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Finance Islamique : panorama de l’offre de formation en France et dans le monde

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La formation d’experts en Finance Islamique s’accélère au niveau mondial, y compris en France.

Tous les acteurs de la finance islamique s’accordent sur le fait que la formation est aujourd’hui l’un des enjeux critiques pour accompagner le développement de cette industrie. Le secteur se développe en effet plus vite que sa capacité à former des experts. La finance islamique a besoin d’experts de la finance, qui doivent également disposer ou acquérir une très bonne compréhension du référentiel islamique.

Outre les Scholars qui constituent le corps d’élite des jurisconsultes de la Finance Islamique, la croissance de celle-ci requiert la formation de spécialistes en droit, en Charia, en relations commerciales, en systèmes d’information, en ingénierie financière… avec une spécialisation adaptée au diverses filières de la finance islamique tels que l’assurance, la banque de détail et la banque d’affaires, le capital investissement, la gestion de fonds, la microfinance, etc.

Pour répondre à ces besoins, les filières de formation d’experts tendent à se multiplier au niveau mondial, ainsi qu’en témoigne la liste des formations anglophones ci-dessous :

L’essor des formations longues en France

IFESI. En France, la première formation fut lancée fin 2008 à Paris par un institut privé : l’IFESI. Le « Diplôme de Finance Islamique (DFI)», à même d’accueillir 25 étudiants. Les cours furent concentrés sur trois soirées par semaine, et complétés par une conférence organisée en Janvier 2009 sur l’éthique de la finance islamique. Dispensée par des enseignants et experts reconnus, la formation fut articulée autour de trois modules :

Finance et réglementation : marché, règlementation, normes comptables, et gouvernance. Sur un plan purement technique, ce module mettait l’accent sur l’analyse financière, les techniques bancaires (retail, investissement), et le Takaful (Assurance mutuelle islamique), la structuration de produits ainsi que la titrisation. Sociologie, histoire, économie politique et éthique : l’approche de ce module a consisté à analyser les influences historiques, sociologiques et politiques de la finance islamique, et à mettre en perspective les principes de la finance islamique avec les discours des autres religions monothéistes. Droit islamique : ce module a offert une introduction aux principes de la Shari’ah et aux préceptes du Fiqh, puis un enseignement en Fiqh al Mu’amalat (droit des transactions commerciales et financières).

Ecole de Management de Strasbourg. En janvier 2009, fut lancé le Diplôme universitaire en finance islamique mis en place par l’Ecole de Management de Strasbourg. Ouverte aux étudiants et aux professionnels, cette formation d’une capacité de 35 élèves a une coloration juridique marquée.

Sur  400 heures dispensées, plus de la moitié sont consacrées à l’enseignement du droit. Le reste est consacré à la finance, l’économie, la sociologie, le Fiqh Mu’amalat, les ressources humaines et la réglementation. Les cours sont concentrés sur trois jours par mois, précédés par une conférence sur un thème spécifique. Cette formation qui se terminera en Janvier 2010, a reçu un large écho dans la presse économique et financière.

Université de Paris-Dauphine. En juin 2009, l’Université de Paris-Dauphine a annoncé le lancement d’un diplôme de niveau Master 2, intitulé « Principes et Pratiques de la finance islamique » dont la rentrée est prévue à la mi-novembre 2009. Le responsable de cette formation, Mr Elyes Jouini est Vice-président de l’Université Paris-Dauphine et co-auteur du Rapport remis à l’Europlace fin 2008 intitulé “Enjeux et opportunités du développement de la finance islamique pour la place financière française” qui propose 10 mesures pour mobiliser 100 Milliards d’euros de capitaux Charia compatibles (voir ci-dessous).

Cette formation diplômante s’adressera pour moitié à des étudiants titulaires au minimum d’un Master 1, et pour l’autre moitié à des professionnels. La formation, de 350h, sera dispensée en alternance et concentrée sur deux journées (vendredi et samedi) afin de permettre aux professionnels de suivre les enseignements et aux étudiants d’exercer dans le milieu professionnel ou universitaire.

Dotée d’un corps professoral très qualifié, cette formation s’articule autour de 5 modules : Finance fondamentale, Environnement International,  Approches Conceptuelles, Banque, Assurance et Marchés financiers, Techniques Islamiques de la Finance. L’Université Paris-Dauphine a également annoncé le lancement d’une Chaire en finance islamique.

L’Institut international de la pensée islamique (IIIT-France) lance pour l’année 2009-2010, une formation pour l’obtention d’un Diplôme en Economie et Finance Islamique (DEFI).

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IIIT-France lance une formation en Finance Islamique

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L’Institut international de la pensée islamique (IIIT-France) lance pour l’année 2009-2010, une formation pour l’obtention d’un Diplôme en Economie et Finance Islamique (DEFI).

Ce diplôme universitaire dédié à la finance islamique se distingue par la revitalisation de la branche normative de la science économique en mettant l’accent sur les aspects éthiques liés au domaine de la finance et de l’économie. La formation intègre aussi bien les aspects techniques que les fondements de base de la législation et du droit musulman appliqués à la théorie et aux pratiques de la finance islamique.

L’institut qui s’intéresse depuis sa création aux questions liées à la pensée islamique contemporaine, et qui représente en France un forum intellectuel de promotion et de soutien des projets de recherche, dispose d’une production scientifique et d’une publication de travaux académiques de haut niveau relevant, entre autres, du domaine de l’économie et de la finance islamique. Dans la même lignée, l’IIIT France a mis en place un groupe de recherche en économie et finance islamique (GREFI) dont les travaux sont destinés à être publiés.

En parallèle, des rencontres culturelles et intellectuelles, des séminaires, des colloques et des journées de formation sont organisés. Le colloque sur la finance islamique, qui s’est tenu en février 2009, sous le thème « Finance islamique : éthique et enjeux du marché » a mobilisé une pléiade d’acteurs et de chercheurs dans le domaine.

La formation en économie et finance islamique s’effectuera sous la direction du Professeur Mohammed Boudjellal de la faculté de sciences économiques de M’sila, Algérie qui est également professeur visiteur dans le cadre de l’University Degree in Islamic Finance à l’Ecole de Management Strasbourg. Il est l’auteur de plusieurs articles et ouvrages sur la finance islamique dont notamment : “Le système bancaire islamique, Editions IIIT”.

Cette formation d’une année débutera fin novembre 2009 et s’adresse aussi bien aux professionnels qu’aux étudiants (ayant au minimum le niveau licence) – et aux chercheurs voulant s’impliquer dans le domaine de l’économie et de la finance islamique à travers l’acquisition de connaissances théoriques et pratiques.

Le contenu de la formation est conçu afin de permettre aux étudiants de saisir les fondements de base d’une économie islamique, de maîtriser les outils d’analyse et de réfléchir sur les pratiques et les alternatives d’ordre éthique. Ce qui permet aux étudiants, au terme de leur formation, d’acquérir un savoir-faire en finance islamique leur permettant de poursuivre une carrière professionnelle dans les établissements de crédit et autres institutions financières impliquées dans le domaine (cabinet d’audit, assurance,…).

Le programme est conçu autour de quatre axes :

  • Les fondements théoriques : fondements dogmatiques, éthiques et juridiques de la finance islamique. Aux sources des contrats, l’esprit de l’économie islamique, les notions et les concepts clés tels que sharia compliant, sharia board, et les thèmes essentiels tenant à la jurisprudence et au droit musulman.
  • Les techniques et outils d’analyse de la finance islamique : la théorisation de la finance islamique, analyse financière des différents contrats, la murabaha, mudaraba, musharaka et autres contrats, le marché des titres islamiques – les Sukuk, le marché de l’assurance – takaful et les matières qui ont lien avec les aspects théoriques de la finance islamique.
  • Contexte et perspectives de la finance islamique en France et en Europe : le contexte politique, le contexte sociologique et les conditions générales pour l’émergence des banques de détail en France et en Europe, expériences de la finance islamique dans le monde : analyse critique et comparative.
  • Dimension éthique et économie islamique : Finance éthique et finance islamique, micro-finance,  Economie sociale et solidaire versus économie islamique ; répartition, Zakat, don, waqf et philanthropie, et ce qui fait l’essentiel des aspects institutionnels de la théorie de l’économie islamique et son originalité.

Le volume horaire sera de 300 heures, à raison de trois séances le soir par semaine : le lundi, le mercredi et le vendredi. Des conférences et colloques en lien avec la formation sont aussi prévus durant l’année.

Les frais de la formation sont de 1450 Euros, en tarif particulier – formation initiale, et de 2450 euros en tarif professionnel.

Dates à retenir :

Renseignements : www.iiitfrance.net ou téléphoner au 01.40.10.24.46.

Source : Drine Moncef, coordinateur DEFI à l’IIIT.

affiche journées portes ouvertes DEFI

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Les formations en finance islamique intéressent les entreprises françaises

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L’université Paris-IX (Dauphine) lance un master 2 d’économie «charia-compatible», un secteur méconnu et prometteur. Dauphine accueillera en novembre 2009 la nouvelle promotion de l’université Paris Dauphine, avec vue sur le quartier de la Défense, qui lance un diplôme sur les principes et pratiques de la finance islamique.

«La demande est forte de la part des institutions non islamiques qui veulent former leurs collaborateurs aux approches de leurs clients islamiques», explique Elyès Jouini, directeur de l’Institut Finance Dauphine (IFD), qui prendra la tête de la nouvelle formation, dispensée à un niveau master 2 pendant un an. Au programme : gestion bancaire et financière traditionnelle, mais aussi droit des marchés dans le cadre de la finance islamique, régime des contrats de droit musulman, répartition des capitaux islamiques dans le monde ou techniques managériales face aux différentes pratiques religieuses.

Sara envisage d’intégrer la nouvelle promotion. A 20 ans, cette Marocaine surdouée vient d’achever un master 1 de finance à l’université Dauphine. Le thème de son mémoire de fin d’études ? Les raisons de l’aura de la finance islamique. «Le secteur est prometteur. D’ici un an, beaucoup de choses pourraient émerger. Mais les banques ne trouvent pas de personnes compétentes», assure-t-elle avec aplomb. D’où la volonté d’ajouter cette formation à son CV, avec à la clef, peut-être, des stages dans des banques islamiques à Londres ou Dubaï.

Le secteur intéresse les entreprises. «Sur les 35 étudiants de notre formation, une trentaine sont issus de cabinets d’avocats ou d’institutions financières. Ils viennent de France, mais aussi de Belgique, du Luxembourg, d’Allemagne ou de Suisse», explique Ibrahim Cekici, coordinateur du premier diplôme universitaire français de finance islamique, celui de l’école de management de Strasbourg, lancé en janvier.

Une formation que Stéphane Oddos, 33 ans, vient d’achever. Rien ne prédestinait cet avocat, spécialisé dans les fusions-acquisitions et le capital investissement au sein d’un cabinet de droit des affaires basé à Lyon, à plancher sur les mudarabah et autres musharaka, salam, istinah et ijara, ces instruments financiers islamiques qui permettent d’éviter la riba, le prêt à intérêt proscrit par la charia. «J’ai commencé la formation à la demande de sociétés clientes koweïtiennes, qui souhaitaient passer par un schéma “charia-compatible” pour investir dans l’immobilier, dit-il. J’ai vite réalisé qu’il existait aussi une demande de la part d’une bourgeoisie française musulmane naissante.»

Source : Audrey Garric, Libération – Syndication : RIBH

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