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La révolution bancaire islamique

Les systèmes bancaires et monétaires actuels ont fait leur temps et ne servent plus que les intérêts des banquiers.  Il faut revenir à l’étalon or et mettre à plat le système en annulant tous les intérêts dus aux banques par les particuliers, les entreprises et les Etats.

Clés pour un nouveau système financier

L’usure prohibée par la Bible ou le riba interdit par le Coran concernent l’argent réellement prêté. Les intérêts bancaires sont pires que l’usure et le riba puisqu’ils sont basés sur une fraude économique qui permet aux banques – par un jeu d’écritures – de se rémunérer sur un argent dont elles ne disposent même pas comme expliqué dans les célèbres vidéos "L’argent dette" :


A l’heure où le système financier international menace de se désintégrer sur fond de guerre des monnaies, les gouvernements impuissants face à l’élite financière jouent la fuite en avant, en créant toujours plus de dette pour maintenir le système dans un état de coma artificiel.

Pourtant, la finance islamique dispose des instruments pour bâtir un système financier durable à même d’assurer un avenir sans dettes aux futures générations.

Directement inspirées des principes de la finance islamique, les cinq mesures suivantes permettraient de passer d’un système économique prédateur basé sur l’accaparement à un système créateur de valeur où la richesse circulera avec fluidité :

  1. La mesure préalable – qu’on pourrait qualifier de mesure de salut public – consiste à annuler les intérêts restants sur tous les prêts dus aux banques par les particuliers, par les entreprises et par les Etats. Comme ce fut le cas lorsque l’Islam interdit le Riba, seul le principal des prêts existants devra être honoré. Il est en effet mathématiquement impossible de rembourser tous les intérêts bancaires : le système se maintient uniquement par la fuite en avant, quitte à asservir les individus et les Etats par toujours plus de dette.
  2. La deuxième mesure fondatrice est le rétablissement du monopole de la création de l’argent par l’Etat (l’équivalent du Bayt-ul maal islamique). La débancarisation de la création monétaire libérera l’économie du piège de la dette sans fin.
  3. La troisième mesure consiste à rétablir la convertibilité de la monnaie en or et en argent (équivalent au système monétaire islamique bi-métallique).
  4. La quatrième mesure porte sur l’interdiction aux banques de s’engager dans des investissements purement spéculatifs (principe d’interdiction du gharar et du mayssir).
  5. La cinquième mesure consiste à réorienter les banques vers le financement des activités productives et commerciales, dans la limite des capitaux dont elles disposent réellement (principe d’adossement des financements à des actifs tangibles et à l’économie réelle).

Ces mesures permettront un développement durable et maîtrisé. Elles ne posent pas de difficulté technique particulière de mise en oeuvre : le problème réside entièrement dans le rapport de force entre le pouvoir financier et le pouvoir politique. Les puissants acteurs de la finance mondiale feront tout pour empêcher une telle réforme. Seule une mobilisation efficace des citoyens peut obliger les politiques à remettre l’individu au coeur du système financier.

Un retour au Gold Standard ?

Le président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick, a créé la surprise en appelant à un retour partiel au Gold Standard pour reconstruire un système monétaire international à bout de souffle et condamné à être réformé. Cette initiative, qui intervient au moment où le cours de l’or atteint des records historiques, a été accueillie avec scepticisme par la plupart des experts qui ont souligné la difficulté à mettre en œuvre une telle réforme.

Les statuts du Fonds Monétaire International (article IV – Section 2b) interdisent aux Etats membres d’adosser la valeur de leur monnaie à l’or. Née des accords de Bretton Woods, cette disposition irrationnelle a conduit à l’émergence d’un système monétaire international basé sur le dollar qui a permis aux Etats-Unis de piller pendant 50 ans les richesses mondiales opérant en toute « légalité » le plus grand hold-up de l’histoire de l’humanité. Ce système a aujourd’hui atteint les limites de l’absurde, le président de la FED, la banque centrale américaine, Ben Shalom Bernanke, étant désormais surnommé « Helicopter Ben » – sa politique budgétaire se résumant  à larguer des quantités phénoménales de dollars sur le marché – faisant supporter la dette américaine au reste du monde.

Sachant que les Etats-Unis possèdent le plus grand stock d’or mondial, et que l’économie américaine est aujourd’hui sinistrée, l’initiative de l’américain Robert Zoellick n’est pas désintéressée, pas plus que les réactions peu enthousiastes qu’elle à suscitées, chaque pays cherchant à préserver ses intérêts, qui varient en fonction de la structure de sa balance des paiements. Pourtant il n’échappe à personne qu’une refonte du système monétaire international est indispensable alors  que les signaux d’alerte se multiplient.

Il y a lieu de signaler à cet égard que la Chine et la Russie ont annoncé le 23 novembre 2010 leur décision de ne plus utiliser le dollar pour leur commerce bilatéral. Le président chinois Hu Jintao a qualifié l’organisation actuelle du système monétaire international de "produit du passé".

Signe des temps, c’est le député Ron Paul, virulent critique de la FED aux États-Unis depuis trois décennies, notamment pour son recours excessif à la planche à billet – il a publié en 2009 le livre "End the Fed" – qui présidera à partir de janvier 2011 le sous-comité de la politique monétaire domestique de la Chambre des représentants auquel le président de la Fed, Ben Shalom Bernanke, devra rendre compte. Ron Paul a affirmé le 14 décembre 2010 et confirmé devant le congrès américain son intention de restaurer le cours légal de l’or et de l’argent métal comme mode de paiement aux Etats-Unis, à côté des billets de banque.

Mahathir Mohammed, ex premier ministre et architecte du système bancaire islamique malaisien – qui est le plus sophistiqué au monde – estime que si l’utilisation généralisée de l’or comme devise nationale peut aujourd’hui s’avérer difficile, il préconise d’utiliser l’or au niveau du règlement du commerce international, lequel implique des montants importants. Les mouvements d’or physique peuvent être minimisés à travers un système de compensation dans lequel le commerce bilatéral entre pays se traduirait par l’inscription du solde de la balance or au passif du pays déficitaire au profit du pays excédentaire. Le transfert physique de l’or ne porterait que sur le solde de la balance des paiements et ne représenterait qu’une petite portion de la valeur totale des échanges. Ce système de compensation a déjà été utilisé avec succès pour les règlements par chèque.

Pour Michael Maloney, expert en métaux précieux spécialiste des cycles économiques, un retour au Gold Standard, apporterait moins de sécurité qu’un système basé sur l’or métal et sur l’argent métal : avec le Gold Standard les gouvernements seront tentés de restreindre ou de manipuler la convertibilité de la monnaie pour déposséder leurs citoyens ou s’approprier injustement les richesses d’autres pays. Michael Maloney estime que seul un système monétaire international bi-métallique basé sur l’or métal et l’argent métal – y compris dans leur version électronique – est à même de protéger la valeur de l’épargne et l’intégrité de la richesse des individus (voir la vidéo en anglais).

L’économiste Philippe Simonnot plaide pour « une monnaie libre, c’est-à-dire non soumise aux intérêts des politiques et non pas gérée par des institutions mais en référence à l’étalon-or. Dans ce cadre, aucun pays ne peut plus déployer son nationalisme monétaire puisque personne ne peut dévaluer l’or pour son propre bénéfice. Il y a urgence à adopter l’étalon-or car la guerre monétaire ne peut que s’aggraver, les grandes monnaies du monde étant aux mains des politiques. C’est vrai un peu partout mais particulièrement en Chine, au Japon et aux Etats-Unis. Résultat, le protectionnisme monétaire prend la place du protectionnisme commercial classique. Or il est plus dangereux encore. Nous sommes arrivés au stade ultime de la crise et des contradictions du système. A partir du moment où la monnaie n’est plus reliée à aucune réalité économique, on fait n’importe quoi. »

Le système monétaire islamique

En finance islamique la monnaie est un instrument de mesure de la valeur des biens et services. Pour pouvoir assurer efficacement cette fonction, la monnaie doit disposer de trois caractéristiques essentielles :

1.  La stabilité. Si vous utilisez une règle pour mesurer et que la longueur de cette règle change tout le temps, qu’un jour elle fasse 20 cm, le lendemain 23 cm et un autre jour 30 cm, il est évident que cette règle n’est pas un bon instrument de mesure.

2.  La durabilité. La monnaie doit pouvoir conserver intacte l’épargne issue du revenu du travail ou du commerce, et ceci même sur une longue durée.

3.  La valeur intrinsèque. La valeur de la monnaie doit être contenue dans la monnaie et ne pas dépendre du bon vouloir d’un législateur. La richesse appartient à Dieu seul et il la donne et la retire à qui il veut. Nul autre ne doit pouvoir diminuer la richesse que Dieu vous a donnée, sauf à commettre une injustice.

Il est clair que la monnaie papier – aussi appelée monnaie fiduciaire, du latin fides qui signifie confiance – ne possède aucune des trois caractéristiques précitées… et ne mérite pas son attribut de confiance. En fait, la notion d’actif toxique pourrait être étendue à la monnaie fiduciaire non convertible en or, et en premier lieu au dollar.

La tradition prophétique a validé comme monnaie soit des métaux précieux (or et argent), soit à titre exceptionnel d’autres commodités qui présentent les trois caractéristiques de stabilité, de durabilité et de valeur intrinsèque. A Médine les monnaies les plus utilisées étaient le dinar d’or et le dirham d’argent. Il y a 1400 ans un dinar d’or permettait d’acheter un bœuf et un dirham d’argent pouvait acheter un poulet. Aujourd’hui la même pièce d’or permettrait encore d’acheter un bœuf et la même pièce d’argent achèterait aussi un poulet. 0% d’inflation en 1400 ans, qui dit mieux ?!!

Non, l’inflation n’est pas un phénomène « naturel »

La plupart des gens pensent que ce sont les Etats qui créent l’argent. Les spécialistes de la finance savent qu’en réalité la monnaie fiduciaire est créée à près de 90% par les banques privées, sans parler des produits dérivés et autres inventions financière toxiques dont les bulles spéculatives éclatent régulièrement, semant  la panique parmi les « investisseurs ». Chaque fois qu’une banque accorde un crédit, elle créée de l’argent, et pour chaque euro ou dollar qu’elles possèdent en réserve les banques sont autorisées à créer 9 autres euros ou dollars qui n’ont aucune réalité économique. Cette création artificielle d’argent est la principale source d’inflation. Le droit de créer la monnaie doit être restreint aux seuls états.

Les banques rendent de nombreux services aux particuliers et aux entreprises : conservation de l’argent dans un lieu sûr, transfert d’argent de compte à compte et de pays à pays, intermédiation financière, financement de l’investissement et du commerce etc. Mais ces fonctions utiles au développement ne justifient aucunement que les banques s’arrogent le droit  de créer artificiellement de l’argent et d’alimenter ainsi une inflation qui va détruire plus de richesses que n’en créera l’opération financée par la banque. Cette destruction de richesse est aggravée par la pratique de l’intérêt (riba) qui gonfle de manière mécanique la masse monétaire (inflation vient du latin inflare qui signifie gonfler).

Voilà ce que l’ancien Président des Etats-Unis, Thomas Jefferson, anticipant les risques d’inflation, de récession et de dévalorisation d’actifs disait à propos de la gestion de la monnaie par les banques privées et de ses conséquences potentiellement destructrices :  « Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit… » Thomas Jefferson, Président des Etats-Unis d’Amérique, 1802.

« Le système bancaire moderne fabrique de l’argent à partir de rien. Ce processus est peut-être le tour de dextérité le plus étonnant qui fut jamais inventé. La banque fut conçue dans l’iniquité et est née dans le pêché. Les banquiers possèdent la Terre. Prenez la leur, mais laissez-leur le pouvoir de créer l’argent et, en un tour de mains, ils créeront assez d’argent pour la racheter. Ôtez-leur ce pouvoir et toutes les grandes fortunes comme la mienne disparaîtront et ce serait bénéfique car nous aurions alors un monde meilleur et plus heureux. Mais, si vous voulez continuer à être les esclaves de banques et à payer le prix de votre propre esclavage, laissez donc les banquiers continuer à créer l’argent et à contrôler les crédits. » Josiah Stamp, Directeur de la Banque d’Angleterre de 1928 à 1941

Face à l’inflation monétaire, les commerçants et les prestataires indépendants réagissent en augmentant à leur tour leurs prix et tarifs, mais les salariés sont démunis de cette possibilité, et même lorsque les organisations syndicales se mobilisent en faveur de revendications salariales, les augmentations accordées ne compensent que partiellement les effets de l’inflation. D’autres catégories sociales tels que les retraités, les étudiants, les chômeurs etc. sont totalement démunies devant les effets pervers de l’inflation.

La finance islamique source de développement durable

ولا تبخسوا الناس أشياءهم ولا تفسدوا في الأرض بعد إصلاحها

… ne dépréciez pas aux gens leurs valeurs et ne semez pas la corruption sur terre.
Coran, Houd 11:85

Les principes éthiques de la finance islamique, son système monétaire adossé à l’or et à l’argent, ainsi que ses instruments financiers validés par la tradition prophétique et éprouvés par une pratique millénaire, apportent une réponse décisive aux maux de l’économie contemporaine.

L’objectif premier d’une finance islamique fidèle à son héritage humanitaire est d’instaurer la justice dans les transactions économiques, de préserver les capitaux petits ou grands, et de libérer l’énergie créative des entrepreneurs (la Moudharaba est l’ancêtre du capital risque). En plus de ces objectifs économiques, la finance islamique offre un filet de sécurité aux plus démunis et à ceux que le sort a placé dans des conditions d’infortune : la veuve et l’orphelin qui ont perdu leur soutien, le commerçant ruiné, le voyageur en détresse etc. Ce dispositif de sécurité sociale est alimenté par la collecte et la redistribution de la Zakat.

Le paiement de la Zakat est une obligation pour tout musulman qui détient un minimum d’épargne appelé nissab qui est de l’ordre de 2300 euros en 2010. La Zakat est le principal impôt islamique, et au-delà de sa dimension sociale, la Zakat constitue un remarquable levier de développement qui a injustement été marginalisé au profit d’une fiscalité inspirée des modèles occidentaux.

La fiscalité occidentale taxe principalement la consommation (TVA) et le revenu. Ces deux impôts sont socialement injustes : la TVA pénalise les pauvres ; quant à l’impôt sur le revenu il pénalise d’une part les individus les plus entreprenants et d’autre part les familles nombreuses. La Zakat qui taxe uniquement l’excédent d’épargne (celle qui est thésaurisée)  encourage ainsi la circulation des richesses et l’investissement productif.

Tout ce que vous donnerez à usure pour augmenter vos biens aux dépens des biens d’autrui ne les accroît pas auprès d’Allah, mais ce que vous donnez comme Zakat, tout en cherchant la satisfaction d’Allah, voilà ce qui les multipliera.
Coran, Les romains 30:39

La finance islamique est basée sur le financement de l’économie réelle selon le principe de partage des pertes et profits. Elle dispose pour cela de nombreux instruments financiers et contrats, qui peuvent être adaptés pour tenir compte de l’environnement réglementaire spécifique à un pays ou un marché. Les professionnels de la finance islamique moderne doivent cependant éviter de détourner ces outils de leur finalité originelle et rester fidèles aux principes fondateurs de cette finance, à savoir la justice dans les transactions, la préservation des capitaux petits et grands et la promotion de l’esprit d’entreprise.

Ces objectifs ne peuvent toutefois être pleinement atteints que dans le cadre d’un système financier basé sur une monnaie digne de confiance, qui présente les trois caractéristiques de stabilité, de durabilité et de valeur intrinsèque, nommément un système monétaire basé sur l’or et l’argent.

Que faire pour protéger son épargne ?

La pire chose à faire est de garder son épargne à la banque sur un compte d’épargne rémunéré. D’une part la religion interdit de percevoir ou de payer des intérêts et avertit ceux qui s’engagent dans ces opérations de la colère divine. D’autre part parce que cette pratique est économiquement stupide : l’intérêt que vous verse la banque ne représente qu’une faible part de l’inflation et la valeur réelle de l’argent bloqué sur le compte d’épargne va de toutes façons diminuer avec le temps.

En l’absence d’un système monétaire basé sur l’or et l’argent, l’idéal pour le musulman qui dispose d’une épargne est d’acheter de l’or physique, notamment des pièces d’or, sans oublier de payer la Zakat.

Une autre solution pour l’épargnant consiste à investir dans des produits d’épargne islamiques ou dans des actifs physiques, notamment l’immobilier pour ceux qui en ont les moyens.

Un mouvement citoyen s’amorce

Un mouvement international s’amorce pour que les besoins des citoyens redeviennent la finalité du système financier. Ce mouvement prend la forme d’initiatives telles que l’appel à un retrait massif d’argent des banques – Bankrun 2010. Les premières actions auront un effet limité mais peuvent conduire à une prise de conscience plus large.

Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques insiste sur la nécessité d’une mobilisation citoyenne plus forte pour réformer le système : « Depuis que nous avons renoncé à l’étalon-or, la valeur de cette monnaie ne repose plus que sur la confiance que nous lui accordons ainsi qu’à ceux qui la créent et la gèrent. La crise actuelle montre à n’en pas douter que ces personnes et ces institutions ont trahi la confiance que nous leur faisions. Il convient d’en tirer toutes les conséquences à travers des réformes profondes à la fois dans les institutions financières elles-mêmes et chez ceux censés les surveiller. Et, à bien des égards il y a lieu d’être inquiet des retards et des reculs encaissés sur la voie de cette réforme depuis deux ans. Pour relancer le processus, il faudrait à n’en pas douter une mobilisation citoyenne plus forte. »

Annuler la dette publique ?

Concernant la dette des Etats, les arguments de “force majeure” et le “changement fondamental de circonstances” peuvent même être retenus pour soutenir en droit l’annulation de la dette et la suppression de son remboursement : « Au niveau du Droit international, la Commission de Droit international de l’ONU (CDI) définit ainsi la “force majeure” : "L’impossibilité d’agir légalement (…) est la situation dans laquelle un événement imprévu et extérieur à la volonté de celui qui l’invoque le met dans l’incapacité absolue de respecter son obligation internationale en vertu du principe selon lequel à l’impossible nul n’est tenu". La jurisprudence en matière de droit international reconnaît qu’un changement dans les conditions d’exécution d’un contrat peut l’annuler. La force majeure et le changement fondamental de circonstances s’appliquent de manière évidente à la crise de la dette des années 1980. En effet, deux facteurs exogènes provoquèrent fondamentalement la crise de la dette à partir de 1982 : la hausse dramatique des taux d’intérêt imposée au niveau international par le gouvernement des Etats-Unis à partir de fin 1979 et la baisse du prix des exportations des pays de la Périphérie à partir de 1980. Ces deux facteurs furent provoqués par les pays créanciers. Ce sont des cas de “force majeure” qui modifient fondamentalement la situation et qui empêchent les débiteurs de remplir leurs obligations. » Source : CADTM – Comité d’action pour l’annulation de la dette du tiers monde…

A la lumière de l’actualité récente ce genre de préoccupation ne devrait plus être cantonné aux seuls PVD : la Grèce, l’Irlande, le Portugal se retrouvent dans la même situation, et la liste est appelée à s’allonger.

Illustration de la mainmise des banques sur notre avenir, dans son intervention inaugurant les travaux du comité international pour la réforme du système monétaire international – Reinventing Bretton Woods Committee – Mme Christine Lagarde nous informe en toute simplicité que la banque BNP Paribas sponsorise ce comité… c’est vrai que BNP Paribas est maintenant plus riche que la France, mais on ne voit pas pourquoi les banques privées devraient être associées de près ou de loin à la conception du système monétaire dont dépend l’avenir de l’humanité !

L’élite financière internationale ne renoncera pas facilement à ses intérêts illégitimes. Ceux qui militent pour un système financier plus juste doivent s’attendre à une lutte de longue haleine pour offrir aux générations futures un développement durable sans dette. Si les solutions alternatives existent, les moyens d’action et de pression pour les faire adopter restent à définir car les acteurs sociaux traditionnels (partis et syndicats) n’oseront pas remettre en cause le système. Des suggestions ?

En conclusion, s’il faut retenir un seul mot d’ordre pour changer le système c’est "NON AUX INTERETS BANCAIRES".

RIBH – Article mis à jour.

Sur le même sujet :

Extrait de la déclaration en faveur d’une banque citoyenne – Bankrun 2010 :

« … Nous, les citoyens du 21ème siècle, héritiers des générations qui se sont sacrifiées  pour que nous soyions et demeurions des citoyens libres et dignes, nous exigeons  la création d’une BANQUE CITOYENNE, au service des CITOYENS, une banque qui mettrait notre argent à l’abri des fièvres spéculatives, à l’abri des bulles financières toutes condamnées à exploser un jour, à l’abri des opérations qui transforment nos emprunts en actifs et se servent de nos dettes pour acheter d’autres richesses.

Nous voulons des banques qui ne prêtent que les richesses qu’elles possèdent. Des banques qui aident les petites et moyennes entreprises à relocaliser l’emploi, des banques qui prêtent à taux zéro. Ce que les banques islamiques accomplissent avec succès en refusant la pratique de l’usure pour des motifs religieux, nous pouvons l’accomplir pour des raisons citoyennes. Des banques qui soutiennent les projets qui profitent aux citoyens plutôt qu’aux «marchés». Des banques où déposer notre argent tout en ayant la conscience tranquille. Des banques dont nous n’aurons plus à nous méfier.  Des banques dont le succès sonnera le glas des marchands de morts, de maladies et d’esclaves. Sur les ruines de l’ancien système, nous voulons construire un système bancaire qui ne sacrifiera plus la dignité humaine sur l’autel du profit. »

La Dette Publique : Une Affaire Rentable.
A qui profite le système ?

« Ce sont les banquiers privés qui maîtrisent le pouvoir politique, et la maîtrise privée de la création monétaire est un verrou diabolique qui interdit en profondeur tout droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Par habitude, par ignorance, par négligence, nous acceptons sans le savoir une profonde servitude non nécessaire: il n’y a rigoureusement aucune raison d’abandonner la création monétaire aux banques privées.

Ainsi, des sommes considérables, celles des intérêts de toute cette création monétaire privée, sont retirés depuis des décennies à la collectivité française, dans la plus grande discrétion et sans la moindre justification politique ou économique, et sans le moindre débat public sur le sujet.

De plus, une dette publique extravagante, annuellement renouvelée, complètement asphyxiante pour les services publics et pour le bien-être général est née de cette invraisemblable ponction. Cette dette est très injustement imputée à la prétendue incurie de l’État : il n’en est rien, puisque les dépenses publiques restent assez stables en France depuis des décennies. Non, c’est bien d’un racket privé de la richesse publique qu’il est question à la source de la dette publique, depuis 1973 en France, et partout dans le monde ; à l’évidence, l’internationale des banques existe déjà bel et bien, et il est plus que temps de la repérer et d’en décrire les méfaits.

Comprendre cette servitude injuste et la faire connaître à tous les citoyens, c’est déjà préparer notre prochaine libération. » Étienne Chouard, Préface du livre « La Dette Publique : Une Affaire Rentable. A qui profite le système. »

 
20 Commentaires

Publié par le novembre 13, 2010 dans Or

 

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