matière de conformité à la Charia, même pour celles qui sont filiales de banques conventionnelles, a-t-il ajouté.

Avec le support de la Banque Islamique de Développement, et l’intérêt croissant pour la finance islamique d’institutions internationales telles que la Banque Mondiale et le FMI – Fonds Monétaire International, on peut espérer que celle-ci atteindra un jour un niveau de développement similaire à celui de la finance conventionnelle, conclu le directeur général de l’IRTI.

RIBH

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