Maroc : les produits islamiques bancaires commercialisables dès le 1er octobre 2007

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Dès ce matin, banques et sociétés de financement peuvent vendre dans leur réseau les trois solutions bancaires islamiques: Ijara, Moucharaka, Mourabaha. La recommandation de Bank Al-Maghrib (BAM) autorisant leur commercialisation entre en vigueur aujourd’hui. 

Mais cela ne veut pas dire que ces produits seront gratuits, où même à moindre coût. «La rémunération des solutions alternatives dépendra, comme tout autre produit bancaire, du coût de l’argent et du risque associé aux clients. Leur caractère alternatif ne signifie en aucun cas qu’ils seront gratuits», précise Asmaa Bennani, responsable de service au département de la réglementation et des agréments à la direction de supervision bancaire (DSB) de BAM. D’autant plus que ces produits sont alignés sur les règles prudentielles et comptables de la banque centrale. Les standards de mesure de risque seront les mêmes pour les solutions «alternatives» et «conventionnelles». Mais pour deux clients justifiant du même profil de risque, y aura-t-il une différence de coût entre Ijara et leasing? «S’ils présentent les mêmes caractéristiques, je ne vois pas comment le produit alternatif sera plus cher», réplique Abderrahim Bouazza, directeur de la DSB.

L’entrée en vigueur de la recommandation de BAM veut-elle dire que les trois solutions seront mises en vente dès aujourd’hui? «Nous avons élaboré une offre adaptée à ces nouveaux produits. Le personnel concerné a été formé pour accompagner son lancement. Nous attendons le 1er octobre pour déployer nos solutions», a annoncé Noureddine Omary, PDG de la Banque Populaire, lors de la présentation des résultats de son groupe.

 Youssef Rouissi, directeur de la banque des particuliers et des professionnels à Attijariwafa bank, avait déclaré à L’Economiste, bien avant la validation de la recommandation de BAM, que l’offre était prête, et qu’elle n’attendait que le feu vert des autorités monétaires. «Certes, la recommandation prend effet à compter du 1er octobre. Mais les établissements financiers concernés sont libres de décliner leur offre à la date qui leur convient», tempère Bouazza. En tout cas, il suffit de faire un tour dans les agences aujourd’hui pour connaître les opérateurs pressés de vendre les solutions «alternatives». Il est sûr que les premiers à proposer leur produit «halal» seront certainement privilégiés par rapport à leurs concurrents. Mais cela ne veut pas dire que les clients feront la queue devant les guichets pour s’offrir les nouvelles solutions. On ne contracte pas un crédit comme on achète un téléphone portable.  

La Ijara wa Iqtinaa, assimilée au leasing immobilier, est sans doute le produit phare de cette offre. Cette formule connaît d’ailleurs un franc succès dans les pays du Golfe et en Europe, même auprès des «non-musulmans». Ses conditions commerciales seront indexées sur celles de son «équivalent conventionnel».La Moucharaka est une adaptation du Capital investissement. Reste à savoir comment les banques vont l’adapter dans les crédits aux entreprises. Quant à la Mourabaha, c’est une adaptation «alternative» du crédit à la consommation. Là aussi, le taux maximum d’intérêt conventionnel pourrait servir de plafond pour fixer la «rémunération» des banques. Puisque dans le cadre des produits alternatifs, il n’y a pas lieu de parler de taux d’intérêt.  

Nouaim SQALLI, L’Economiste – 1er octobre 2007

11 Réponses vers “Maroc : les produits islamiques bancaires commercialisables dès le 1er octobre 2007”


  1. 1 r.s octobre 3, 2007 à 10:34

    salamou alaykoum, j’ai l’intention d’acheter un logement au Maroc dans l’espoir d’accéder à l’un des produits islamiques prévus, mais j’ai du mal à comprendre le principe de la Ijara wa Iqtinaa : est-ce qu’il s’agit de mensualités sous forme de loyer jusqu’à remboursement total ? ou de loyers “ET” un achat au final (ce qui reviendrait trés cher pour l’acquéreur !), merci !

  2. 2 ribh octobre 3, 2007 à 10:51

    Wa âalaykoum essalam… Dans la formule Ijara wa iqtinaa le montant de l’achat final porte sur une valeur résiduelle qui ne représente qu’une petite fraction de la valeur du bien acquis et n’a qu’une incidence limitée sur le prix total payé par l’acheteur.

  3. 3 Mohammed octobre 14, 2007 à 5:03

    Salamo alikom wa 3id mobarak Sa3id, moi en fait je ne m’intéresse pas au coût que pourrait presenter l’une des deux formules Ijara ou Mourabaha pour acquérir un immeuble, mais ce qui m’intéresse est ce que cela reste conforme aux conditions de notre chari3a et de l’islam et comment garantir cela ? Car jusqu’à maintenant nous avons eu des annonces dans les journaux concernant les publications des financiers mais aucun avis ou Fatwa n’est apparu chose qui nous laisse en doute sur la conformité de ces produits par rapport à notre religion, merci d’avance pour votre réponse.

  4. 4 ribh octobre 14, 2007 à 11:58

    Wa 3alaykoum essalam wa 3id moubarak… La Ijara et la Mourabaha sont des produits financiers islamiques très connus et leur conformité avec la charia ne nécessite donc pas une fatwa spéciale.

  5. 5 Samso octobre 15, 2007 à 12:43

    Salam 3alaykoum wa 3id moubarak à tout le monde. Je me suis rendue à mon agence d’Attijari (les précurseurs) mais j’ai des doutes quant à la conformité de certains détails des contrats Ijara à la chariaa, en l’occurrence l’assurance logement obligatoire et 300 dirhams d’agios pour chaque mois en cas de retard de paiement. J’aimerais beaucoup avoir une réponse par rapport à cela.

  6. 6 ribh octobre 15, 2007 à 2:36

    Wa 3alaykoum essalam wa 3id moubarak. Pour commencer, je dirais que l’Islam nous enseigne d’être relativement flexible et réaliste. Même la révélation de l’Islam a été marquée de progressivité dans l’instauration des interdits : alcool, usure, etc. Presque tout le système financier mondial est basé sur la riba, donc quand un pays ou des institutions financières prennent l’initiative de lancer des produits conformes à la chariâa il faut encourager ces expériences quitte à les améliorer progressivement pour se rapprocher de l’idéal islamique. Dans le cas que vous citez on peut assimiler les 300 dirhams à une amende ou pénalité de retard, d’autant qu’il s’agit d’une somme forfaitaire et non d’un intérêt. Je vous signale que même après l’avènement de l’Islam il était courant qu’un débiteur soit mis en prison s’il ne réglait pas sa dette. En ce qui concerne l’assurance logement, l’idéal serait qu’après la mise en place des crédits halal, le Maroc mette en place un système de takaful ou assurance conforme à la chariâa. Wa Allahou a3lam. Que Dieu nous garde de rendre licite ce qui est illicite, ou de rendre illicite ce qui est licite.

  7. 7 Hamza octobre 18, 2007 à 8:37

    Salamo 3alikom. Le fait est que les produits proposés actuellement par certaines banques (Attijari) sont trop chers notamment la mourabaha (presque inaccessible pour un citoyen ordinaire marocain); ils sont nettement + chers que le financement classique (juste pour simple comparaison pas +); on dirait que les décideurs ont voulu récompenser bcp de marocains pour leur longue attente par quelque chose qui les feraient oublier qu’il existe un financement islamique qui n’épuise pas les gens ; les offres disponibles actuellement ne feront qu’appauvrir les gens + que les crédits classiques???!!!! je pense. Il y a une 2ème chose pour l’offre ijara, la banque vous oblige à acheter le bien immobilier en fin de contrat, on vous laisse pas le choix ; est ce conforme à la chariaa islamique??

  8. 8 inconu octobre 18, 2007 à 8:41

    La solution “islamique” n’est que piège pour faire taire les gens : c’est une fausse solution tout simplement ; l’affaire est terminée avant même de commencer et c’est volontaire.

  9. 9 Fatima novembre 3, 2007 à 8:59

    Je trouve que la formule que Attijariwafa bank nous propose est une sage solution et qui résout le problème de plusieurs gens qui ont travaillé longtemps et n’arrivent pas à mettre de côté une somme pour acheter un logement.

  10. 10 zaime hamid novembre 9, 2007 à 4:35

    Merci pour ces éclaircissements que vous apportez à tous nos frères, mais j’ai comme conviction que l’ijara ressemble aux crédits leasing fournis par les banques classiques.

  11. 11 ribh novembre 9, 2007 à 4:41

    Tout à fait, l’Ijara est pratiquement identique au leasing dans la forme, sauf que le mode de calcul de la marge bénéficiaire de la banque est (théoriquement) différent.


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